Critique New York Melody

Sortie : 30 juillet 2014

Il y a sept ans, plus ou moins fauchée, j’allais peu au cinéma mais je m’étais quand même payé une place de ciné pour voir Once, un film de l’irlandais John Carney. Bizarrement, je me souviens très bien de cette séance. J’avais été vraiment charmée par cette histoire tournée en 15 jours à peine. Très brut, sans fioritures, ancré dans la réalité, il nous racontait l’histoire d’un homme et d’une femme passionnés par la musique. Si je ne l’ai pas revu depuis des années, en jetant une oreille à la BO, si importante, j’ai réalisé que je n’avais pas oublié une seule chanson.

Je ne m’attendais pas vraiment à retrouver cette aura authentique car, tourné à New York avec un « gros » casting, New York Melody n’a a priori pas grand-chose à voir avec Once. Et pourtant, le charme a opéré cette fois encore.

L’histoire : Gretta et son petit ami sont partis d’Angleterre pour tenter leur chance à New York. Ils composent ensemble mais c’est lui sur le devant de la scène. Leur amour et leur rêve commun vont voler en éclats lorsque Dave, émoustillé par sa gloire naissante et par ses groupies, plaque Gretta pour une carrière solo. Prête à repartir pour Londres, Gretta passe une dernière soirée dans un pub où Steve, son pote, va chanter ce soir-là. C’est en interprétant une chanson que Gretta va attirer l’œil de Dan, un producteur qui vient de se faire éjecter de son propre label. Dans une très mauvaise passe, il est amer et déprimé mais va vite retrouver le goût de vivre en découvrant le talent de la jeune femme. Le souci ? Elle ne veut pas être signée et lui, ne peut pas la signer. Cela ne va pas les empêcher de faire un album.

Très bien réalisé et bien joué, New York Melody est également un film d’une grande intelligence. Comprendre : il ne sombre JAMAIS dans les travers et les clichés qui auraient pu être les siens. Je m’attendais à un film musical mais terriblement romantique (et autrement dit, mièvre) mais j’ai, au contraire, trouvé un film au scénario très fin. Un film qui joue avec les apparences et qui ne nous amène jamais là où on pensait tomber. Ne vous laissez donc pas abuser par les qualificatifs des journalistes qui parlent d’une « love story sucrée » ou « d’une pépite romantique », autant de termes qui peuvent faire peur à ceux et à celles qui fuient les comédies romantiques.

Cela dit, New York Melody est un film solaire et agréable qui met vraiment de très bonne humeur. Sans temps morts, parfois émouvant, parfois drôle, ce film m’a littéralement happée pendant ses 1h44, ce qui ne m’arrive pas si souvent. Les rues de New York et la beauté de cet été passé en ville donnent également beaucoup de charme au film. J’ai adoré suivre toute cette petite équipe au fil de leurs enregistrements en pleine rue, dans des endroits plus ou moins insolites (voir Dan et Gretta passer par une avenue et une bouche de métro que nous prenions tous les matins durant notre séjour font partie de ces détails qui m’ont fait marrer, même si cela n’a rien à voir avec le film).

Pour ma part, j’aime beaucoup Keira Knightley et je trouve que ce rôle de chanteuse anglaise, un peu garçon manqué, lui va à merveille. Contre le formatage des artistes, cette compositrice douée n’est pas prête à faire des concessions et pour elle, célébrité rime avant tout avec perte de liberté. A l’heure où être vu et adulé par les foules semble être le but de tout être humain sur terre, une telle mentalité, même fictionnelle, fait juste plaisir à voir et à entendre. En plus, l’actrice chante bien et si sa voix n’a rien d’extraordinaire, elle m’a paru plus intéressante à écouter que celle de la Scarlett Johansson (à qui le rôle a soit disant été proposé en premier). Sans s’en donner l’air, le film fait, en quelque sorte, la critique de l’industrie musicale d’aujourd’hui qui transforme les artistes afin de les rendre conformes aux attentes du public. A ce niveau, le propos est peut-être légèrement superficiel et manichéen mais cela ne m’a pas dérangée plus que ça.

Dans New York Melody il n’y a pas de méchants, pas de gentils, pas de morale à 2 centimes ou de jugements quelconques. Juste des destins qui s’entrecroisent ou qui se séparent, juste des humains qui tentent de suivre le cours de leur vie. Résolument subtile et optimiste, New York Melody ne s’adresse pas aux aigris mais aux rêveurs qui pensent que rien n’est impossible, malgré les obstacles et les mauvais moments. Il est bien évidemment porté par une très belle BO qui risque d’accompagner bien des cinéphiles tout au long de l’été !

4 comments

  1. auroreinparis says:

    Ton long article achève de me convaincre que je suis à côté de la plaque en étant toujours pas allée le voir, à ce rythme je risque de le manquer. Ce week end, c’est sur, j’y vais, car une fois encore je lis un bel article sur le sujet !

  2. lujena says:

    Celui-ci.. Ce soir, il faut que je me le zyeute.
    Après ma déception avec « I wish I was here », peut être que ce film post-« Once » me ravira un peu plus……
    Parce que « Once », quand même… reste sur les marches de mon podium… 😉

Laisser un commentaire

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.