Critique Le temps de l’aventure

Sortie : 10 avril 2013

Alix est une comédienne parisienne qui travaille dans le nord du pays pour quelques semaines. Ce jour-là, c’est un peu la course : elle part tôt de Calais pour aller passer des essais à la capitale. Elle espère croiser son homme, Antoine et avoir le temps de déjeuner avec sa mère. Sauf que dans le train, elle va croiser un homme. Un anglais qu’elle trouve terriblement séduisant. Il le regarde. Elle le regarde. Arrivés à Paris, il lui demande un renseignement car il ne sait pas comment se rendre à l’église Sainte Clotilde. Elle lui répond, troublée. Ils se séparent sur le quai. Va-t-elle le suivre ? Va-t-elle suivre sa raison ? Alix hésite.

La bande annonce m’avait attirée quand ce film était sorti au ciné mais je n’avais pas couru en salles pour autant. Pourtant, sans adorer Emmanuelle Devos, j’apprécie généralement ses prestations et j’aime beaucoup Gabriel Byrne. Le thème, soit une rencontre furtive entre deux inconnus, est classique mais non moins universel et j’aime les débordements de passion amoureuse… même si ce n’est que pour un après-midi. Donc j’ai accepté de suivre Alix dans les méandres des rues parisiennes et nous sommes parties à la recherche de celui qui lui avait littéralement tapé dans l’œil.

Le temps de l’aventure doit en grande partie être apprécié pour le portrait de femme qu’il nous offre. Emmanuelle Devos campe une Alix un peu paumée, un peu pressée, entre problèmes d’argent et problèmes de couple. Elle est, comme dirait-on, entre deux eaux et sur le point de se noyer. Les galères qui se suivent nous fatigueraient presque tant cette journée parait interminable. Pas vraiment épanouie, pas vraiment heureuse mais pas spécialement malheureuse pour autant, elle erre dans Paris sans argent et sans carte bancaire étant donné que cette dernière ne passe plus (à cause du théâtre où elle bosse qui ne la paye pas). L’idée qu’elle puisse s’offrir une parenthèse de douceur avec cet inconnu particulièrement élégant a quelque chose de réjouissant.

Ainsi, Le temps de l’aventure se déroule lentement entre le stress de la vie parisienne et le calme et la sensualité d’une chambre d’hôtel. Difficile de juger Alix (qui est en couple, rappelons-le) tant les choses semblent s’imposer d’elles-mêmes. Le film réussit à matérialiser, le temps de quelques scènes, ce bonheur si fragile qui est celui du fameux instant présent. Soit ce moment bien précis où ni l’avant, ni l’après ne comptent.

Malgré tout, je soulignerai un fait qui m’a gênée : le film, qui dure 1h40, est un peu trop long pour l’histoire qu’il raconte. J’estime qu’il aurait pu faire au moins 15 minutes de moins sans que l’intensité et la beauté de l’histoire n’en soient atténuées. Du coup, j’avoue avoir éprouvé un certain ennui, de ci, de là. Rien de très grave malgré tout.

Passion éphémère ou non ? La fin du film vous le dira. Ou pas. A vous de voir…

2 comments

  1. auroreinparis says:

    J’ai hésité à aller le voir en salle, manque de temps, mauvais choix de film, je n’y suis pas allée.
    Je le verrai pê en DVD, ou VOD, à l’occasion.
    Y’a bcp de film qui devrait faire plus court ms c’est dur pour les réals de s’en rendre compte on dirait !

  2. Audrey says:

    Il n’est pas indispensable de le voir mais c’est malgré tout un petit film fort agréable à regarder 🙂

    J’imagine que ça doit être dur de couper dans le vif, surtout quand ton œuvre te tient à cœur. J’ai souvent du mal à raccourcir mes textes quand cela est nécessaire alors j’imagine même pas à quel point le montage d’un film doit être cruel pour le réalisateur.
    Enfin cela n’excuse rien ^^ Quand c’est trop long, c’est trop long !

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