Critique Oscar Wilde et le jeu de la mort, Gyles Brandreth

9782264051103

« – Cet homme ne reconnaît-il pas lui-même être un pornographe ?
Oscar sourit et remua son thé.
– Si l’on se réfère à l’étymologie grecque du mot, un pornographe est, au sens strict, quelqu’un qui écrit sur les prostituées. La curiosité de Heron-Allen va bien au-delà. Il nourrit une étrange obsession pour les plus bas appétits charnels des humains ou des animaux, dans toute la richesse de leur diversité. Plus la pratique est inhabituelle, plus elle intéresse notre Edward. […] L’autre soir, il m’a fait découvrir un nouveau mot dont vous pouvez deviner le sens : la « nécrophilie » »

Je suis bien loin d’être calée sur le sujet mais j’ai toujours été fascinée par Oscar Wilde. Cet homme si cultivé, si intelligent, si spirituel… et mort trop tôt d’une méningite après de cruels démêlés avec la justice à cause de son homosexualité. Gyles Brandreth a choisi de le faire revivre en en faisant le personnage principal de ses romans. A ce jour, je crois qu’il y en a 6. Oscar Wilde et le jeu de la mort est le second de la série. Au vu de l’époque (victorienne), du genre (polar) et des héros mis en scène (donc le papa de Dracula et le papa de Sherlock Holmes), je ne pouvais que me jeter sur ce roman que j’ai découvert en trainant sur l’un de mes blogs préférés.

Dans ce roman, on retrouve Oscar Wilde à Londres entouré de ses amis, Arthur Conan Doyle, Bram Stoker, le peintre Wat Sickert ou encore Bosie, son amant préféré… Mais on retrouve également Constance, son amie d’enfance et épouse, ses deux fils et Robert Sherard, ami fidèle de Wilde et ici, narrateur de l’histoire.

L’histoire, la voici : au cours d’une soirée passée avec ses amis, Oscar propose un drôle de jeu : le Jeu de la Mort. Chaque participant inscrit le nom d’une personne qu’il souhaiterait voir morte : les participants n’auront plus qu’à essayer de deviner qui veut tuer qui. Mais quand, dès le lendemain, les victimes potentielles commencent à être tuées dans la vraie vie (et dans l’ordre exact où elles ont été tirées ce soir-là), les participants commencent à paniquer quelque peu. Surtout Oscar car son nom et celui de sa femme se trouvent justement sur cette liste funèbre !

Ce roman est assez long (environ 460 pages) et l’enquête y avance de manière très progressive même si les meurtres se succèdent finalement assez rapidement. Je vous avoue néanmoins que je l’ai plus apprécié pour la peinture de l’époque (et pour l’évocation du quotidien et des grandes inventions comme le téléphone) et pour Oscar Wilde que pour le côté «polar » en tant que tel car j’ai trouvé que cet aspect-là était un peu léger.

Oscar, Robert et Conan Doyle enquêtent, certes, mais ils vont lentement et commencent à prendre des dispositions en milieu de roman alors qu’on aurait voulu les voir se bouger dès le premier tiers du bouquin. Vous voyez ce que je veux dire ? J’ai l’impression que l’auteur s’est laissé emporter par son amour pour Wilde en oubliant de mener de front son enquête. D’où une très légère déception…même si j’ai tourné les pages sans déplaisir jusqu’à la fin.

Il m’a donc été très agréable de retrouver Oscar Wilde, j’ai aimé en apprendre plus sur lui et suivre l’une de ses aventures fictives. On sent que Gyles Brandreth est un passionné de Wilde car il nous en livre un portrait tout en nuances et plein de panache. Il est notamment relu par l’un des héritiers de Wilde et nous en apprend un peu plus sur son travail lors d’une longue page de remerciements. Je laisse passer un peu de temps mais il est évident que j’ouvrirais une nouvelle aventure de Wilde d’ici quelques semaines !

thrillerpolar-pativore2

10 comments

  1. Clownface says:

    J’avais lu le premier (je crois que la série en compte beaucoup plus maintenant), c’était sympa, mais rien qui ait véritablement retenu mon attention. En tout cas, ça m’a donné envie de continuer la série.
    Je te conseille Que le spectacle commence chez 10/18. J’avais trouvé ça meilleur dans le genre polar victorien.
    Sinon, vu que le XIXe anglais te plaît, tu devrais tenter Drood de Dan Simmons que j’ai trouvé formidable ! Là je lis un roman qui se passe début XIXe, bien écrit (façon Jane Austen) mais au bout de 600 pages, j’attends encore que l’intrigue démarre…

    • Audrey says:

      C’est quoi ce roman qui traine pendant 600 pages ?

      Je retiens les deux titres proposés même si je ne sais pas quand je pourrai me les acheter ! Drood a l’air particulièrement intéressant en effet !

  2. Clownface says:

    Jonathan Strange et Mr Norell. Bien écrit, mais malgré quelques bons passages, j’ai l’impression d’être noyé dans des flots de chapitres très chiants, voir répétitifs… Ca vient d’être adapté par la BBC, j’attends de finir le livre pour regarder la série.
    Drood est effectivement excellent, l’auteur ne m’a pour le moment jamais déçu qu’importe le genre qu’il aborde….

    • Audrey says:

      Je regarderai cette série si je la trouve tiens ! L’histoire ne m’intéresse pas au point de me plonger dans le livre mais à mon avis, ça sera de qualité !

      Je viens de voir que Drood est un sacré pavé didonc ! 1213 pages ! quand même ! ^^

  3. Clownface says:

    Ah oui ? Plus de 1000 pages, ça m’a pas semblé à la lecture ! Comme quoi, l’auteur est doué. Mais il est plutôt habitué aux pavés dans ce que j’ai lu de lui.A part pour ses polars, mais qui sont pas exceptionnels, ce sont peut-être les 3 que je ne recommanderais pas dans sa biblio !

  4. Lauraline says:

    J’ai Oscar Wilde et les crimes du Vatican dans ma PAL et il ne devrait pas tarder à en sortir. Je trouve géniale cette idée qu’a eue l’auteur de faire de ce grand écrivain un personnage de roman à son tour.

Laisser un commentaire

CommentLuv badge