Critique La mort devant soi, Ophélie Curado

Ophélie Curado est rédactrice d’un magazine littéraire numérique, « Le Coin Littéraire » et d’un site internet « Le Journal des Lettres ». La Mort devant soi a été publié en février 2016 sur Wattpad puis sur Amazon (auto-édition). Depuis, le roman est disponible au format Kindle mais également en version papier. Le second tome est prévu pour 2018.

De quoi ça parle ?

Mélina est une jeune femme qui vit seule, depuis 11 ans, dans la ferme où ses parents ont perdu la vie. Son existence aurait pu s’étirer sans fin pendant des années encore si deux hommes étranges, messagers de la SAM (Société de l’Annonce de Mort) n’étaient venus toquer à sa porte. Cette journée qui avait commencé comme toutes les autres se finira de manière moins banale puisque Mélina apprend qu’elle n’a plus qu’une semaine à vivre. Elle peut obtenir des informations pour connaître les circonstances de cette mort programmée, à condition de payer. Et cela sera de plus en plus cher. Le jour même, elle croise la route de Marshall Sawyer, mauvais garçon par excellence mais également de la touchante Lou, qui fuit un compagnon violent.

Mon avis

Porté par de longues phrases où les métaphores abondent, le style de l’auteure ne pourra pas plaire à tous les lecteurs, c’est un fait. Pour ma part, j’ai eu besoin d’un petit temps d’adaptation pour accepter de me laisser porter par ces phrases au rythme lent mais où chatoient 1001 couleurs, 1001 détails, 1001 sensations. J’ai alors été prête à embarquer pour l’univers dépeint par Ophélie Curado, soit un Texas brûlant, hostile et quelque peu écrasant pour les personnages qui y évoluent.

Tout comme son titre peut le laisser présager, La mort devant soi est l’histoire d’une fuite en avant, celle d’une héroïne qui se trouve catapultée dans un cauchemar tel qu’elle n’aurait jamais oser l’imaginer avant qu’il ne lui tombe dessus.  Et c’est là tout le paradoxe du personnage : lasse de vivre, blasée, habitée par une mélancolie dévorante, Mélina vivait sans passion et sans but particulier jusqu’au jour où elle apprend que tout va se terminer. Sorte d’électrochoc qui la fait sortir de ses gonds et de sa routine. J’avoue que, parfois, durant ma lecture, le comportement de Mélina et ses sentiments m’ont semblé un peu étonnants, trop forts, trop exacerbés et donc, pas forcément crédibles puis j’ai essayé de remettre les choses en contexte. Car à circonstances exceptionnelles, réactions exceptionnelles. Mélina se trouve dans un trouble indescriptible, il est normal que tout aille à cent à l’heure.

…. notamment vis à vis du personnage qui est à ses côtés. Car cette quête, elle ne l’envisage pas seule mais  accompagnée de Marshall avec qui elle entretient une relation complexe, où l’abandon de soi flirte toujours avec une certaine défiance. Il est vrai que notre bad boy reste mystérieux, distant et malgré ses nombreux défauts, assez charismatique.

L’envie de vivre, de survivre, de lutter contre son destin sont des thèmes autour desquels l’histoire se déploie qui me parlent tout particulièrement et qui fonctionnent très bien en littérature. Cela nous ramène forcément à nous même, à nos propres angoisses face à la mort, à nos forces et à nos limites. Car comment réagirez-vous si l’on vous annonçait votre mort prochaine ? Seriez-vous déprimé et passif ou essayeriez-vous plutôt de comprendre, voire de conjurer le sort ?

En quelques mots,

La mort devant soi est un premier roman. Il en a les qualités et les défauts. L’enthousiasme et les débordements. A mes yeux, il aurait gagné en intensité en étant un peu plus court. Je trouve que le propos se perd un peu trop souvent dans des considérations qui, finalement, nous éloignent un peu trop de l’intrigue que j’aurais voulu plus rythmée, surtout avec un thème pareil.  Malgré tout, je salue l’audace de l’auteure qui nous propose un univers bien particulier, qui ne ressemble à nul autre. Il y a du potentiel, aussi bien dans la manière d’écrire que dans l’envie de raconter des histoires originales, avec des messages forts. Je sais que l’auteure rédige actuellement deux longues nouvelles et j’ai hâte de découvrir sa plume dans un écrit plus condensé.

 

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