Critique Palo Alto, de James Franco

Quand j’ai vu Palo alto au ciné, en juin dernier, je n’ai eu qu’une envie : me plonger dans le recueil de nouvelles qui a inspiré cette adaptation de premier choix. Or, dans nos contrées, James Franco est uniquement connu comme acteur non pas comme le réalisateur et l’écrivain qu’il est également. Palo alto étant sorti il y a quelques temps en librairie, il semblerait qu’il ne soit plus édité en version française. Il faut donc courir après les livres d’occasion. Un temps, j’ai espéré une réédition française mais les semaines passant, j’ai réalisé que c’était peu probable. Après tout, le film de Gia Coppola est sorti dans une certaine indifférence et il n’y avait pas de raison pour qu’on décide de ressortir la version papier.

Bref, après avoir cherché partout durant les deux derniers mois, j’avais presque abandonné quand j’ai réalisé qu’Amazon en proposait 3 exemplaires d’occasion  pour moins de 5 euros chacun (jusque là, je n’avais trouvé le livre qu’à 40 euros et quelques sur ce site). J’ai sauté dessus et j’ai bien fait car moins de deux heures plus tard, les deux autres avaient également été achetés. En résumé : j’ai GRAVE galéré pour l’avoir et j’étais même prête à craquer pour la version originale (tout en ayant peur de passer à côté de plein de choses vu mon niveau en anglais).

Bref, dans Palo alto il y a plein de nouvelles. Certaines sont courtes, d’autres le sont moins et elles mettent toutes en scène des adolescents habitant la ville de Palo Alto. Les narrateurs sont tantôt des garçons, tantôt des filles mais le thème principal reste : l’adolescence. Les parents sont peu présents au cœur des histoires et ils passent seulement dans notre champ de vision. Les narrations sont plus focalisées sur les fêtes, les rendez-vous et les soirées passées entre ados, dans l’une ou l’autre maison. Le sexe, l’amour, l’alcool, le désœuvrement et un constant besoin d’exister (quitte à faire connerie sur connerie) sont au cœur de Palo Alto. J’avais lu que certains passages étaient un peu crus. J’en retiens un en particulier mais pour ce qui est du reste, il faudrait songer à ne pas s’offusquer dès que l’on croise les mots « baiser », « bite » ou « pipe ». J’ai lu 1000 fois de choses crues dans les bouquins de Virginie Despentes, Nicolas Rey ou Philippe Djian, pour ne citer qu’eux.

A la fin de ma lecture, j’étais partagée entre le fameux « y en a marre de lire toujours la même sorte d’histoire » et « j’en reprendrai bien un peu, s’il vous plait ! ». Certains lecteurs se plaignaient en effet que les thèmes évoqués dans Palo alto était toujours les mêmes mais après tout, cela peut être le fil conducteur d’un recueil de nouvelles. Ajouté au fait que certains personnages évoqués dans une nouvelle peuvent devenir le personnage principal d’une autre nouvelle. D’où l’intérêt et la possibilité de faire un film à partir de tout ça. Gia Coppola l’a bien compris et si elle a donné plus d’importance à la nouvelle concernant April (de loin ma préférée d’ailleurs), c’est sans doute parce qu’elle est la plus longue et qu’elle regroupe le plus de personnages. A partir de là, elle a pu greffer d’autres épisodes se trouvant dans d’autres nouvelles afin d’étoffer un film qui a finalement bien respecté l’ambiance du bouquin et sans doute, les buts de l’auteur.

En bref, j’ai aimé l’ambiance du livre et le style de James Franco, à la fois très simple et hyper imagé. Dommage, aucun de ses autres livres ne semblent avoir été traduits en français.

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