Critique Papa longues jambes de Jean Webster

Papa longues jambes est un roman jeunesse que j’ai découvert par hasard lorsque j’étais ado. Je l’ai adoré. Je l’ai lu plusieurs fois à l’époque et il y a un peu plus d’un an, je l’ai finalement acheté pour de bon. Il m’a fallu du temps pour me plonger dedans car les livres à lire s’accumulent un peu chez moi mais en ce mois de juillet 2013, je l’ai ouvert à nouveau.

Papa longues jambes est un roman épistolaire écrit par Jean Webster et publié en 1912. Jean Webster, peu connue en France, eut une carrière aussi courte que brillante aux Etats-Unis. En 1916, elle écrit la suite Mon ennemi chéri (que je n’ai pas lu !) mais meurt la même année, des suites de son accouchement. Féministe, elle mettait en scène des jeunes filles gaies, indépendantes et intelligentes et ses romans n’étaient pas dénués d’humour.

Dans Papa longues jambes, on retrouve ces caractéristiques puisque le roman raconte l’histoire d’une orpheline de 18 ans, Jerusha Abbott. Alors qu’elle n’est jamais allée plus loin que l’enceinte de l’orphelinat, ou presque, un mystérieux donateur l’envoie à l’université. La petite fille pauvre et sans famille va se retrouver dans ce temple de l’instruction et profiter doublement des opportunités qui lui sont offertes. Une seule ombre au tableau : le donateur veut rester anonyme. Jerusha ne saura jamais rien de lui mais en échange, elle doit lui écrire des lettres…auxquelles il ne répondra jamais, elle le sait.

Si Papa longues jambes est un roman épistolaire, il a la particularité de ne pas être un échange de lettres pour autant (vu que le bienfaiteur ne souhaite pas répondre). C’est un peu comme si Jerusha, dite Judy, écrivait dans son journal intime. Elle parle de sa vie à l’université, de ses rencontres, de ses lectures, de ses cours… Elle est drôle, naïve, honnête et surtout, consciente de la chance qui est la sienne. C’est un personnage extrêmement attachant, loin d’être mièvre et politiquement correct.

Le roman, étalé sur plusieurs années, nous montre son évolution en tant qu’étudiante et en tant que personne à proprement parler. Ou comment elle a réussi à s’intégrer à la haute société de l’époque…Bien sûr, il y a aussi un peu de romance dans ce livre mais je ne préfère pas m’aventurer de ce côté-là, de peur de trop en raconter.

En somme, Papa longues jambes est un roman frais et distrayant qui peut convenir à tous les lecteurs. Drôle, il nous permet d’en apprendre plus sur la condition féminine de l’époque. En effet, tout comme Louisa May Alcott et ses Quatre filles du docteur March (que j’adore également et que j’ai lu et relu), Jean Webster a écrit ce livre pour les jeunes femmes du début du 20ème siècle qui, après le lycée, se trouvaient confronter à des questions comme : faut-il envisager des études universitaires ? et si oui, pour quelle carrière ? Et le mariage dans tout ça ? ….autant de préoccupations qui ne sont plus les nôtres mais qu’importe ?

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