Critique L’étrangleur de Cater Street par Anne Perry

Anne Perry est LE grand nom du polar victorien. Or, avant de traîner sur certains blogs, je ne la connaissais absolument pas.  Il m’a semblé quand même logique de tester au moins un bouquin de la dame et je me suis, en toute logique, tournée vers le tout premier volume de la série consacrée à Charlotte et Thomas Pitt. Aujourd’hui, je crois que cette série comprend 30 volumes (si je ne me trompe pas) ! Mais j’ai également cru comprendre que cette auteure prolifique n’est pas toujours très constante et que certaines de ses intrigues sont bien moins intéressantes que d’autres.

En tous cas, L’étrangleur de Cater Street est exactement le genre de lectures qui me rend heureuse, le bouquin étant un juste mélange entre une romance très bien dosée (ni trop mièvre, ni trop prenante) et une enquête policière plutôt intéressante à suivre (bien que très classique et sans grandes surprises).

L’histoire est la suivante : Charlotte Ellison ne correspond pas vraiment à l’image que l’on se fait d’une jeune fille de bonne famille. A 23 ans, elle a bien du mal à accepter les codes de la vie de salon, se plie de mauvaise grâce aux rituels de la vie quotidienne (comme les visites chez le pasteur qu’elle déteste) et s’ennuie pas mal à l’heure du thé (surtout quand sa chère grand mère se lance dans ses monologues moralisateurs)… Ce que Charlotte aime, c’est lire le journal en cachette et surtout, parcourir les colonnes qui évoquent les faits divers les plus sordides de Londres (une manie qui horripile son père). De lointaine, l’horreur devient pourtant voisine puisqu’un étrangleur rôde dans le quartier des Ellison. L’inspecteur Pitt enquête sur ces meurtres successifs.

En premier lieu, je dois avouer que j’ai beaucoup apprécié ma rencontre avec Charlotte, une fille franche, directe mais non pas hystérique ou complètement agressive comme on pouvait s’y attendre en lisant le résumé. Si elle passe pour une originale (surtout en comparaison de ses deux sœurs, très « comme il faut »), Charlotte est loin d’être une aventurière qui se prend pour le chef des troupes, non non… Parfois impertinente, elle est souvent dans le juste et met toujours le doigt où cela fait mal. Elle n’est ni vertueuse, ni malsaine. En cela, elle devient un personnage très crédible… tout comme le reste de sa famille (Edward, Caroline, Dominic… autant de personnages qu’il est très facile de se représenter).

La rencontre de Charlotte et de Thomas Pitt est un vrai bonheur. Elle donne lieu à des scènes mignonnes, tendres et pleines de maladresses, autant d’éléments qui nous font immédiatement adorer ces deux personnages (si ce n’était pas encore le cas !).

L’enquête en elle même n’a rien de super novateur. Elle serait même simplette…. Cela dit, j’ai quand même pas mal hésité entre divers coupables éventuels. Forcément, Anne Perry cherche constamment à nous mettre sur de mauvaises pistes : à vous de démêler le faux du vrai ! L’intrigue et le style de l’auteur n’ont en tous cas rien à voir avec ceux de Lee Jackson, autre écrivain qui bosse dans le domaine du polar victorien. Anne Perry ne nous fait pas sortir du microcosme d’une famille aisée et de son voisinage donc le Londres victorien n’est finalement qu’une toile de fond.

Bref, tout ça pour dire que L’étrangleur de Cater Street est une excellente surprise et un grand bonheur pour la lectrice que je suis. Évidemment, je ne compte pas lire les 30 bouquins à la suite mais je me suis quand même procuré le second, Le Mystère de Callander Square. D’ici là, j’espère quand même avoir l’opportunité de lire un ou deux nouveaux Agatha Christie (puisqu’on m’en a prêté une autre petite dizaine).

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