Critique Prodigieuses créatures, de Tracy Chevalier

Note : 4/5

 

Le résumé : Nous sommes en Angleterre, au 19ème siècle. Les sœurs Philpot savent très bien qu’elles finiront vieilles filles. Âgées entre 19 et 25 ans, elles ne sont pas spécialement belles et surtout, n’ont pas de fortune qui pourrait attirer les hommes. C’est donc tant bien que mal qu’elles acceptent de quitter Londres sur ordre de leur frère pour rejoindre la ville de Lyme Regis, située sur la côte du Dorset. Sur place, Elisabeth Philpot se lie d’amitié avec la jeune Mary Anning, alors âgée d’une quinzaine d’années. Malgré leur différence d’âge et de milieu social, ces deux personnages ont une passion commune : la chasse aux fossiles, une activité très en vogue à l’époque. Ensemble, elles arpentent les plages de leur région, bien décidées à traquer ces prodigieuses créatures encastrées dans la pierre depuis des millénaires…

Ce que j’ai aimé : J’ADORE Tracy Chevalier. La jeune fille à la perle, Le récital des anges, L’innocence…sont pour moi des œuvres absolument réussies, qui nous plongent en quelques pages dans un pays à une époque bien précise, au cœur de sociétés plus ou moins aisées… Un vrai retour dans le passé rendu possible par une plume et un style précis, simples mais tellement intenses. J’attendais donc beaucoup de Prodigieuses créatures et je n’ai pas été déçue… le dévorant en quelques jours lors de mon séjour à Copenhague.

Si j’ai aimé les différents personnages ainsi que l’ambiance, typiquement anglaise, j’ai apprécié le fond scientifique de l’œuvre car il s’agit bien de chasse aux fossiles, de biologie et de ces avancées scientifiques qui, à l’époque, sont venues mettre à mal toutes les certitudes des savants mais surtout leurs théories sur l’évolution et l’âge de la Terre. Au début de ma lecture, je ne le savais pas mais la plupart des personnages ont existé, Mary Anning étant bel et bien une célèbre paléontologiste, tout comme Elisabeth qui l’assista dans ses recherches et ses découvertes.

Le fait que ces faits soient réels (bien que parfois très romancés, comme le précise bien l’auteure) offre une autre perspective à l’œuvre : on s’intéresse d’autant plus au destin de ces deux femmes, passionnées mais en proie aux préjugés et surtout, au machisme du monde scientifique qui reste replié sur lui-même. J’ai beaucoup appris (notamment sur la condition de la femme à cette époque et comment elle était tenue à l’écart de toutes choses) mais surtout, je me suis diverti et j’ai apprécié les différentes intrigues que ce roman nous invite à suivre.

Ce que je n’ai pas aimé : On l’aura compris, je ne trouve que des qualités à ce roman. Si je devais creuser un peu pour lui trouver un défaut, je dirais que l’histoire perd un peu en intensité au niveau du dernier tiers… Le temps passe, les relations changent, les personnages évoluent mais on a du mal à se situer dans le temps… Une année est-elle passée en quelques paragraphes ou plutôt dix ? C’est parfois un peu flou.

En bref : Prodigieuses créatures est le 6ème roman de Tracy Chevalier, paru en 2010. Bien loin de s’être reposée sur ses lauriers après le succès de La jeune fille à la perle, l’auteure nous livre encore une fois une histoire soignée, très proche du style de Jane Austen que j’affectionne tant. A quand le prochain ?

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