Critique Lost River

Sortie : 8 avril 2015

J’attendais avec impatience la sortie de Lost river qui n’est autre que le premier film de Ryan Gosling en tant que réalisateur. J’en attendais beaucoup et en même temps pas grand-chose car j’avais lu des critiques le comparant à Only god forgives, un film que j’avais trouvé à la fois très beau et très chiant. Or, s’il a des qualités esthétiques notables, Lost river est un film beaucoup plus digeste et qui ne pourra vous laisser indifférent.

Poétique, macabre, onirique et carrément bizarre… voilà une pincée de qualificatifs qui pourraient parfaitement décrire Lost river. Ce qui est génial, c’est que Ryan Gosling a écrit son 1er film en plus de le réaliser. Il s’agit donc d’une œuvre totalement originale, non d’une énième adaptation de tel ou tel bouquin et ça, ça me plait.

Voilà pour l’introduction. Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, et bien…elle est à la fois compliquée et presque inexistante puisque c’est davantage un film d’ambiance qu’un film d’action.

Nous sommes dans une ville fantôme où tous les habitants désertent peu à peu. Les maisons sont abandonnées, puis détruites. Billy, une mère célibataire, vit avec ses deux fils (un petit et un grand, Bones) dans la maison de sa grand-mère et cette maison, elle y tient ! La petite famille subit de plein fouet la crise économique et Billy va devoir se lancer dans un bien étranger métier pour faire survivre ses enfants… Son aîné a quant à lui découvert une route secrète vers une ville engloutie. Encouragé par sa voisine Rat, il va chercher à percer ce secret et peut être lever la malédiction qui pèse sur la ville.

Personnellement, les histoires troubles et sombres m’intéressent toujours et ce, même si elles n’ont ni queue ni tête. Dans Lost River, il y a de nombreuses pistes : la cité engloutie, la love story entre Rat et Bones, le job de Billy dans un cabaret macabre avec l’étrange Cat mais également tout un fond économico-social qui est finalement peu exploité. C’est…luxuriant ! Autant vous dire que l’intrigue est morcelée et que toutes ces sous intrigues ne mènent nulle part en particulier. Ça peut surprendre… mais pourquoi ça marche alors ?

Ça marche parce que Lost River dure seulement 1h35 : pas le temps de s’ennuyer, ni même de se lasser. Toutes les scènes ont leur intérêt, il n’y a rien à jeter. Ça marche parce que la BO colle magnifiquement aux images. Ça marche parce que le travail sur la lumière et sur les couleurs est merveilleux. Ça marche parce que Lost River est un film mystérieux et que les décors quasi apocalyptiques ont forcément quelque chose d’hypnotisant. Parce qu’il y a une tension permanente. Parce que les acteurs sont vraiment bien choisis et qu’il est presque triste de quitter les personnages lorsqu’arrive le générique de fin.

Pour le reste, je ne peux pas vous raconter mais je vous conseille d’aller voir ce film dès que possible !

En conclusion, je pourrais dire que Lost river est un 1er film terriblement ambitieux et pas forcément conçu pour être un film commercial, comme on dit. C’est un film d’ambiance où les amateurs d’action s’ennuieront (j’ai souvent lu le qualificatif « creux », autant vous dire que je ne suis pas d’accord). Les autres sauront apprécier à leur juste valeur cette atmosphère étrange et ces images fortes qui resteront longtemps en tête. Personnellement, je me suis laissée porter de A à Z et pourtant, j’avais vraiment peur de ne pas accrocher !

7 comments

  1. Zofia says:

    Je pense le voir cette semaine, j’ai lu un article sur ce film dans Studio où Ryan explique comment il a tourné, il trimballait sa caméra un peu partout sans vraiment savoir quoi filmé au départ (mais bon je pense que tu as aussi lu l’article ^^)
    En tous les cas, ça fait des semaines que dans mon ciné y a que des merdes mais là j’ai droit à Birdman, Lost River, Still Alice et Dark Places donc du plaisir en perspective 😉
    Zofia Articles récents…L’oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar, 8/42My Profile

    • Audrey says:

      Non je t’avoue que je n’ai rien lu à propos de ce film… ! Donc je n’ai pas eu connaissance de cet article, ni du travail de Ryan. Je me suis lassée des magazines ciné en fait que je trouve chers et finalement pas toujours intéressants (enfin pour moi !). J’ai arrêté de les acheter/de m’abonner quand je me suis rendue compte que je n’en lisais même pas le tiers ^^

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