Critique La prochaine fois je viserai le coeur

Sortie : 12 novembre 2014

1978-1979. Oise. Des jeunes femmes se font tuer par un maniaque. Il les renverse avec sa voiture ou les prend en stop avant de leur tirer dessus. Son mode opératoire ? Apparemment le hasard. Il est là, elles sont là et elles y passent. Le tueur échappe facilement aux forces policières et pour cause : il est gendarme lui-même. Timide, sérieux, en apparence sans histoires, il vit une vie banale et va être amené à enquêter sur ses propres crimes…

Je n’irai pas dire que La prochaine fois je viserai le cœur est un mauvais film. Ses 1h51 sont passées sans trop de mal. Mais je n’ai finalement pas grand-chose à en dire car il ne m’a absolument pas passionnée. J’ai suivi avec intérêt, mais sans plus car je l’ai trouvé terriblement plat. Le film bénéficie d’un relatif bon accueil critique, mon avis est donc légèrement plus mitigé que celui de la majorité.

Le fait que Guillaume Canet soit au cœur du film ne m’a pas aidé à l’adorer. Mais je le savais à l’avance, je ne peux pas dire le contraire ! Non pas qu’il joue mal. Non pas qu’il soit ridicule. Son interprétation est d’une sobriété glaciale et j’ai aimé la manière dont cet homme (avec ses névroses, ses phobies, sa folie) nous est donné à voir. Cet homme qui semble totalement inhumain et d’une froideur folle est juste hyper inquiétant. A aucun moment on ne peut avoir de l’empathie pour lui et j’ai aimé ce parti pris (alors que beaucoup de films essaient toujours de nous montrer une facette plus sympathique du méchant).

Cette sobriété, on la retrouve également dans la mise en scène. Elle nous expose une série de faits sans sombrer dans le sensationnalisme. Cette froideur apparente, ce traitement minimaliste servent évidemment le propos : on est d’autant plus glacés par ces meurtres car ils interviennent au cœur du quotidien le plus banal et insignifiant. Quant au double jeu du gendarme/meurtrier, il a quelque chose « d’amusant » enfin, plutôt de terriblement ironique.

A mes yeux La prochaine fois je viserai le cœur est malgré tout un film plutôt moyen. Bien interprété, avec une certaine tension mais moyen quand même. Cet avis n’est dû qu’à ma propre sensibilité et à mes goûts personnels. Je ne m’éclate pas à voir ce genre de films que je trouve vraiment trop sobre pour moi. Mais bon, je voulais le voir, je l’ai vu et je ne le regrette pas pour autant !

2 comments

  1. auroreinparis says:

    Je l’ai vu à la dernière séance, seule un samedi soir, et si je n’ai pas flippé en rentrant chez moi, je dois quand même dire qu’il m’a filer des frissons. Sa sobriété m’a beaucoup plu, Canet aussi, et pour moi, ce petit côté  » télefilm français » lui va très bien à ce récit glaçant de fait divers sordide !

    • Audrey says:

      Ce film a des qualités, c’est indéniable. Mais cette sobriété ne me convient pas trop… disons que j’ai tendance à assimiler sobriété et platitude. Mais c’est un bon parti pris du réalisateur malgré tout !

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