Critique Les Fauves, Ingrid Desjours

J’ai reçu Les Fauves d’Ingrid Desjours dans le cadre d’une masse critique Babelio. Je remercie donc comme toujours Babelio mais également les éditions Robert Laffont. C’est toujours un plaisir de découvrir de nouveaux auteurs !

L’histoire

« Torturez-la ! Violez-la ! Tuez-la ! »

A 35 ans, Haiko est à la tête d’une ONG (N.e.r.F (Nos enfants restent en France)) luttant contre le recrutement de jeunes par l’État Islamique. Ambitieuse, fonceuse et aimant être sous le feu des projecteurs, la jeune femme est la cible d’une terrible fatwa. Sa mère, journaliste comme elle, craint pour sa vie et lui impose donc un garde du corps. Lars est un ancien militaire revenu d’Afghanistan et souffre de lourdes séquelles suite aux traumatismes de la guerre (et de sa captivité). Cachant ses maux, il va s’occuper de la sécurité de Haiko…

Mon avis

Je vous avoue qu’à première vue, la thématique du livre qui colle tellement à l’actualité ne m’intéressait pas plus que cela. Quand la masse critique La Bête Noire a été proposée, j’ai cliqué sur les deux livres en jeu car j’aime les thrillers mais j’aurais, à la base, préféré recevoir l’autre.
Et pourtant, pourtant… j’ai dévoré ce livre en deux jours.

Malgré un sujet propice à la polémique et une écriture parfois très crue, Ingrid Desjours a su me captiver et me faire tourner les pages à la vitesse de l’éclair. Dans son roman, tout se tient. La psychologie des personnages principaux est hyper complexe, les personnages secondaires ont une vraie place dans l’histoire et l’auteur intègre régulièrement des articles de presse, des définitions, des analyses de spécialistes et des citations afin d’illustrer son propos et sans doute, d’ancrer toujours plus sa fiction dans le réel.

J’ai aimé que l’auteur traite la question du djihad car jamais tomber dans les clichés, sans jamais nous livrer des jugements à l’emporte pièces, sans jamais sombrer dans la caricature.

J’ai aimé les personnages, aussi bien celui d’Haiko que celui de Lars, ou de Dimitri, ou Jonas… aucun d’entre eux n’est très sympathique pourtant et le doute plane jusqu’aux dernières pages pour ce qui est de leurs vraies aspirations. Difficile de cerner les personnages, difficile de savoir qui croire dans l’affaire… notamment ce qui concerne Haiko. Est-elle la victime qu’elle essaie de nous faire croire ? Ou aussi dépravée et hypocrite que certains le disent ?

Dans l’histoire, qui manipule qui au final ?

J’ai aimé que l’action soit au cœur du roman, que les rebondissements s’enchainent et relancent constamment l’intrigue, qu’on oscille entre calme et angoisse au même rythme qu’Haiko. Certains lecteurs ont trouvé des longueurs au roman : pas moi !

Je finirais cet article en mettant le doigt sur un point important : la fluidité de l’écriture d’Ingrid Desjours. Facile à lire sans être simplette, sa plume parfois brutale sert complètement l’histoire. L’auteure va droit au but et cela donne encore plus de poids à ses propos. Une vraie réussite dans son genre !

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