Critique Maîtres du jeu, de Karine Giebel

« La nuit, tout est plus beau…..La laideur intrinsèque du monde, la pourriture qu’exhalent ses entrailles, tout cela est mis entre parenthèses le temps d’un songe. Il n’y a que la solitude et les angoisses pour être exacerbées. Plus de bruits parasites, de mots inutiles, d’occupations futiles ou de déguisements dérisoires: face au noir, au silence, tout devient évident. Et intolérable. La nuit nous prépare à la mort, à doses homéopathiques; un granule tous les soirs ».  

 J’ai déjà croisé plusieurs fois le nom de Karine Giebel sur les blogs et j’étais vraiment intriguée par ses bouquins. C’est pourtant presque par hasard que j’ai ouvert ce petit recueil de nouvelles (à 2.90 euros) où l’on trouve Post Mortem et J’aime votre peur, deux histoires qui ont vraiment fait forte impression sur moi.

Post Mortem

L’histoire : Morgane Agostini est une belle actrice qui connait un véritable succès. Un beau jour, elle est convoquée chez le notaire car un de ses admirateurs lui a bizarrement légué une maison en Ardèche. Elle y débarque quelques jours après, avec son mari, mais ne s’attend pas à voir le piège se refermer sur elle.

Mon avis : beaucoup plus complexe qu’à première vue, cette nouvelle m’a vraiment retournée et surprise. Si ma lecture a été rendue très fluide par le style plutôt simple de l’auteur, j’ai eu l’impression d’être malmenée de bout en bout et surtout, de faire face à des péripéties que je n’aurais jamais pu imaginer dans les premières pages. Je ne connais pas du tout l’œuvre de l’auteur mais j’ai eu ici un bel échantillon de son talent grâce à une intrigue vraiment cruelle, désagréable et agréable à lire à la fois.

J’aime votre peur

L’histoire : Maxime Hénot s’est enfuit de l’hôpital psychiatrique dans lequel il purgeait une peine pour meurtres. Avec une courte cavale, il s’incruste dans une sortie scolaire, organisée dans le Vercors. Yann Dumonthier, qui l’avait arrêté six ans plus tôt, est à nouveau sur l’enquête.

Mon avis : cette nouvelle est beaucoup plus classique que la première et son impact est un peu moins fort mais je l’ai également lue avec beaucoup de plaisir. La tension est vraiment croissante et à partir d’un certain stade, il est franchement difficile de lever les yeux du bouquin. J’ai aimé que l’auteur change constamment de points de vue entre trois personnages et joue avec les narrateurs [car durant une grande partie de la nouvelle, on demande qui est vraiment le tueur entre les deux hommes qui participent à la sortie scolaire (Gilles ou Luc ?)]. Cela parait tout simple, dit comme ça, mais durant la lecture, ce doute te fout vraiment dans un drôle d’état d’esprit.

2 comments

  1. Zofia says:

    Je n’ai pas lu celui-là mais comme tu le sais, les Karine Giebel m’ont tous fait une forte impression. Dans cette chronique, j’ai un peu l’impression que la première nouvelle se rapproche de ce que j’ai pu ressentir en lisant Les morsures de l’ombre.

    En tous les cas, j’ai pas mal de retard dans ma lecture de ton blog 😉
    Zofia Articles récents…2014My Profile

    • Audrey says:

      Disons que c’est juste deux nouvelles donc je pense qu’il est plus intéressant de commencer par de vrais romans, comme tu l’as fait de ton côté ! J’ai été particulièrement intéressée par les titres que tu as présenté sur ton blog et comme je l’avais écrit à ce moment là, je compte bien en lire plus ! 🙂 Reste à insérer quelques titres au milieu des lectures prévues !

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