Critique Pride

Sortie : 17 septembre 2014

Eté 1984. Margaret Thatcher est au pouvoir et bien décidée à mater le Syndicat National des Mineurs qui vient de voter la grève. A Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien profite de la gay pride pour lancer une action : ils veulent récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs en grève. Plus ou moins reniés par l’Union Nationale des Mineurs qui ne voit pas cette aide du bon œil, ils décident de contacter directement les familles de mineurs dans le besoin et choisissent au hasard un village minier au fin fond du pays de Galles. Deux communautés que tout oppose vont se retrouver liées…pour le meilleur et pour le pire.

Je m’attendais à aimer Pride et pour une fois, la réalité a été à la hauteur de mes espérances. On pourra dire ce que l’on veut, on pourra cracher tout le venin qu’on a en réserve (et dieu sait que les gens en ont à revendre), on pourra dire qu’il s’agit d’un film trop plein de bons sentiments et tout ça, moi j’ai adoré de A à Z cette histoire qui fait chaud au cœur et qui est idéale pour lutter contre la tristesse ambiante. J’ignorais d’ailleurs tout de ce morceau d’histoire anglaise. Enfin je connais évidemment les déboires qu’ont eu les anglais avec une Thatcher légèrement rigide mais je ne savais pas que les mineurs avaient été aidés par la communauté homo en 84. Et encore moins que les mineurs étaient venus les soutenir à leur tour lors de la gay pride de 85.

Je ne suis pas bête et je me doute bien que l’histoire de Pride est un peu romancée mais elle met en scène des personnes ayant vraiment existé et participé à ce mouvement social. Et ça me suffit. Ce film donne d’ailleurs naissance à une flopée de personnages aussi attachants les uns que les autres et ce, aussi bien côté gay que côté mineur. J’ai aimé retrouver certaines têtes anglaises bien connues et plus particulièrement celles de Bill Nighy, un acteur que j’aime toujours voir et Joseph Gilgun, connu dans Misfits mais également remarqué dans un autre film britannique particulièrement marquant : This is england.

Côté contenu, le film évoque bien évidemment des problèmes sociaux qui n’ont absolument rien de réjouissant dans le fond. Si les mineurs sont en ligne de mire, on devine bien que la crise sociale de l’époque est plus profonde que ce qu’on veut bien nous monter. La question des droits de la communauté gay, de l’homophobie ambiante et du sida sont également au menu mais Pride réussit toujours à éviter les clichés (même si certains détails peuvent paraître un brin stéréotypés, c’est vrai). Il y a quelques scènes bien touchantes dans le lot mais jamais de passages larmoyants ou trop conciliants avec les uns ou les autres. On n’est pas chez Ken Loach non plus, je vous préviens !

Vous l’aurez donc peut-être compris : sous couvert de parler de problèmes bien réels au milieu des années 80, Pride est surtout une très bonne comédie reposant sur les différences et la confrontation entre des gays branchés et grandes gueules venus de Londres et des personnes issues d’un petit village un brin traditionnaliste et loin de l’agitation de la capitale.
A toutes ces qualités, ajoutons une BO british très années 80 plutôt sympa !

Bref, si vous aimez les films anglais dynamiques et sans chichis, si vous avez envie d’une bonne dose d’espoir et de bonne humeur, si le sujet vous tente et si vous avez 2 heures devant vous, foncez voir Pride !

One comment

  1. Aurore says:

    « J’ai adoré de A à Z cette histoire qui fait chaud au cœur  » – Pas mieux, l’un des meilleurs films vu depuis le début de l’été et qui donne vraiment la pêche !

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