Critique Nager sans se mouiller

Il y a pas mal de temps, peut-être plus d’un an d’ailleurs, j’ai lu une critique très élogieuse de Nager sans se mouiller sur le blog de Zofia. J’avais gardé le titre en tête et me le suis fait offrir à Noel dernier. Occupée par d’autres lectures, j’ai prêté ce roman à plusieurs personnes sans avoir eu l’occasion de m’y plonger. C’est donc en le récupérant (enfin !!!) que j’ai commencé les aventures de Juanito Pérez Pérez. Timide cadre supérieur dans une multinationale, il s’est séparé de sa femme il y a quelques temps et s’apprête à passer ses premières vacances avec ses deux enfants. C’est justement à l’occasion de ce séjour que ses deux personnalités sont se rejoindre et empiéter l’une sur l’autre. Car Juanito est également Numéro Trois, un redoutable tueur à gages.

Nager sans se mouiller est un roman policier dans lequel l’humour est au rendez-vous et ce, de la première à la dernière page. Cela donne un mélange assez détonnant, surtout quand on sait que l’intrigue prend place au cœur d’un camping naturiste ! A poil au milieu des autres vacanciers, Juanito est un homme en pleine crise (il veut quitter le milieu mais se trouve justement chargé de remplir une mission délicate et complexe)… d’autant plus qu’il se retrouve à deux pas de la tente de son ex-femme qui campe avec son nouveau jules, un juge renommé. Tout au début du séjour, les coïncidences s’accumulent. Pourquoi Laeticia est-elle là ? Pourquoi Tony, un ami d’enfance auquel Juanito doit un œil et une jambe en moins est-il également dans le camping ? La présence de Numéro Treize, tueur à gages sanguinaire et pervers est également plutôt inquiétante pour Juanito qui ne s’est jamais senti aussi vulnérable (difficile en effet de se trimbaler avec son arme quand on ne porte plus aucun vêtement).

Le ton du narrateur (donc celui de l’auteur en fin de compte) est plutôt cru. Je crois n’avoir jamais autant lu le mot « érection » en un seul bouquin. Juanito passe son temps à s’envoyer en l’air avec la mystérieuse mais appétissante Yolanda (sur laquelle les doutes planent également) et accessoirement, se fait sucer (pardon, « subi une fellation improvisée » par son ex-femme. Dire que j’ai prêté ce livre à ma grand-mère….. (lol). Néanmoins, l’utilisation de l’humour rend ces scènes érotiques presque drôles et en aucun cas vulgaires. Bref, on ne flirte pas avec la littérature pornographique pour autant.

Derrière une histoire pas si compliquée que ça, se cachent des thèmes plus sérieux tels que le couple, l’amour, le rôle du père, les relations familiales, les rapports de force, le manque du père… Burlesque, Nager sans se mouiller l’est surement et en cela m’a été très sympathique. Néanmoins, si je devais être honnête, je dirais que j’ai été un peu déçue par la tournure que prend l’histoire. Si les masques tombent dans le dernier tiers, j’ai trouvé que la fin de l’intrigue mettait du temps à arriver. Je ne sais pas pourquoi ni comment les choses ont pu se passer dans ma tête mais j’ai lu les 160 premières pages presque d’une traite. Il m’a fallut 3 autres jours pour lire les 130 dernières.

L’intrigue est merveilleusement bien menée et se déroule avec fluidité au gré de péripéties toujours renouvelées mais Nager sans se mouiller ne m’a pas entièrement convaincue. Je crois que je n’ai pas aimé le mélange du genre et que le point de vue, trop masculin, ne m’a pas parlé plus que ça.

2 comments

  1. Audrey says:

    C’est sûr que c’est original et je reconnais parfaitement les qualités de ce roman ! Il ne correspond pas tout à fait à mes goûts personnels mais c’est tout à fait subjectif ! 🙂

Laisser un commentaire

CommentLuv badge