Critique Les heures rouges, Leni Zumas

Publié par Les Presses de la Cité le 16 août 2018, Les heures rouges est un roman de Leni Zumas. Il a été traduit en français par Anne Rabinovitch.

Résumé éditeur

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère. Ro, professeur célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d’écrire la biographie d’Eivor, exploratrice islandaise du XIXe siècle. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d’avocate, des jours qui passent et se ressemblent.
Mattie, la meilleure élève de Ro, n’a pas peur de l’avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l’arrière d’une voiture… Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un provès en sorcellerie parce qu’elle a voulu aider les femmes.

Mon avis sur Les heures rouges

Dans ce roman, nous suivons plusieurs personnages notables qui permettent d’évoquer des problématiques variées. Elles ne vous plairont peut-être pas toutes, certaines vous agaceront peut-être mais elles sont toutes désespérées, en souffrance et en cela, sont attachantes et très humaines.

Il y a Roberta. La biographie. Prof d’histoire, elle a dépassé les 40 ans et veut avoir un enfant seule. Le souci ? La loi qui interdit la procréation médicalement assistée pour les femmes seules va bientôt passer et il lui reste une fécondation in vitro pour avoir la chance d’être mère. Après, cela sera foutu.

On croise également Mattie, une ado. Bonne à l’école, elle rêve de devenir une grande scientifique. Le souci ? Elle est enceinte. L’autre souci ? Une loi qui interdit l’avortement va bientôt entrer en vigueur.

Il y a aussi Susan, l’épouse et mère de famille qui manque de temps pour elle. Elle a renoncé à sa carrière d’avocate pour s’occuper de tout son petit monde. Le souci ? Elle s’ennuie. Parfois, elle pense au divorce. Souvent, elle songe à se jeter en voiture de la falaise.

Et enfin Gin, dite « la guérisseuse ». La trentaine, elle vit à l’écart du monde. Les femmes viennent la consulter de partout, le plus discrètement possible. Le souci ? Ce n’est qu’une question de temps avant qu’un procès pour sorcellerie soit ouvert contre elle.

Vous l’aurez compris : Les heures rouges met en scène une société patriarcale, moralisatrice et dont la vocation majeure semble être de réduire les libertés des femmes. Je pense que vous avez aussi saisi que les histoires de ces femmes, bien que fictives, dénoncent évidemment les éventuelles dérives du gouvernement Trump. Mais pas que, évidemment. Il n’y a qu’à se pencher sur le sujet brûlant de l’IVG, remis en question dans certaines pays d’Europe…

En quelques mots,

Roman féminin, féministe, Les heures rouges est une dystopie à découvrir… si le thème de la condition féminine vous intéresse ou vous touche. Pour ma part, l’ai lu avec intérêt. Peut-être pas avec passion. Parce que finalement, je trouve toute cette thématique assez oppressante. Difficile de se dire, en parcourant ces pages, que ce n’est « que » de la science-fiction. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette lecture fait réfléchir à des choses loin d’être légères.

13 comments

  1. Après l'averse says:

    Je suis contente de te lire ! J’ai lu hier ton avant dernière critique mais je ne l’ai pas commentée car je ne lis pas de polar. Ce livre me fait penser à la Servante écarlate, peut être que tu as lu le livre / vu la série ? J’ai seulement vu la série (et pas la dernière saison), c’est assez marquant !
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      • Après l'averse says:

        Elle est dure et parfois je me cache les yeux . L’atmosphère est très lugubre (même la lumière, les décors…). « À part les viols » (ça me tue d’écrire cette phrase) il n’y a pas trop de trucs horribles (et, encore une fois, quand c’est un peu trop sanglant je me planque). Par contre concrètement je peux pas regarder 2 épisodes à la suite. Après en avoir vu un j’ai besoin d’un truc mignon / niais / rigolo.

    • Audrey says:

      Merci 🙂
      Oui il y a des thèmes communs, enfin ça y fait complètement penser, tu as raison ! J’ai vu les deux saisons de la série. J’aime beaucoup et en même temps, ça m’oppresse terriblement !

  2. Après l'averse says:

    En revanche, j’hésite à regarder la nouvelle saison, j’ai appris qu’elle était bien glauque et si c’est pire que les précédentes je pense être incapable de la regarder. Disons que La Servante écarlate c’est ma jauge de choses que je supporte en terme de films / séries. Pire, je peux pas.

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