Critique Palo Alto

Sortie : 11 juin 2014

J’attendais la sortie de Palo Alto avec impatience et je n’avais qu’une peur : que ce film ne passe pas dans ma ville. Or, à raison de deux petites séances quotidiennes, il était bien programmé par mon ciné habituel (et uniquement dans celui là) ! Adapté et réalisé par la jeune réalisatrice (27 ans) Gia Coppola (autrement dit, la nièce de Sofia Coppola et donc petite fille de Francis, ben ouais !!), ce film a été notamment produit par l’acteur James Franco (qui joue également dedans et qui, accessoirement, a écrit le recueil de nouvelles Palo alto, sorte de souvenirs de jeunesse). Il a fallut trois ans pour que Gia et James arrivent à mettre ce projet sur pieds (une mission d’autant plus difficile que Gia est novice et la plupart des acteurs, peu connus).

Ce qu’il y a de bien avec Gia Coppola, c’est qu’elle a l’air modeste et surtout, franche. Ainsi, c’est sans complexes qu’elle évoque les influences de son film et notamment, celle de Virgin Suicides (plus qu’évidentes) alors qu’elle aurait pu faire la sainte nitouche. Rassurez-vous, l’histoire n’a rien à voir mais il est quand même question d’adolescence, de problèmes d’adolescents et de la mélancolie qui découle de tout ça.

L’histoire : Teddy, April, Fred et Emily vivent dans une banlieue chic de Palo Alto. Livrés à eux-mêmes, désœuvrés, en quête d’action et d’occupations, ils cherchent à tester leurs limites. Certains roulent trop vite, d’autres boivent trop ou couchent avec tout ce qui passe. Déconnectés du réel et perdus dans leurs émotions, ils tentent de se trouver une place.

Alors ok. Si vous détestez le spleen adolescent, la tentation du vide, les films qui parlent de ces gamins friqués qui sont malheureux, si vous aimez les films avec beaucoup d’action et de rebondissements, vous risquez de partir du mauvais pied. Notons également qu’il est presque inutile de chercher une vraie histoire dans Palo Alto. On nous permet de suivre, l’espace de quelques temps, le quotidien et les bons et mauvais moments d’une poignée d’ados. Ça n’a rien de très original mais c’est loin d’être inintéressant non plus. Je ne vais pas rentrer dans le détail : l’idée n’est pas de tout raconter.

Dans Palo Alto, j’ai juste retrouvé que j’ai aimé dans les premiers films de Sofia Coppola. Ce côté vaporeux, rêveur mais quand même un peu branché (car très stylisé). L’histoire de ces adolescents est amère, réaliste et en cela, nous permet de nous identifier facilement aux personnages qui sont aussi désenchantés qu’authentiques. Et les adultes dans tout ça ? Et bien… ils ne sont que de passage, sortes d’ombres sans influence qui vont, puis repartent. Gia Coppola est plutôt cruelle avec eux alors que les adolescents sont mis en lumière… parce que justement, ils sont en âge de faire toutes les conneries.

Si je trouve que Gia Coppola ressemble (d’un point de vue physique) à sa tante, elle a un autre point commun avec elle : elle a bien choisi la BO de son film. A cette qualité, on peut évidemment ajouter un casting au top et rempli de petits jeunots très bons dans leurs rôles. Si je connais déjà Emma Roberts depuis un petit moment, j’ai découvert Jack Kilmer, un gamin de 18 ans mais plutôt prometteur. L’histoire qui lie son personnage à celui d’April est particulièrement mignonne mais un brin frustrante (vous comprendrez si vous voyez le film).

Je ne pense pas que Palo Alto soit un film très original (on peut lui reprocher un air de déjà vu) mais le talent de la réalisatrice, la beauté esthétique et la qualité des interprétations sont bel et bien là. Un jour après avoir vu le film, je réalise que j’aurais bien aimé rester un peu plus longtemps à Palo Alto et que je me souviendrai longtemps des personnages. J’adorerais également lire le livre de James Franco mais il n’a pas été traduit et vu mon niveau en anglais… il vaut mieux éviter et croiser les doigts pour une éventuelle traduction française !

6 comments

    • Audrey says:

      Et si on devait les comparer de ce point de vue là, Palo Alto n’est absolument pas déprimant (même si pour ma part, Virgin Suicides m’a plus fascinée que plongée dans la tristesse la plus profonde). Si c’est le sentiment que tu as eu en lisant ma critique, c’est que j’ai dû mal m’exprimer. Ce film ne rongera pas ton moral ! Il n’y a aucun suicide dans ce film, aucune mort, pas de violence ^^ C’est juste une histoire sur des ados un peu perdus. Comme je le souligne à la fin, c’est un peu du déjà vu mais comme c’est bien fait, c’est pas grave !

      Et si on peut faire des rapprochements avec le film de Sofia, c’est surtout parce qu’on est conditionnés malgré nous : les deux films parlent d’ados et les deux réalisatrices portent le même nom de famille. Et aussi parce qu’elles ont à peu près le même âge au moment de réaliser leur premier film. Pas sûr que tout le monde aurait pris le soin de faire des comparaisons si Gia avait eu un autre nom de famille.

      Bref, à toi de voir mais je l’attendais avec impatience et j’ai été particulièrement heureuse d’avoir croisé la route d’un film comme ça… Quand je vois toutes les conneries qui passent au ciné, je me dis que ce genre de films relèvent franchement le niveau (même s’ils sont encore trop rares à mon goût). J’attends avec impatience le dvd car j’ai été obligée de voir le film en VF.

  1. Zofia says:

    T’inquiète pas je n’ai pas compris ça mais comme il y a beaucoup de personnes qui comparent les deux films, je me posais la question. Virgin Suicides est fascinant, bouleversant mais à chaque fois il me plonge dans une terrible mélancolie. Après c’est sûr que le nom n’aide pas 😉
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    • Audrey says:

      On est obligés de comparer avec Virgin Suicides malgré tout mais il faudrait que les gens sur la toile arrêtent de faire payer à Palo Alto le fait de venir 15 ans (quand même !!) après lui !! J’ai lu des critiques d’une connerie terrible, t’imagine même pas. Des personnes qui ont détesté le film parce que Virgin suicides est mieux. Euuuuh ok ! Super argumentation didonc ! ^^

      Palo alto n’est certainement pas un film aussi marquant que Virgin Suicides, car moins bouleversant et également beaucoup moins lourd. Il parle d’une jeunesse blasée et seule qui n’a rien à voir avec les rêves et les délires des sœurs Lisbon.

      Les deux sont des films d’atmosphère mais en toute sincérité, il y a deux plans qui m’ont fait penser au film de Sofia. Pour ce qui est de l’ambiance contemplative et sans beaucoup d’action, ce n’est pas un genre qui se réduit aux Coppola… bien d’autres réalisateurs l’ont utilisé finalement…

      On peut aimer ou trouver ça insignifiant mais je trouve ça dommage de tout comparer… et de ne pas lui laisser sa chance. Mais je parle en général hein. Tu n’es pas obligée d’y aller ni d’aimer (encore heureux ^^), d’ailleurs ! 😀

    • Audrey says:

      D’où l’avantage de vivre dans une grande ville comme Paris… tu auras peut être encore la possibilité de le voir tandis que c’est déjà mort de chez mort dans mon coin !

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