Critique Les mots entre mes mains, Guinevere Glasfurd

Grâce à Netgalley et aux éditions Préludes, que je remercie au passage, j’ai eu l’opportunité de découvrir Les mots entre mes mains. Il sort en librairie le 24 août et si vous aimez les romans historiques/les portrait féminins, je vous le conseille car j’ai passé un très bon moment à ses côtés.

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Helena Jans n’est pas une servante classique et pour cause : elle sait lire et écrire et a soif de connaissances. Quelques années avant les faits qui seront relatés dans ce livre, elle est arrivée de Leyde et a commencé à travailler chez un libraire anglais installé à Amsterdam. Quelques temps après sa prise de fonction, René Descartes, désigné sous l’appellation « le Monsieur » va séjourner un long moment chez ledit libraire et sera tout simplement séduit par l’intelligence de la jeune femme mais surtout, par son besoin de dépasser sa condition de servante et plus largement, de femme.

Mon avis

A priori, René Descartes n’est pas totalement le genre de personnage masculin charismatique qu’on a envie de croiser dans un roman, n’est ce pas ? Du moins, c’est l’impression qu’il me donnait jusque là. Si je n’ai pas appris grand chose de nouveau sur le travail et les aspirations de l’homme, l’auteur m’a quand même permis de le voir sous un autre angle et surtout, m’a fait découvrir une relation dont j’ignorais tout.

Glasfurd l’explique à la toute fin : son livre est un livre de fiction mais Helena a bien existé et a évolué dans le cercle privé de Descartes pendant une dizaine d’années. Ils vont vivre une histoire d’amour que personne n’aurait pensé possible. En effet, le philosophe est français et catholique, la servante est protestante et vient d’un milieu bien différent du sien mais ils s’aiment. Ils auront une fille : Francine.

Leur histoire est racontée par Helena, Guinevere Glasfurd nous proposant dès lors un récit raconté à la première personne. L’emploi du « je » m’a semblé plutôt judicieux car il nous permet de coller parfaitement à la personnalité et aux pensées de Helena, une femme coincée par sa condition de servante. Nous découvrons sa vie, ses mots, son amour des mots, justement et les moindres faits concernant sa rencontre avec le fameux « Monsieur ».

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Helena, je l’ai trouvée touchante. Elle est loin d’être arrogante et on comprend bien vite à quel point être une femme, dans la société néerlandaise de l’époque, était un handicap pour qui voulait s’instruire. Quant à sa relation avec Descartes, je l’ai trouvé à la fois belle et finalement très cruelle. Si le philosophe ne la laissera jamais tomber, il fera quand même en sorte de la garder toujours à l’écart, un comportement qui, tout en étant galant (pour l’époque) a semblé bien égoïste et bien lâche à la fille du 21ème siècle que je suis.

Impossible pour moi de ne pas conclure cet article en faisant un parallèle avec l’histoire de La jeune fille à la perle. Certes, l’histoire de ce roman se passe aux Pays Bas (une trentaine d’années plus tard) mais nous sommes face à un couple similaire la servante/le maître. Le roman de Tracy Chevalier, totalement fictionnel quant à lui (si on part du fait qu’elle s’est basée sur un tableau et non sur des faits historiques), m’a néanmoins semblé plus poétique et plus romantique.

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19/91

J’ai lu ce livre dans le cadre de mon challenge perso « Je vide ma PAL »

11 comments

    • Audrey says:

      Les deux histoires ne sont finalement pas semblables mais bon, le parallèle est facile ne serait-ce que pour l’époque et le pays évoqués ! 😀
      J’irai donc lire ta critique avec plaisir !

  1. Fanny says:

    Je l’ai lu il y a quelque temps et comme toi j’ai beaucoup aimé ce roman.

    Par contre, je pense que Descartes délaisse Helena et sa fille parce qu’il est lui-même poursuivi pour ses idées avant-gardistes et ne veut pas que ça se répercute sur elles.

    Merci pour cette jolie chronique.

    • Audrey says:

      Hum… tu n’as peut-être pas tort. Je n’ai pas du tout pensé à ça durant ma lecture, peut-être parce que je suis un peu conditionnée par d’autres lectures, d’autres histoires. Mais c’est un point de vue qui se défend 🙂

      • Fanny says:

        J’ai eu l’impression que c’était sous-entendu. C’est peut-être un tort de l’auteur qui aurait surement du l’explicité un peu mieux ou un peu plus clairement.

        Trêve de blabla, j’attaque ma chronique!

        A bientôt!

    • Audrey says:

      Rien de mieux que l’hiver pour lire de bons livres bien au chaud ! 😀
      Cela dit, j’aime aussi beaucoup lire en été mais c’est vrai qu’il peut y avoir plus de distractions.

  2. A-Little-Bit-Dramatic says:

    Une très belle découverte de cette rentrée littéraire ! ! Rien que le nom de l’auteure, déjà, invite au voyage je trouve et vaut le détour ! Les Mots entre mes Mains a été une très belle lecture ! !
    Et, évidemment, très très difficile en le lisant de ne pas penser à La Jeune Fille à la Perle ! ^^
    A-Little-Bit-Dramatic Articles récents…Challenge Goodreads 2017My Profile

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