Critique Meurtres pour rédemption, de Karine Giébel

Meurtres pour rédemption, en format poche, c’est 999 pages. Autant vous dire que cela faisait un moment que je n’avais pas lu un livre aussi énorme. Généralement je fuis les gros pavés comme ça car leur lecture me prend trop de temps. Comme je n’ai pas non plus des heures pour lire chaque jour, si je passe trop de temps sur un bouquin, je risque de le garder deux à trois semaines sur ma table de chevet…c’est trop !

Mais bon, il s’agit d’un livre de Giébel, comprendre : ça se lit bien. Même très très bien. Donc il est facile d’avancer très vite. Son style est toujours le même : sobre, incisif. On retrouve dans ce roman ce qui m’a rendue accro à cette auteure.

L’histoire, c’est celle de Marianne, la petite vingtaine. Voilà maintenant quatre ans qu’elle est en prison pour meurtre. Quatre ans que la violence carcérale a remplacé la violence du monde extérieur. Elle a pris perpète, elle ne sortira pas de prison ou alors, elle sortira dans très longtemps. Quotidien morose. Un beau jour, on lui offre une porte de sortie mais Marianne va-t-elle accepter le pacte sordide qu’on lui propose ? La liberté a-t-elle ce prix ?

Meurtres pour rédemption a deux qualités principales : Marianne et cette description de l’univers carcéral. Marianne, car il s’agit du portrait d’une femme blessée par la vie et qui se sert de la violence pour évacuer ses émotions. Marginale, considérée comme un véritable monstre par beaucoup (et dans certaines scènes, elle l’est, monstrueuse), elle se révèle finalement beaucoup plus touchante et agréable qu’on n’aurait pu le croire dans un premier temps. C’est un très beau personnage féminin, un personnage plein de failles et de contradictions.

La description de l’univers carcéral est également très prenante, très marquante pour les lecteurs. Certaines scènes sont particulièrement éprouvantes. Enfermés aux côtés de Marianne, on ressent bien l’oppression du quotidien et ce désespoir, celui d’une jeune femme qui certes, a gravement fauté, mais qui a été privée de liberté alors qu’elle commençait à peine son existence.

A ces deux points, ajoutons également un très beau panel de personnages secondaires…que je ne préfère pas évoquer ici car il semble difficile de parler d’eux sans donner trop d’informations sur l’intrigue.

Néanmoins, Meurtres pour rédemption ne sera pas mon polar préféré. En faisant très long, Giébel a, à mon goût, un peu noyé le poisson. L’histoire commence fort. L’histoire termine fort. Mais entre les deux, c’est tranquillou. Pépère. Non pas qu’il ne se passe rien, mais il ne s’y passe quand même pas grand-chose et j’ai trouvé que certaines scènes se répétaient inlassablement (Marianne en prend plein la gueule en prison : épisodes 1 à 56). C’est bon, on avait fini par comprendre que c’était l’enfer pour elle… Une certaine lassitude s’est installée dans ma petite tête et après avoir lu plusieurs critiques de lecteurs, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à avoir éprouvé un tel sentiment de grande lassitude. En somme : il faut attendre d’avoir lu plus de la moitié du roman pour enfin arriver à l’intrigue en tant que telle, du moins à l’histoire qui nous est racontée en quatrième de couverture. Ça fait long comme attente. Au bout d’un moment, j’avais vraiment envie que l’histoire commence pour de vrai.

Meurtres pour rédemption est un très bon livre mais contrairement à beaucoup de lecteurs, il ne m’a pas laissée sur le cul. Je n’ai pas été bouleversée, juste très bien divertie et c’est déjà pas mal ! A mon sens, un livre comme Jusqu’à ce que la mort nous unisse est beaucoup plus fort, beaucoup plus réussi.

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