Critique Only god forgives

Sortie : 22 mai 2013

Il y a un peu moins de deux ans, Drive débarquait sur nos écrans. Aux manettes, Nicolas Winding Refn. Un réalisateur danois. Devant la caméra, Ryan Gosling dont le potentiel allait enfin éclater aux yeux de ceux qui en doutaient encore. La réalisation, l’histoire, la bo… tout était divin. Et même après avoir lu l’œuvre de James Sallis dont le film était inspiré (et qui est finalement assez différent), je ne pouvais que reconnaître la qualité d’un film que j’ai justement revu il y a deux ou trois jours.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Only god forgives est beaucoup moins accessible que Drive (ben oui, difficile de ne pas chercher à comparer les deux films sachant que l’acteur principal et le réalisateur sont les mêmes).

Nous sommes à Bangkok. Julian a fuit la justice américaine à cause d’une sombre histoire. Il habite à présent en Thaïlande avec son frère aîné, Billy, le chouchou de leur maman (Crystal). Si cette dernière n’est rien d’autre que la chef d’une organisation criminelle, ses fistons dirigent un club de boxe et accessoirement, sont dealers. Une nuit, Billy viole et massacre une jeune prostituée. Le père de cette dernière rétorque et lui explose le crâne. Evidemment, Crystal débarque des Etats-Unis en trombe et exige que Julian venge son frère. Sauf que les choses vont être un peu plus compliquées que ça notamment à cause d’un certain Chang, un policier à la retraite.

Only god forgives est un film hypnotisant dont l’esthétique m’a particulièrement plu. Ce Bangkok de nuit, ces néons et cette lumière rouge, omniprésents, l’ambiance glauque du club de boxe… J’ai regardé tout ça dans un état d’esprit assez planant, ne comprenant pas toujours où l’histoire voulait en venir, certes, mais charmée par les images. J’aurais voulu avoir une télécommande pour mettre le film sur pause de temps en temps afin de pouvoir admirer les différents plans un peu plus longuement. Le montage est intéressant, labyrinthique et nous perd parfois d’une scène à une autre.  Rêve, fantasme et réalité se mêlent. Ou pas. On ne sait pas trop.

Et à part ça ? Que les choses soient claires : le scénario n’est pas hyper épais et l’histoire, pas vraiment importante aux yeux du réalisateur. Si tu vas pour voir un film de vengeance (mon cas !), tu seras déçu car Only god forgives ne ressemble pas au film que tu voulais voir.

Pour commencer… Il est vraiment difficile de cerner le personnage de Ryan Gosling qui n’a pas du beaucoup travailler pour apprendre son texte tant il parle peu. Il se contente d’être là et c’est déjà ça vous allez me dire. Certes, il est charismatique mais son manque d’expressivité dessert un personnage qui reste trop trouble et trop vague pour me plaire. Il n’a généré ni empathie, ni détestation en moi.

Du coup, son rôle disparait presque derrière deux autres personnages finalement bien plus intéressants à mes yeux : Chang et Crystal. Le premier rend justice du bout de son sabre. Tu as fauté ? Il te retrouvera. Mystérieux, adorable avec sa fillette et cruel avec les hommes, il est lui aussi difficile à définir. Que dire de Crystal, la blonde platine aux longs ongles vernis ? Elle est incarnée par une Kristin Scott Thomas que je n’avais jamais vue ainsi, ni dans un film français, ni dans un film anglais… Nulle part ! Elle campe une mère incestueuse, castratrice, capricieuse, un brin vulgaire… et bien décidée à obtenir réparation.

Les moins ? J’ai passé 1h30 à attendre un truc qui n’est jamais venu. La lenteur excessive de toutes les séquences, le manque de dialogues, la lourdeur de l’histoire font qu’à mes yeux, Only god forgives n’est pas vraiment un divertissement. Sans être prise de tête, le film est trop fétishiste, trop axé sur la symbolique. Ce n’est pas le genre de cinéma que j’aime.

Only god forgives est un très bel exercice de style à mes yeux mais il n’est pas le film que j’attendais. C’est violent, visuellement c’est à tomber, c’est vénéneux à souhait mais cela m’a paru un peu vain finalement. Il paraît qu’il a été hué par une partie du public à Cannes… on comprendra donc qu’il a quelque chose de déstabilisant (voire même de frustrant) pour les spectateurs.

6 comments

  1. auroreinparis says:

    Ayant aimé Drive, sachant qu’ici Ryan allait laisse son charisme parler pour lui :), je l’attendais avec impatience. Mais là , à part les images, il n’y a pas l’air d’y avoir grd chose à attendre. Et si j’aime les belles images en photo ou en peinture, pour un film, je trouve ça trop léger. Prochain film ça sera soit Trance, soit le passé. J’ai pas encore tranché.

  2. petiteconne says:

    C’est très spécial comme film donc je crois en effet qu’il vaut mieux se diriger vers des histoires plus « classiques » comme Trance, par exemple.

    En tous cas, je n’arrive pas à dire que je n’ai pas aimé mais je ne peux pas dire que j’ai aimé pour autant. Le fait est que je ne m’attendais absolument pas à ça et que je suis terriblement déçue. Limite triste parce que j’en attendais beaucoup.

  3. zofia says:

    Je ne pense pas qu’il mérite d’être hué (les gens sont parfois stupides) mais peut que le réalisateur a trop voulu en faire sur ce coup-là. Visinblement, les dialogues ne sont pas son fort car Valhalla rising, le guerrier silencieux est un film fort long et chiant qui ne dure pourtant qu’1h25 !
    Je crois que j’attendrais la vidéo pour me faire une idée de celui-là mais je sais déjà que je serais déçue car j’aime les personnages impliqués, qu’on les aime ou qu’on les déteste.
    zofia Articles récents…Stoker de Park Chan-wookMy Profile

    • petiteconne says:

      C’est clair que Le guerrier silencieux… j’en voyais pas la fin…
      Finalement, je ne sais pas si ce réalisateur est à suivre. Drive était un film de commande et Nicolas Winding Refn semble être revenu à ses premières amours…
      Dommage!!!

  4. petiteconne says:

    Tu me diras s’il valait la peine ! J’avoue que sans critique positive à son sujet, je ne tenterai certainement pas l’expérience…

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