Critique Les hauts de Hurlevent

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Date de sortie : 05/12/12

 

Le résumé : Nous sommes en Angleterre, en plein cœur du 19ème siècle. M. Earnshaw accueille chez lui un jeune vagabond, Heathcliff. Hindley, le fils aîné, le déteste dès le premier regard mais la plus jeune, Catherine, va vite se prendre d’amitié pour ce jeune homme sauvage et mystérieux. Ils errent constamment dans la lande, à la recherche de nouvelles aventures, de nouveaux jeux. Quand Earnshaw meurt et que la maison tombe entre les mains de Hindley, les choses se corsent pour Heathcliff, ajoutée au fait que Catherine est de plus en plus souvent invitée chez leurs riches voisins…

Ce que j’ai aimé : Adolescente, je suis tombée amoureuse de Charlotte Brontë et de son Jane Eyre. C’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers un autre classique de la littérature anglaise, écrit cette fois par sa sœur, Emily Brontë. Je me suis toujours demandé comment cette fille, qui est née et a vécu principalement au cœur de la lande (donc dans un trou perdu), qui est morte à 30 ans, célibataire et sans enfants, avait pu nous écrire une histoire aussi romanesque et aussi torturée…

Je ne ferai pas de blabla supplémentaires sur l’histoire du film en elle-même, le fait étant qu’elle est bien respectée par un film qui occulte quand même une bonne partie du roman (on note notamment l’absence du narrateur et donc, de son regard neutre sur les personnages qu’il rencontre, des années après les faits).

La grande réussite de ce film, c’est sa manière de mettre en avant la nature et ses éléments, un personnage à part entière dans le roman d’Emily. Le vent souffle tout le long du film, les tempêtes régulières, la brume qui persiste, les hauteurs désolées et isolées, la boue, les larmes, la violence des coups que l’on prend même quand on ne l’a pas mérité, l’amour obsessionnel de Heathcliff pour Catherine… tout cela est là, et bien là ! Tous les sens sont mis en éveil par les couleurs, les bruits, les textures. Les scènes tournées caméra à l’épaule nous embarquent aux côtés d’une Catherine et d’un Heathcliff qui ne rêvent que de liberté. Le décor est planté.

Dans le film de Andrea Arnold on note également un parti pris particulier : Heathcliff n’est pas un personnage comme les autres, son point de vue domine sur les autres ce qui, évidemment oriente l’histoire dans un certain sens. Rabaissé, torturé, il est violent et n’est, à proprement parler, pas le héros idéal mais il faut aussi avouer que Catherine est loin d’être la petite princesse qu’elle feint d’être auprès d’Edgar…

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Ce que je n’ai pas aimé : J’ai trouvé que la seconde partie du film, autrement dit : quand les deux personnages principaux sont grands, passe bien trop vite. J’ai apprécié que leur enfance/adolescence soit bien mise en valeur car c’est sur ces moments là que repose toute l’histoire et donc, leurs sentiments mais après, les évènements s’enchainent trop vite…et c’est déjà la fin. Dommage. Je n’avais pas souvenir que cela allait si vite dans le roman. En somme, il manque un petit truc pour faire de ce film, une totale réussite. Les images sont très belles mais à partir d’un moment très précis, je ne me suis plus du tout sentie touchée par l’histoire des deux amoureux…  Je crois que cette adaptation est un poil trop austère et surtout, trop dépouillée.

En bref : Les hauts de Hurlevent par Andrea Arnold est, sans nul doute, la meilleure adaptation du film que j’ai pu voir jusque là. La violence des sentiments, la nature ingrate et magnifique à la fois ainsi que les rapports entre les différents personnages y sont exposés avec ce que je peux appeler « un grand art ». Ce film totalement envoutant ne conviendra pourtant pas à ceux et celles qui aiment les films rythmés car il y a peu d’action, peu de paroles et pas de musique.

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