Critique Messe noire, Olivier Barde-Cabuçon

Depuis que je suis toute petite, je fais des fixations. Dès que je me mets une idée en tête ou dès que je souhaite avoir quelque chose, je n’arrive pas à m’en détacher et ce, jusqu’à ce que je l’ai pour de bon. Aujourd’hui, je fais toujours une fixation sur les livres et dès la fin de Casanova et la femme sans visage, j’ai su qu’il m’a fallait absolument acquérir Messe Noire. Et tout de suite ! J’aurais pu attendre, prendre mon temps, digérer la première histoire. Cela aurait été bien mieux ! Mais impossible ! Malgré mon envie de les enchainer, j’ai donc laissé passer UNE nuit entre la fin du premier et le début du second. C’était déjà beaucoup pour moi.

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L’histoire : Une nuit glaciale de décembre 1759. Le corps sans vie d’une jeune fille est retrouvé sur une tombe, au cœur d’un cimetière parisien. A part le cadavre, peu d’indices ont été laissés sur place. Volnay et le moine trouvent pourtant une hostie noire, un crucifix et plusieurs empreintes de pas qui les mettront sur la piste de plusieurs suspects. Les messes noires qui avaient entachées le règne de Louis XIV sont elles de retour ?

Particulièrement sombre, l’intrigue de Messe noire nous plonge, de rebondissement en rebondissement, dans un Paris toujours plus pittoresque et inquiétant. Outre le fait qu’il m’a été agréable de retrouver des personnages grandement appréciés, j’ai aimé replonger dans cette ville labyrinthique, crasseuse et un brin dangereuse. Comme dans le premier volet, l’auteur insiste beaucoup sur l’ambiance des rues et des ruelles tandis que l’arrivée de l’hiver lui permet d’en remettre une couche quant à l’extrême pauvreté du peuple. Misérable, crevant de faim et de froid, il couve toujours une révolte à laquelle Volnay espère un jour prendre part. En somme, les descriptions sont prenantes de par leur réalisme sans être jamais pesantes ou trop érudites.

Voilà bientôt 6 mois que Chiara est repartie en Italie (et que l’enquête avec Casanova a été bouclée) et Volnay, toujours aussi froid et insensible en apparence, ne peut s’empêcher de soupirer après elle. Ce personnage féminin va pourtant être éclipsé par deux nouvelles femmes, non moins intéressantes : Hélène et l’Ecureuil. La première, très mystérieuse et fascinante, est lancée dans l’enquête par Sartine et ce, pour des raisons obscures que nous ne connaitront qu’à la toute fin. Notre duo d’enquêteurs va donc être obligé de fonctionner avec, aux basques, cette jeune femme un peu sorcière et surtout très instruite (faut il lui faire confiance ??). L’Ecureuil, quant à elle, est une jeune prostituée à laquelle Volnay va avoir affaire. Cette petite rouquine de 16 ans va permettre d’humaniser un peu le personnage du commissaire aux morts étranges tout en l’aidant ponctuellement dans l’avancée de son enquête.

Dans ce Paris de 1759, on craint Dieu autant que Satan et les pulsions des plus nobles sont aussi basses que celles du peuple. L’auteur évoque les messes noires sous Louis XIV avec la fameuse affaire Mme de Montespan/La Voisin qu’a finalement étouffé le roi, l’affaire le concernant directement. Ses rituels sataniques sur fond historique, dans un décor de cimetière, m’ont évidemment enthousiasmées pour la tonalité « gothique » qu’ils apportent à l’intrigue. Pourtant, pas de crainte à avoir si on a le cœur sensible : l’humour n’est jamais bien loin et l’auteur mêle très bien enquête, raison et réflexion avec des passages plus légers où le charisme de ses personnages est plus que jamais présent.

Messe Noire ne m’a donc pas déçue, loin de là. Il a été un caprice largement à la hauteur de mes attentes de lectrice !!

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