Critique Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, d’Olivier Gay

« Tout était beaucoup plus facile lorsqu’on était beau. Elle s’appelait Mei, venait de Corée, tentait de percer comme actrice tout en vendant des fringues pour gagner sa vie. L’histoire de beaucoup de filles de la nuit. Je trouvais ça admirable d’avoir un rêve. Tant de personnes se contentaient d’avancer dans la vie sans chercher plus qu’un lendemain semblable au jour précédent. Evidemment, elle se planterait. Mais c’était beau quand même ».

Je fais constamment des listes de livres à acheter et à chacun de mes anniversaires, ou pour Noël, je passe ces listes à ceux et celles qui veulent bien me faire des cadeaux ^^ Les talons hauts rapprochent les filles du ciel m’a donc été offert par mes parents. Je ne me rappelais que très vaguement du résumé que j’avais trouvé sur le net, par le plus grand des hasards. J’avais surtout craqué sur ce titre que je trouve admirable.

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel est le premier roman d’Olivier Gay. Il nous raconte l’histoire de Fitz, la trentaine, beau gosse, parisien et accessoirement… dealer. Loin d’avoir des ambitions de folie, il vend suffisamment de coke pour pouvoir claquer sa thune dans des fringues de marque et bien entendu, flamber en soirées. Pas plus. Car ce clubber aime sortir dans les boîtes les plus branchées de la capitale. Il y trouve ses clients mais aussi les filles qu’il collectionne. Mais surtout, il aime avoir la paix.

Un beau jour, son ex Jess, lieutenant, lui parle de meurtres atroces qui se déroulent en ville depuis quelques semaines. Des filles sont retrouvées horriblement mutilées et l’enquête est au point mort. Comme ces victimes appartiennent toutes au milieu de la nuit, Jess demande à Fitz d’enquêter discrètement car c’est le monde auquel il appartient. S’il refuse ? Et bien elle se chargera de briser sa carrière de dealeur. Pas vraiment libre de ses mouvements, Fitz se lance dans une histoire qui va se révéler beaucoup plus dangereuse que prévu.

J’étais super impatiente de commencer ce roman mais il me laisse un sentiment un peu mitigé. Je ne sais trop pourquoi mais je pense ne pas avoir vraiment accroché avec le personnage principal ni avec le style de l’auteur. Ce roman n’est pas mal écrit pour autant, loin de là, mais au fil de la lecture, j’ai remarqué plein de petits points qui m’ont agacé et qui, additionnés les uns aux autres peuvent peser lourd dans la balance. Les clichés sur les soirées parisiennes, sur les enfants de bonne famille, sur le héros qui se la joue beau-gosse-désabusé-et-cynique…. J’ai trouvé que c’était du déjà vu et que c’était dommage d’en rajouter une couche, page après page. Certaines phrases ou expressions reviennent comme des leitmotiv sans intérêt… j’ai juste trouvé ça relou en fait.

L’histoire n’est pas non plus super crédible. On parle quand même de meurtres atroces (les descriptions sont particulièrement parlantes et très bien réussies), c’est une affaire super délicate et on a du mal à imaginer que la police mette ce fêtard-buveur-dealeur dans le rôle de l’enquêteur de service. Vous vous en doutez peut-être mais Fitz va aller bien plus loin que ses nouvelles « fonctions » lui permettent mais quand même. Le rôle d’indic ne lui va pas. Surtout si on ajoute le fait que la presse, elle, n’est tenue au courant de rien.

Malgré tout, j’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce livre qui vaut quand même le coup d’œil. La tension continuelle, la description des meurtres, les nuits parisiennes, notre héros noctambule qui vit constamment en décalage… Il y a quelque chose de sombre dans tout ça et en même temps de léger car Fitz est le roi des « dédramatiseurs ». De plus, l’intrigue n’est pas si mal foutue que ça si on accepte le point que je mets en évidence dans le paragraphe précédent. J’avoue que je n’ai absolument pas vu la fin venir. Je ne suis pas une pro du polar mais quand même… De bonnes surprises malgré tout.

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel se lit facilement et rapidement. A cause de ses maladresses, il ne me laissera pas un souvenir impérissable mais il reste un premier roman très acceptable !

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