Critique Les morsures de l’ombre, de Karine Giebel

Un nouveau Karine Giebel dans ma bibliothèque : Les morsures de l’ombre. Roman relativement court et comme toujours, d’une grande efficacité.

L’histoire est la suivante : Benoît Lorand,flic, se retrouve enfermé dans une cave. A sa portée, des toilettes, un lavabo, une douche et une petite fenêtre dont lui parvient un peu de lumière. Il ne sait pas pourquoi il est là mais il y est bel et bien. Sa tortionnaire, aussi belle que folle, entend bien lui faire payer. Mais lui faire payer quoi ? Benoît a du mal à comprendre…

Quelques personnages secondaires dans Les morsures de l’ombre mais surtout une confrontation musclée entre Lydia, la tortionnaire et Ben, le prisonnier. Souffrant de la faim et du froid, ce dernier en verra franchement de toutes les couleurs. Et pourquoi ? Seule Lydia le sait. Tandis que les collègues du commandant retournent ciel et terre pour le retrouver, Lydia continue son petit jeu sordide et non emprunt de violence (physique et morale, quant à faire !). Bizarrement, j’ai tout de suite eu de l’empathie pour Lorand et du ressentiment contre Lydia. Coupable ou pas, cet homme ne mérite pas d’être traité comme un chien et j’étais pleine d’effroi et de compassion au court de ma lecture. Ce personnage masculin m’a également fait penser à celui de Vincent dans Jusqu’à ce que la mort nous unisse car ils sont deux séducteurs sans pitié pour leurs conquêtes. L’auteur aurait elle quelque chose à reprocher aux hommes ?

J’ai retrouvé le style efficace de l’auteur et sa capacité à nous tenir en haleine tout au long du roman. Vraiment une réussite d’un point de vue de l’intrigue. La fin est également excellente. Néanmoins, Les morsures de l’ombre n’est certainement pas mon polar préférée de Mme Giebel. Le fait que Lorand soit captif de la première et à la dernière page réduit quand même pas mal les possibilités narratives (même si on sort de la cave pour retrouver d’autres personnages). J’ai eu l’impression que certaines scènes dans la cave se répétaient un peu. Je comprends l’intérêt de cette répétition qui enfonce toujours plus les clous du cercueil de Benoît mais en tant que lectrice, j’aurais aimé autre chose que ce huis clos presque intégral.

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