Challenge « le classique du mois » : Le tour d’écrou, Henry James

D’Henry James, je n’ai pas lu grand-chose, si ce n’est une poignée de nouvelles (dans le cadre de mes loisirs) et un roman, La muse tragique (dans le cadre de mes études). Si j’ai eu envie de lire Le tour d’écrou, c’est donc plus pour son thème que pour un réel amour de l’auteur.

A ce titre, il faut bien même bien noter que j’ai eu beaucoup de mal à me (re)faire au style de l’auteur. On le dit raffiné, moi je le trouve plutôt super alambiqué, compliqué et finalement pas toujours très clair pour les lecteurs du 21ème siècle (et pourtant, je suis habituée à lire de vieilles œuvres). Le tour d’écrou est un roman plutôt court (150 pages environ, je crois) que certains considèrent comme une grande nouvelle. S’il avait été un pavé, je pense que je n’aurai pu aller au bout.

D’emblée, on nous présente le récit de manière mystérieuse afin de ménager le suspense. Ambiance « racontons-nous des histoires d’horreur autour d’un bon feu de cheminée ! ». L’histoire nous est racontée par un narrateur qui la tient d’un autre narrateur… Qu’importe : on quitte vite l’introduction pour plonger dans le vif du sujet…

…et donc dans l’histoire d’une gouvernante embauchée par un riche célibataire afin de partir à la campagne pour s’occuper de ses neveux, Flora et son grand frère Miles. Sur place, une certaine tension règne et les enfants se livrent à des actions de plus en plus bizarres… Il ne faudra pas attendre longtemps pour que la nouvelle gouvernante se trouve confrontée à deux apparitions fantomatiques : celles de Miss Jessel, l’ancienne gouvernante des enfants et accessoirement décédée et Mr Quint, l’amant de cette dernière et lui aussi mort récemment.

La force de ce roman est de nous faire sans cesse passer entre deux sentiments, deux impressions :

• interprétation rationnelle : cette gouvernante est totalement folle et persécute les enfants dont elle a la charge.

• interprétation surnaturelle : les fantômes sont bel et bien vrais et là pour corrompre les deux jeunes enfants et la gouvernante, pleine de courage, fait tout pour les sauver.

Pour ma part, je suis partie sur une interprétation strictement surnaturelle dans un premier temps mais le dernier tiers du livre m’a quelque peu poussée à revoir mon jugement… Notre gouvernante parait légèrement hystérique par moments, hyper exaltée, en proie à une certaine imagination et surtout, rien dans le récit ne vient vraiment justifier concrètement ses peurs et ses visions. De là à dire que les fantômes n’existent vraiment pas…le doute subsiste ! Surtout que les deux enfants, sous leurs airs d’enfants blondinets et sages, semblent jouer sur deux tableaux.

Ce roman gothique avait tout pour me plaire : une grande demeure isolée, un mystère, des apparitions étranges, une ambiance malsaine et quelque part, il a bien fait son boulot alors y repenser me met légèrement mal à l’aise. Sur le moment je me suis dit qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un chat et plus j’y repense, plus je flippe. Ne vous attendez pourtant pas à de grands frissons car l’horreur est plus psychologique que vraiment évoquée.

A savoir : le film Les Autres (avec Nicole Kidman) aurait été inspiré par deux films : La Maison du diable et Les Innocents, ce dernier étant lui-même l’adaptation du bouquin d’Henry James. C’est vrai qu’on retrouve des points communs (même si les histoires n’ont rien à voir), soit une maison isolée en pleine compagne, deux jeunes enfants et un personnage féminin plus ou moins trouble.

victor_hugo Challenge le classique du mois

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