Critique Les gazelles

Sortie : 26 mars 2014

Je n’ai pas daigné voir Les Gazelles au ciné même si j’avais été un peu titillée par la bande annonce.

L’histoire, la voici. Marie et Eric sont trentenaires et en couple depuis 14 ans. Ils viennent tout juste de signer pour acheter leur premier appartement quand Marie commence soudainement à douter de leur couple. Sa rencontre avec un bel homme va précipiter sa décision : elle part ! Et se retrouve dans les rues de Paris avec sa valise et ses espoirs… Elle ne sait pas encore que tout ne va pas être rose et qu’elle aura surtout beaucoup de mal à faire comprendre à ses proches qui ne comprennent rien que oui, elle peut vivre seule.

Si s’identifier aux personnages n’est jamais une obligation, dans ce genre de films je me sens toujours plus concernée quand j’ai des atomes crochus avec l’héroïne. Or Marie et moi, on n’a rien à voir. Sans doute parce que je ne suis pas parisienne, parce que je n’ai pas eu une carrière professionnelle toute tracée comme elle (qui bosse depuis 10 ans au Pole Emploi) et parce que je n’ai pas rencontré mon chéri alors que j’étais encore au lycée (et franchement, c’est pas plus mal). Quelque part, je peux comprendre son pétage de câble à l’arrivée à la trentaine, ce refus de la routine et des habitudes ancrées depuis des années (car ce sont des choses qui font peur à tout le monde, non ?), mais cela reste loin de moi.

Malgré tout, j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt les (aller, voyons large) les 45 premières minutes du film, soit celles où Marie quitte son mec, sa vie bien rangée et se plonge dans une vie qu’elle voudrait faite de plaisirs et de fêtes. D’ailleurs, c’est un peu à ça que ressemblent ses soirées à présent : boire, fumer, baiser et recommencer le lendemain, dans d’autres lieux et avec d’autres hommes. Les scènes de ce genre s’enchainent et on ne sait qu’en penser… C’est cool, pas cool ?

C’est justement la force de ce film car derrière son côté girly, moderne, pailleté et pourrait-on dire féministe (dans un monde qui semble te dire que tu n’existes que parce que tu es en couple), il y a une vraie réflexion sur les rapports homme/femme, sur la peur de l’engagement et surtout, sur cette solitude pathétique et terrible qui rend ces portraits de femmes finalement très touchants. Je pense aussi à une scène entre Marie et Eric, pleine d’ironie et de cruauté mais en même temps, très émouvante… Des moments précieux que je ne m’attendais pas à trouver dans ce film.

Malgré tout, qui m’a un peu gênée dans Les Gazelles, ce sont les clichés de circonstance sur le couple, sur les hommes mais également sur les célibataires. Sur ce point, le film ne fait pas toujours dans la nuance et même si ce n’est pas le propos, j’ai envie de dire non, tous les hommes ne sont pas forcément des connards, que non, tous les couples ne sont pas forcément pépères et égoïstes et que non, toutes les célibataires ne sont pas forcément des dévergondées qui, au fond, ne rêvent que d’une chose : qu’un homme les prenne dans leurs bras. Les personnages sont sans doute stéréotypés parce qu’on est dans une comédie et qu’il faut gagner du temps. Ok, c’est pas si grave.

 En somme, Les Gazelles c’est pas vraiment ma tasse de thé mais je reconnais qu’il est 1000 fois supérieur à toutes ces fameux « films de filles » qui viennent régulièrement squatter le grand écran. Ce difficile apprentissage de « l’autonomie » si je puis dire, et sans véritable hapy end, est tout à fait sympathique.

One comment

  1. auroreinparis says:

    Comme tu le dis  » 1000 fois supérieur ». Pour moi ça a été un excellente surprise. Je me suis identifiée à elle peut être parce que je suis parisienne, bientôt trentenaire, célibataire, que je m’amuse mais qu’au fonds j’ai envie qu’un homme me serre dans ses bras. Alors Les gazelles, ca a été une bonne, très bonne surprise !

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