Critique Les gens heureux lisent et boivent du café, d’Agnès Martin-Lugand

Avant de partir au Japon, j’avais besoin de faire le plein de livres. J’étais notamment à la recherche d’un roman pas trop prise de tête, simple et facile à lire car j’ai souvent du mal à me concentrer en avion. J’ai donc jeté mon dévolu sur Les gens heureux lisent et boivent du café, d’Agnès Martin-Lugand car je trouvais le titre sympa (mais surtout parce qu’il ne coutait pas cher en formant kindle).

Il faut savoir que ce roman a été auto-édité sur le net puis repéré par une maison d’édition qui l’a sorti en format papier. L’auteur, alors inconnue du grand public, est en train de se faire une place sur la scène littéraire… Est-ce mérité ?

Les gens heureux lisent et boivent du café raconte l’histoire de Diane, une femme en pleine déchéance qui ne se lave pas souvent, qui traine dans son appartement les volets fermés, qui ne voit jamais personne, qui a arrêté de travailler… Mais Diane a ses raisons : quelques mois plus tôt, son mari et sa petite fille sont morts dans un accident de voiture. Alors que son entourage lui met la pression pour qu’elle reprenne enfin une vie normale, Diane décide de s’isoler et de fuir de ce quotidien qu’elle ne supporte plus. Elle part s’exiler dans un village perdu au fin fond de la campagne irlandaise.

Les gens heureux lisent et boivent du café parle donc d’une chute puis d’une renaissance. Diane avait tout pour être heureuse : un amoureux, une charmante petite fille, un café où les gens venaient lire et boire du café… La vie était douce. Et puis à cause d’un accident, tout bascule. Elle se retrouve seule, incomprise, sans espoirs. A ce titre, le début du roman est particulièrement dur et bouleversant pour les lecteurs car on plonge dans les souvenirs douloureux de Diane qui ressasse évidemment ce drame, jour après jour.

Par la suite, on suit tout simplement les « aventures » de Diane qui s’exile en Irlande. Si elle souhaite rester seule, elle va vite attirer l’attention des gens de ce village en bord de mer pour qui cette française est bien mystérieuse… Diane va notamment croiser le chemin d’Edward, un homme bourru et sauvage qui va pourtant la faire craquer. Mais peut-on aimer quand on n’a pas encore fait son deuil ?

Les gens heureux lisent et boivent du café évoque donc cette question douloureuse qu’est « l’après », la reconstruction d’une femme. Ou comment rester fidèles à ceux qui sont partis tout en avançant dans sa vie… C’est une histoire humaine et sensible. Néanmoins, si le livre n’est pas mièvre pour autant, il m’a semblé un peu plat et surtout, très classique. Il se lit très facilement mais il manque un peu de style et finalement, les personnages manquent un peu d’épaisseur (notamment les irlandais). De plus, certains passages m’ont semblés très clichés et l’Irlande, stéréotypée, ressemble à une carte postale.

En somme, ce roman a des qualités et beaucoup de défauts. Cependant, il est idéal pour un long trajet en avion et a l’avantage d’être très fluide. Une petite lecture pour l’été qui ne restera pas dans ma mémoire pour autant…

3 comments

  1. auroreinparis says:

    Lecture d’avion, lecture de plage, en somme. Pourtant c’est pas les sujets que j’emmènerais en vacances !
    J’arrive à bout d’AZTECA, fabuleux roman sur les mexicains de l’avant colonisation espagnole. Je le recommande pour découvrir cette civilisation, il se lit extrêmement bien malgré ses 1100 pages !

  2. Audrey says:

    C’est vrai qu’avec un peu de recul… ce n’est pas vraiment un sujet très gai mais je ne recherchais pas une histoire légère… plutôt un style facile à lire car j’ai du mal à rester concentrée en avion.. :-/ et puis avec la fatigue, je voulais quand même tenir le coup!

    Mais je garde ta référence en tête.. Je viens d’aller jeter un oeil sur le résumé et certains avis de lecteurs et ça a l’air d’être une révélation pour beaucoup d’entre eux !

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