Critique L’homme qu’on aimait trop

Sortie : 16 juillet 2014

J’étais curieuse de voir le dernier André Téchiné et ce, malgré un casting qui ne m’aguichait pas plus que ça.  Vous le savez peut-être, L’homme qu’on aimait trop revient sur l’affaire Agnès Le Roux. Nous sommes alors en 1976 et Agnès revient juste d’Afrique où son mariage a finalement pris l’eau. Elle rentre à Nice, chez sa mère Renée, propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée. C’est là qu’elle rencontre Maurice Agnelet, homme de confiance et avocat de sa mère (légèrement arriviste le mec). La suite, on la connait : quelques transferts d’argent, une trahison familiale et une disparition plus tard, tout ce beau monde se retrouvera au tribunal, quelques décennies après les faits. Une seule manque à l’appel : Agnès. Et pour cause : elle a disparu mystérieusement à la Toussaint 1977.

M’intéressant aux grandes affaires policières, je connaissais cette histoire et son issue, enfin dans les grandes lignes. J’ai donc su apprécier ce film particulièrement méticuleux qui prend l’histoire de A pour la mener jusqu’à Z sans négliger un seul détail. L’homme qu’on aimait trop est en effet un film qui prend son temps, qui pose les personnages, qui tisse des liens progressifs entre eux rendant les différentes relations très crédibles. Les faits sont exposés les uns après les autres, bien qu’entrecoupés de quelques ellipses (souvent bien pratiques pour les réalisateurs, j’imagine).

Les décors somptueux de la villa de Renée, le casino et la mer, dans laquelle Agnès plonge toutes les 5 minutes donnent un cadre idyllique à l’intrigue bien que la vision de cette Côte d’Azur m’ait semblé un peu cliché et surtout, assez superficielle. A par le bord de mer, le magasin d’Agnès et quelques pas de portes, on ne verra rien de Nice. Dommage quand même !

Le film est plutôt bien joué (je supporte de moins en moins Canet et je ne suis pas hyper fan du jeu de l’actrice principale, contrairement à beaucoup de personnes qui en font l’éloge partout sur le net) mais n’est pas hyper passionnant non plus. Il dure presque deux heures et j’avoue que la dernière demi-heure m’a parue un peu longue. Il faut croire qu’il y a un cruel problème de rythme dans l’histoire. Le procès à retardement, les différentes versions des personnages… après avoir vu se dérouler toute l’histoire devant mes yeux, cela m’a paru un peu redondant. De plus, la réalisation, le style du film, la façon de traiter le sujet… rien ne m’a paru moderne dans L’homme qu’on aimait trop, d’où une certaine pesanteur générale, une lourdeur un peu vieillotte, une ambiance légèrement moisie.

En somme L’homme qu’on aimait trop est un film tout à fait correct mais TERRIBLEMENT classique et, pourrait-on dire, assez plat car manquant d’intensité (pas une seconde je ne me suis sentie concernée par le destin des personnages). Pourquoi ? Sans doute parce que Téchiné, à aucun moment, ne prend parti. Rien ne sera jamais tranché dans l’histoire. Agnelet est-il coupable ? Où est passée Agnès ? Le film ne nous donne aucune réponse mais en même temps, il aurait été très audacieux et irrévérencieux de le faire (et puis pourquoi se faire chier à prendre des risques quand on peut faire dans la tiédeur, hein, je vous le demande ?). Il nous donne donc à voir des faits et rien que des faits. A vous de voir si cela vous suffit ! Même si ma critique a l’air principalement négative, sachez que j’ai quand même regardé ce film avec attention, bien que sans beaucoup de passion. Je ne le conseille pas mais je ne vois pas le déconseiller pour autant !

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