Critique Notre petite sœur, Hirokazu Kore-eda

Sortie : 28 octobre 2015

Aujourd’hui, je suis allée voir un film japonais au ciné. Notre petite sœur est l’adaptation du manga Kamakura Diary (que je ne connais pas). Ce film a été présenté en Compétition officielle du Festival de Cannes 2015. 

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L’histoire

Sachi, Yoshino et Chika, trois sœurs, vivent ensemble à Kamakura dans une grande maison. C’est par devoir et pas vraiment par envie qu’elles prennent le train pour se rendre à l’enterrement de leur père, ce dernier les ayant abandonnées 15 ans auparavant. Sur place, elles rencontrent leur demie sœur, Suzu, 14 ans. D’un commun accord, elles décident d’accueillir cette orpheline chez elles. Suzu accepte et débarque à Kamakura.

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Mon avis

C’est vraiment pas bien de faire des généralités, je sais, mais je trouve que les films japonais sont souvent assez minimalistes et Notre petite sœur n’échappe pas à la règle. Si vous êtes tenté par l’histoire et par cet univers, attendez-vous bien à voir un film contemplatif, lent, délicat.

Il n’y a pas de vraie histoire dans Notre petite sœur. Pas de grand évènement (si ce n’est la rencontre du départ), pas d’élément perturbateur mais plutôt plein de petits faits du quotidien, de saison en saison. Forcément, quand on aime le Japon comme moi, on ne peut qu’être charmé par tous les éléments qui touchent de près ou de loin au pays comme la langue (vu que j’ai ce film en VO), les repas, les transports en commun, les rues… Par contre, j’ai beau être allée à Kamakura, je n’ai rien reconnu de la ville…si ce n’est la plage.

Ce qui fait la force du film, c’est sans doute ses personnages et plus particulièrement les 4 sœurs. Dotées de personnalités très différentes, elles sont pourtant toutes aussi intéressantes et attachantes les unes que les autres. Leurs relations sont parfois houleuses mais toujours empruntes de bienveillance et je défie quiconque de ne pas avoir envie de passer quelques jours avec elles ! Bien sûr, plein de personnages gravitent autour d’elles et nuancent un peu ce bel équilibre. Notons néanmoins que dans le film, les mères sont toujours absentes (fuite ou décès) et les hommes, jamais bien fiables (adultère, mensonge, faiblesse)… Qu’elles en gardent un bon souvenir ou non, les filles parlent toujours de leur père comme d’un être pitoyable.

Malgré tout ces bons points et ces précieux moments de cinéma, j’ai quand même trouvé que le film trainait un peu en longueur. La faute à l’absence de fil conducteur, sans doute. Nous passons finalement de scénette en scénette et à la longue, cela paraît un peu fastidieux et surtout très redondant. J’aurais quand même aimé avoir plus de rythme car nos quatre sœurs ne semblent pas évoluer au fil des mois qui passent. J’attendais un fait marquant, une fracture dans le récit mais ce n’est pas arrivé. Bon, et puis il faut bien avouer que j’avais super faim et qu’au bout de 2h08, le siège du ciné n’était plus assez moelleux pour mon postérieur.

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En résumé, Notre petite sœur est un joli film qui séduira les amateurs d’histoires douces et les fans du Japon. J’aimerais beaucoup découvrir le manga dont il est adapté, ne serait-ce que pour retrouver les personnages que j’ai vraiment beaucoup beaucoup apprécié.

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