Critique Ombline

Sortie : 12 décembre 2012

Ombline a 20 ans. Suite à un évènement violent qui a causé la mort de son homme (mort dont elle n’est pas responsable pour autant), elle a été condamnée à trois ans de prison. Alors que sa vie vient de basculer dans un véritable cauchemar, elle apprend qu’elle est enceinte d’un petit garçon qu’elle appellera Lucas. Elle accouche en prison. La loi lui permettant de le garder avec elle durant les 18 premiers mois, Ombline va tenter d’élever son fils dans l’univers carcéral tout en essayant de préparer leur avenir.

J’avais vaguement entendu parler de ce film au moment de sa sortie mais c’est un peu par hasard que je l’ai visionné. Pas la peine d’avoir vu le film pour comprendre qu’il va mettre en parallèle vie derrière les barreaux et maternité. Pas la peine d’être maman soi-même pour comprendre la douleur d’Ombline qui n’a rien à offrir à son fils, si ce n’est les barreaux aux fenêtres et l’absence d’un horizon où regarder ensemble. En cela, Ombline est particulièrement réussi car il nous prend à la gorge. L’histoire est très simple mais très humaine ce qui le rend extrêmement touchant.

J’ai lu des critiques où les gens s’offusquaient du fourre-tout que représente cette histoire. Car on y parle d’enfants en prison mais également du trafic de drogue en prison, des rapports de force entre les détenues, de la réinsertion… Cette multiplicité des thèmes ne m’a pas choquée car à mes yeux, ils font partie intégrante du parcours d’Ombline. Je regrette pourtant quelques passages que je trouve inutiles, notamment celui qui concerne le suicide d’une codétenue d’Ombline qui est arrivé comme un cheveu sur la soupe.

Mélanie Thierry nous offre ici une prestation tout à fait honorable. Difficile de ne pas comprendre la rage et la peine de son personnage qui n’est finalement pas en prison par hasard. Mère morte quand elle avait 1 an, papa en prison depuis qu’elle a 13 ans, enfance de foyer en foyer puis rencontre avec un mec pas forcément fréquentable qui se fera vite rattraper par ses activités… Un cliché ambulant. Cela ne la rend pas moins intéressante pour autant. L’actrice reste sobre, évite le mélo et nous permet vraiment de nous identifier à elle.

Pour conclure en quelques mots, ce film réussit l’exploit de mêler la tension et la froideur liées à l’univers carcéral avec la beauté d’une relation entre une mère et son jeune fils. Prisonniers des murs qui les entourent, ils se construisent un cocon douillet que la vie et ses aléas se chargeront de briser. Ombline n’est pourtant pas un film engagé ni un film politique. Il n’est là pour dénoncer les conditions de vie en prison ou quoi que ce soit. Il n’y a pas de jugements de valeur, pas de regard condescendant.

3 comments

    • Audrey says:

      Tu me diras ce que tu en as pensé. C’est un petit film français comme je les aime. En plus, il ne tombe pas trop dans le larmoyant donc c’est un bon point !

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