Critique Tu n’auras pas peur, Michel Moatti

Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions Hervé Chopin pour l’envoi de ce livre mais également l’auteur pour la dédicace.

7076857lpw-7078283-tunaurapaspeurdos3indd-jpg_4112278Résumé éditeur

Tout commence par la remontée d’un cadavre à demi-congelé, attaché à un fauteuil d’avion immergé dans un étang de Crystal Palace, au sud de Londres. Puis on découvre le corps d’une jeune femme défigurée dans un hôtel de Bournemouth. Son visage a été découpé au cutter et emporté. Sur les réseaux sociaux et les blogs, les indices et les rumeurs circulent, bien plus vite que les informations officielles délivrées par la police et les journaux. Un mortel jeu de piste s’organise, dirigé par un assassin sans scrupules qui reconstitue avec autant de rigueur que de férocité les scènes de crime les plus choquantes. Quelle énigme se cache derrière ces sinistres « natures mortes » ? Lynn Dunsday, une jeune web-reporter fragile, aux lisières du burn-out, et Trevor Sugden, un journaliste qui travaille « à l’ancienne », se lancent sur les traces du meurtrier, anticipant les avancées de Scotland Yard.

Mon avis sur le roman

C’est marrant parfois comme les lectures peuvent se suivre et se ressembler (un peu).

Il y a quelques temps, je vous parlais avec enthousiasme de Ragdoll, de Daniel Cole, un thriller londonien sorti début mars. L’histoire d’un assassin plutôt vicieux, amateur de mises en scènes spectaculaires derrière lequel courraient les équipes policières et les journalistes. Les premiers, pour l’arrêter bien sûr et les seconds, dans l’espoir d’avoir le meilleur scoop.

Bien sûr, Tu n’auras pas peur développe sa propre enquête, son propre univers et a ses propres thématiques mais il a malgré tout quelques points communs avec le livre de Daniel Cole puisque les deux auteurs traitent de la place des médias dans nos vies et plus particulièrement de cette course à l’information qui se fait parfois au détriment de toute valeur morale. Mais chez Michel Moatti, on ne suit pas de journalistes télé comme chez Cole mais un représentant de la presse papier, Trevor Sugden et surtout une incarnation féminine de cette génération web, Lynn Dunsday, jeune journaliste qui travaille pour un site.

Cela étant dit (et ces rapprochements n’engagent que moi), j’ai préféré Tu n’auras pas peur pour ses personnages, pour son rythme effréné, pour son fond mais aussi tout simplement parce que l’histoire m’a convaincue de la première à la dernière page (alors que j’avais trouvé la fin de Ragdoll un peu… excessive).

Histoire de vous garder avec moi jusqu’au bout et de ne pas vous noyer sous trop d’informations, je ne veux pas faire trop long mais je peux déjà vous dire que Tu n’auras pas peur doit être lu pour son enquête policière prenante et rigoureuse, menée d’un côté par les journalistes et de l’autre, par la police (avec un personnage central, Andy Folsom, le petit ami de Lynn). Vous le savez, je suis un peu difficile et suis rarement bluffée par la fin des thrillers que je trouve parfois un peu tirées par les cheveux, décevantes par rapport aux attentes développées durant la lecture. Mais pas ici. Dans ce cas précis, j’ai trouvé la résolution de l’enquête vraiment intéressante (et surtout, impossible à déduire avant d’arriver aux derniers chapitres), et j’ai d’autant plus apprécié les explications données par l’auteur, en fin de roman.

Bien sûr, quand je parlais d’un « fond » intéressant, je faisais référence à toutes les questions que soulève le roman au sujet de notre rapport à l’information, au scoop, aux infos croustillantes ou même sordides dont nous sommes tous friands (à des degrés différents, j’imagine)… et dont les médias nous abreuvent. Vous savez, ce moment un peu délicat ou le fameux « droit à l’information » flirte avec un voyeurisme dégueulasse. Ce qui est intéressant ici, c’est que l’auteur, tout en dénonçant ces pratiques, ne joue pas forcément la carte du défaitisme facile pour autant. Si Lynn et Trevor semblent un peu seuls dans leur quête de la vérité, ils sont quand même toujours là, preuve que le journalisme, dans sa définition la plus noble, existe encore. Non ?

En bref,

Sorti le 16 février 2017, Tu n’auras pas peur est donc une excellente lecture que je conseille vivement aux fans de thrillers. En toute honnêteté, je n’ai pas grand chose de critique à dire sur ce roman (ben oui, ça m’arrive de ne pas râler, de temps en temps)  que j’ai dévoré en un weekend, à peine (chose qui m’arrive rarement, il faut l’avouer). Il est sans temps morts (et pour moi, c’est important) avec des chapitres courts, les personnages sont tous super attachants, l’enquête tient la route… Vous pouvez foncer les enfants !

17 comments

  1. lacavernedhaifa says:

    Je ne suis fan de thriller, mais j’ai une idée à qui est-ce que je pourrais l’offrir !

    Ce que je n’aime pas dans les thrillers en général, c’est le côté gore et sanglant, bien que j’apprécie le côté sombre. Je suis d’avantage sensible aux thrillers historiques que contemporains, peut-être parce que j’adore l’histoire et je trouve une plue-value à l’enquête policière.
    Ce qui est marrant, au contraire, c’est que j’aime bien regarder des thrillers cinématographiques.

    Peut-être est-ce seulement parce que je n’ai pas encore trouvé LE TITRE qui me fasse aimer ce genre littéraire… Qui sait ?! 😉
    lacavernedhaifa Articles récents…Blue exorcist, tome 1 et 2 de Kasu KatôMy Profile

    • Audrey says:

      Je ne peux pas dire que l’auteur fasse dans la surenchère ici, niveau gore. Par contre oui, tu as quelques mises en scène macabres assez spectaculaires (surtout une, assez gore) qui peuvent un peu crisper les lecteurs qui n’y sont pas habitués. C’est présent mais cela ne définit pas le livre non plus. Il n’y a pas une avalanche de détails sordides. Du coup, j’aurais envie de te dire qu’il est dommage de s’arrêter à ça… mais je comprends malgré tout tout à fait ce que tu veux dire ! Quand ça veut pas, ça veut pas et il ne faut pas se forcer !

      J’ai une grosse préférence pour les polars historiques moi aussi 🙂

  2. Le Vampire Aigri says:

    Héhé, Michel Moatti est prof dans la fac où je suis, ça me fait plaisir de voir qu’en plus d’être sympa, il écrit bien 😀

    J’avais acheté les deux tomes sur Jack l’Éventreur, ce sera ma prochaine lecture, mais celui-ci aussi me tente pour son sujet !

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