Critique Les poings contre les murs

Sortie : le 4 juin 2014

J’ai découvert la bande annonce de Les poings contre les murs juste avant de voir Maléfique. Intriguée comme j’étais, je ne pouvais pas passer à côté. Il n’y a pas longtemps, je parlais (dans un commentaire) du milieu carcéral au cinéma et de la tension terrible qui en découle pour nous, spectateurs… Les poings contre les murs en est un très bon exemple. J’y ai notamment retrouvé Jack O’Connell, l’inoubliable James Cook de la série Skins. Alors si vous aimez les « films de prison » et si un peu de violence ne vous fait pas peur, je vous conseille vivement ce film britannique (et de préférence en VO !).

Eric Love, jeune délinquant de 19 ans, vient d’entrer dans le monde des grands : une prison pour adultes. Mineur, il lutte pour s’affirmer face aux surveillants mais surtout face aux autres détenus, pas forcément très avenants (et c’est rien de le dire). Autre sujet, autre problème : son père, Neville. Enfermé là depuis des années, ce dernier n’a pas vu grandir son fils et ce n’est pas un enfant, mais un homme plein de rage et de hargne qu’il retrouve entre quatre murs.

Quand on voit beaucoup de films, on les classe forcément en deux catégories dans notre cerveau : ceux dont on se rappellera longtemps et ceux qu’on va vite oublier. Les poings contre les murs fait partie de la première catégorie. C’est peut être parce qu’il est dur, c’est peut être parce qu’il intense, c’est peut être pour son ambiance, pour son personnage principal et la relation conflictuelle qu’il entretien avec son père… mais il ne peut laisser indifférent car son histoire est à la fois brute et sophistiquée, violente et attachante.

Le film se concentre évidemment sur le personnage d’Eric qui n’est pas vraiment le petit ange de service. La question de la survie en prison, vous la connaissez sans doute déjà pour l’avoir vue dans d’autres films, certains très bons, d’autres plutôt mauvais. Les poings contre les murs ne renouvèle pas le genre mais nous plonge dans une urgence et une tension qui ne nous quitteront qu’avec l’apparition du générique de fin.

Ce qu’il y a de particulièrement intéressant dans Les poings contre les murs, c’est que ce film nous fait rencontrer un personnage  mineur dans un monde d’adultes mais un mineur qui n’a peur de rien et qui, en toute logique, ne recule devant rien. Loin d’être une victime il fait preuve d’une agressivité extrême et ce, dès les premières minutes. Pourtant, le réalisateur est arrivé à me le rendre sympathique. Petit à petit, ses failles sont mises à jour et une explication subtile de ses dérapages est mise sur le tapis. Sans jouer au psy de comptoir pour autant.

David Mackenzie gère également très habilement la mise en scène d’une relation torturée et tortueuse entre un père et son fils qui se trouvent confrontés à l’impossibilité de vivre ensemble. Retisser des liens après des années de séparation, c’est compliqué alors quand il faut s’y atteler dans un univers aussi dur et sordide, c’est simplement mission impossible. La présence de ce père est-ce une protection ou une malédiction pour Eric ? Sans doute un peu les deux. Une complication de plus qui pourrait pourtant devenir un soutien. Mais pour comprendre pourquoi, il faudra voir le film !

Les poings contre les murs s’inscrit dans l’histoire des bons films sur le milieu carcéral. Rien de bien nouveau sous le soleil car c’est un genre plutôt codifié où les décors et les sentiments ont tendance à être toujours un peu les mêmes mais les thèmes évoqués, la mise en scène, les interprétations (Jack O’Connell en tête) en font un film particulièrement réussi.

2 comments

  1. Aurore says:

    J’ai hésité à aller le voir, puis j’ai opté pour autre chose, mais je regrette un peu avec la critique que tu en fais. S’il passe encore un peu, j’essaierai de me rattraper !

    • Audrey says:

      Je l’ai trouvé très bon donc je suis tentée de le recommander même si je ne sais pas si tu l’apprécieras autant que moi. On peut sans doute lui trouver des défauts mais pour moi il est vraiment immanquable !

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