Critique manga : Scumbag loser

Ceux qui lisent et achètent régulièrement des mangas le savent : éprouver une passion pour ces bd japonaises peut vite revenir cher. La faute aux souvent très nombreux volumes qui composent une série. Quand on sait que maintenant, un manga coute environ 7 euros, à la longue, on peut vite se ruiner (surtout quand on lit plusieurs œuvres en même temps)… Ecrit par Mikoto Yamaguchi et proposé aux éditions Ki-oon, Scumbag Loser sera quant à lui gentil avec votre portefeuille étant donné qu’il ne comporte que trois volumes.

Il nous raconte l’histoire de Masajiko Murai qui n’est autre qu’un ado obèse et associable. Sans amis, sans petite amie, il mène une vie misérable de loser. Pour combler le vide de son existence, il voue un véritable culte à Haruka Mizusama, une amie d’enfance, dont il prétend être le petit ami. Or, c’est peu après cet épisode que la jeune fille débarque directement dans sa classe. A la grande surprise de Murai, elle joue le jeu auprès de leurs camarades et accepte d’être considérée comme sa copine. Or, Haruka est censée être morte. Quelle est donc l’étrange créature qui se balade à ses côtés ?

J’ai commencé et fini le premier volume avec satisfaction il y a quelques mois. Pourquoi ? Parce que j’ai trouvé l’histoire terriblement malsaine alors qu’elle avait, a priori, des airs de comédie (notamment grâce à la présence d’un anti-héro particulièrement gratiné…). Considéré comme un moins que rien, Murai se fait constamment marcher sur les pieds et le pire, c’est que nous, lecteurs, n’éprouvons pas beaucoup d’amitié pour ce personnage guère sympathique. S’il m’a été impossible d’avoir de la pitié pour lui, j’espérais quand même qu’il s’en tire mais quand un souci est terminé, un autre commencé. Sans être hyper sombre et déprimante non plus, l’histoire ne prête pas à sourire et la condition humaine est présentée sous un jour assez…défaitiste. On se prend au jeu.

Ma plongée dans le tome 2 a été beaucoup plus mitigée. Déjà parce que j’avais mal compris la fin du premier tome qui, après relecture, me semble en effet légèrement ambigüe. Quant au déroulement de l’histoire, étant donné qu’elle avance toujours plus loin dans l’horreur et le désespoir…et bien elle perd un peu en crédibilité. Le volume 3, dans la lignée du 2, avec son final pas vraiment convaincant à mes yeux, n’a pas du tout été une révélation pour moi. Impossible d’en dire plus sans révéler le contenu de l’histoire. Il y a finalement peu de surprises, inutile donc de révéler les quelques rebondissements.

Au départ, le manga mêlait habilement critique sociale, humour et horreur. Je l’ai trouvé original et particulièrement prometteur. Mais je me suis finalement très vite désintéressée du parcours des différents personnages. L’introduction du fantastique dans le récit ne m’a pas vraiment convaincue car cela vire rapidement au too much.

Enfin, si je n’ai pas spécialement accroché aux dessins, j’ai aimé l’apparence globale du manga. Mention spéciale aux trois couvertures aux couvertures flashy et aux dessins en relief qui sortent un peu de l’ordinaire.

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