Critique Marie et Bronia, Natacha Henry

Natacha Henry est une essayiste féministe, une historienne et une journaliste franco-britannique. Elle a publié de nombreux ouvrages dont Les mecs lourds ou le paternalisme lubrique en  2002 chez Robert Laffont ou bien Ces femmes qui ont fait la France, 25 portraits chez City Editions en 2009.

L’auteure. (Je n’ai pas trouvé le nom du photographe ni une source sûre à ajouter en légende)

De quoi ça parle ?

Marie Curie et Bronia Dluska seraient-elles entrées dans l’histoire si elles n’avaient pas été soeurs ? Varsovie, fin du XIXe siècle. Marie et Bronia, deux soeurs vivant dans une Pologne asservie par la Russie, n’ont qu’une obsession : aller à l’université. Marie rêve de devenir chimiste, et Bronia, médecin. Malheureusement, l’occupant russe interdit aux femmes de faire des études. C’est compter sans l’esprit de rébellion des deux jeunes filles… Un soir d’automne, à la lueur d’une lampe à pétrole, les deux soeurs décident de sceller un pacte incroyable, qui les mènera jusqu’aux portes de la Sorbonne, à Paris

Mon avis

Chez moi, les achats de livres non réfléchis sont rares. Tout simplement parce que, sans jouer à la Cosette, je ne peux pas me permettre de dilapider mes euros à tous les vents. Oui, chez moi, l’achat d’un livre (et plus particulièrement d’un grand format) c’est du sérieux et sauf à de très rares occasions, je m’assure de sa capacité à me plaire avant de sortir ma CB. C’est aussi pour ça que je fais peu d’erreurs dans le choix de mes lectures : je sais presque toujours dans quoi je mets les pieds.
Pour ce qui est de Marie et Bronia, c’est différent puisque je l’ai acheté sans avoir lu la moindre critique.

Je savais qu’il parlait de Marie Curie et de sa sœur et puis j’étais littéralement tombée amoureuse de sa couverture (en même temps, elle correspond parfaitement à ce que j’aime…enfin surtout sans le bandeau  » destin exceptionnel… » qui gâche un peu tout).

Je ne vais pas entretenir le suspens pendant très longtemps : j’ai trouvé ce que j’attendais dans ce roman et j’ai pu apprendre pas mal de choses sur l’occupation Russe en Pologne, sur ces étudiantes polonaises féministes qui se regroupent en cette « université volante » pour apprendre au nez et à la barbe des milices qui les traquent en ville mais évidemment, j’ai beaucoup appris sur Marie et Bronia Skłodowska, deux sœurs cultivées, intelligentes et avides de vivre une vie à la hauteur de leur espoirs (des rêves qu’elles pouvaient caresser grâce à la beauté et à l’ouverture de l’éducation dont elles avaient profité depuis le plus jeune âge).
Je ne connaissais pas grand chose de leurs origines, de leur famille ni de leurs parcours réciproques, ni même de ce soutien mutuel qu’elles se sont prodiguées pour arriver à leurs fins et j’ai trouvé ça… BEAU ! La beauté du lien qui unit les deux sœurs (un lien réel, tout sauf fictionnel) fait partie des raisons pour lesquelles ce livre est à lire.

Autre découverte majeure : Bronia.

Vous l’aurez compris, je suis loin d’être incollable sur Marie Curie mais évidement, je connaissais certaines informations la concernant (que nous connaissons tous). J’ignorais en tous cas tout de Bronia, sa sœur aînée et j’ai adoré découvrir le profil de cette femme aimante, véritable soutien et médecin à une époque où les femmes n’avaient guère accès aux études scientifiques.

Le souci dans tout ça ?

Marie et Bronia a été publié chez Albin Michel Jeunesse et a priori, avec mes 32 printemps, je ne suis pas la cible n°1. Parfois, ça ne me gène pas. A d’autres moments, c’est plus embêtant, notamment lorsque le sujet est réaliste (qu’il ne s’agit pas d’un roman de fantasy, par exemple) et qu’il m’intéresse. En tant que lectrice adulte et fascinée par ce genre de destins féminins, par les romans historiques en général et par tous les thèmes évoqués dans ce roman, j’ai été souvent frustrée. J’en voulais plus. J’aurais aimé que certains passages soient plus développés par exemple, plus fouillés…. Autant de choses qui ne sont pas forcément compatibles avec la littérature jeunesse. J’en ai conscience.
A la rigueur, il faudrait peut-être que je me tourne plutôt vers la biographie écrite par la même auteure, sur les mêmes sœurs, dans laquelle je trouverais certainement les informations approfondies qui m’ont manqué dans ce roman.

En quelques mots,

Marie et Bronia n’a pas été le coup de cœur attendu mais j’ai malgré tout beaucoup aimé ma lecture car elle m’a appris beaucoup de choses sur les deux sœurs et m’a montré à quel point leurs parcours réciproques étaient passionnants ! Elles sont vraiment très attachantes. Leur courage et leur force de caractère m’ont vraiment touchée. C’était un joli roman, bien qu’un peu frustrant pour moi… Je sais qu’il conviendra assurément très bien aux lectrices adolescentes amatrices de romans historiques !

6 comments

  1. A-Little-Bit-Dramatic says:

    J’avais déjà repéré ce roman, sur Instagram je crois bien et je me suis rendu compte qu’il n’était pas très connu.
    Ta chronique me permet d’y voir plus clair et, peut-être, me tourner vers le second livre que tu présentes et non pas le premier, du coup. Je trouve le destin de ces deux femmes fascinant à bien des égards mais je me rends compte que je ne les connais pas vraiment, à plus forte raison lorsqu’il s’agit de Bronia.
    Je note donc ! 😉 Merci pour ce billet !
    A-Little-Bit-Dramatic Articles récents…Le Chardon et le Tartan, tome 7, L’Echo des Cœurs Lointains, partie II, Les Fils de la Liberté ; Diana GabaldonMy Profile

    • Audrey says:

      L’écriture est loin d’être enfantine ou mauvaise mais il est vrai qu’on pourrait en attendre un peu plus. Du moins, le roman donne envie d’en savoir bien plus ! 🙂
      J’espère que tu auras l’occasion de découvrir la biographie croisée des deux sœurs ! Elle m’intéresse beaucoup aussi. Elle est sortie en 2015 donc encore facile à se procurer en neuf !

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