Critique Love Murder, Saul Black

Derrière le pseudo Saul Black se cache en réalité Glen Duncan, un écrivain britannique notamment auteur de la trilogie fantastique du Dernier Loup-Garou. Love Murder est son second thriller, sorti le 5 octobre 2017 aux éditions Les Presses de la Cité et traduit par  Laurent PHILIBERT-CAILLAT.

Crédit photo : © Michael Lionstar

De quoi ça parle ? (résumé éditeur)

Une nymphe à la beauté inquiétante, Katherine Glass, patiente dans le couloir de la mort pour avoir torturé puis assassiné une dizaine de femmes. Mais son partenaire dans le crime, l’Homme au masque, court toujours… Et six ans après les meurtres, il recommence à tuer. Valerie Hart, l’inspectrice à qui l’on doit l’arrestation de Katherine, est décidée à enfin clore le chapitre. Pour parvenir à ses fins, elle est même prête à rendre visite à la vénéneuse détenue – cette femme qui éveille en elle des pulsions dangereuses et semble lire dans l’intimité de son couple. Avec cette nouvelle enquête de Valerie Hart, intrépide femme flic et fumeuse impénitente, Saul Black renouvelle son tour de force : emporter le lecteur dans une course-poursuite qui mêle humour, intelligence, suspense et tourments de l’âme.

Belle couverture hein ?

Mon avis

Vous le savez, j’adore les thrillers et j’adore découvrir de « nouveaux » auteurs de thrillers. Quand j’ai reçu ce roman, j’avais bien trop de lectures en cours pour l’ouvrir immédiatement mais dès que cela a été possible, je me suis jetée dessus et je ne l’ai pas relâché avant d’avoir découvert tous les secrets qu’il cachait entre ses pages. Ce que j’ai aimé ? Son rythme haletant, son histoire, bien sûr, mais aussi la plume de l’auteur qui m’a d’emblée parlé.

Oui, j’adore les auteurs de thrillers mais pour être honnête avec vous, c’est rare que je trouve leur plume belle. J’aime quand ils sont efficaces, j’aime aussi quand ils sont cruels, qu’ils me malmènent tout comme ils malmènent leurs personnages mais j’ai rarement envie de relire certains passages, juste parce que je les trouve beaux. Or, c’est quelque chose qui m’est arrivé deux ou trois fois en lisant ce roman. Certains mots, certains sentiments m’ont interpelée. Alors oui, je crois qu’on peut dire que j’ai trouvé ce roman vraiment bien écrit. En plus de ces jolis moments littéraires, je pourrais aussi évoquer l’humour de certains dialogues, la fluidité de certaines répliques et cette capacité à nous happer, à retenir notre attention sans trop en faire.

Car si, dans ce roman, l‘auteur raconte des crimes abjects, c’est sans jamais s’étaler dans l’horreur facile ou dans l’insoutenable, une « dérive » à laquelle se laissent aller bien des auteurs qui évoluent dans ce genre. Ok, des fois c’est justifié, c’est utilisé à bon escient. Et puis parfois, c’est juste trop. Je pense notamment à certains romans où des séries de viols ou de meurtres sont racontées en détails, presque les uns après les autres, jusqu’à l’écœurement. Ici Saul Black parle bien de crimes ignobles, perpétrés par des personnes ignobles MAIS sans se complaire dans l’horreur. Et finalement, quoi que j’en dise, ça me convient bien plus que le gore.

Je pourrais vous parler de tous les personnages de ce roman et des liens qu’ils entretiennent les uns avec les autres mais cela reviendrait à vous en dire trop sur l’histoire. Impossible, cependant, de ne pas évoquer celui de la mystérieuse et si troublante Katherine avec laquelle tout commence et tout fini. Belle, dotée d’une intelligence et d’une culture hors du commun, elle parait trop parfaite pour être l’incarnation du Mal et pourtant… J’attendais avec impatience tous les moments où Valérie Hart, notre enquêtrice (une femme de poigne comme souvent dans ce genre de roman), allait discuter avec elle car leurs conversations, pleines de sens cachés, étaient un véritable délice à lire. Finalement, c’est elle, et non pas ce fameux Homme au masque (même s’il court toujours) qui est la plus inquiétante et la plus fascinante, aussi. Étonnant comment l’auteur a réussi à faire d’un personnage emprisonné, le cœur du roman.

En quelques mots,

Efficace, Love Murder est à conseiller à tous les amateurs de thrillers (ben oui, forcément !). Il conviendra tout particulièrement à ceux et celles qui apprécient les personnages ambigus et qui savent que la frontière entre humanité et monstruosité est parfois très fine. L’histoire se déroule avec fluidité et la tension, omniprésente, est sans cesse relancée par de nouveaux rebondissements. Une lecture agréable même si je n’ai pas spécialement accroché avec l’équipe de flics et notamment avec Valérie. A mes yeux, son personnage ressemblait un peu à tous ceux de ces femmes flics que j’ai déjà croisé dans ce genre d’ouvrage. Peut être est-ce ma faute ? J’ai lu un livre de Lisa Gardner en parallèle et j’avais l’impression que Valérie Hart et D.D. Warren (l’inspectrice chez Gardner) n’étaient que deux variations de la même identité.

7 comments

    • Audrey says:

      Je n’ai pas trouvé de longueurs dans celui là mais je serai curieuse de découvrir son premier thriller ! Il me faisait envie ! Si les longueurs ne sont pas trop longues (^^) ça devrait aller car j’aime bien sa manière d’écrire.

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