Critique Laurence Anyways

Sortie : 18 juillet 2012

Il y a quelques jours, j’ai enfin vu Laurence Anyways, un film que je voulais voir depuis longtemps et dont j’attendais beaucoup. J’ai attendu de recevoir mon coffret Xavier Dolan (qui regroupe ses 4 premiers films) pour me lancer dans le visionnage car je pouvais bénéficier des sous titres.

ff20130906a7a L’histoire

Laurence est prof de littérature et écrit aussi, à ses heures perdues. Il vit avec Fred. Ils s’aiment et tout va bien. Or, Laurence va profiter de son anniversaire pour faire une révélation à Fred : il souhaite plus que tout s’habiller en femme. Il veut toujours d’elle dans sa vie mais ne peut plus jouer ce qui est devenu une comédie pour lui : il renie son identité masculine. Laurence Anyways est l’histoire d’une transformation mais surtout l’histoire d’un amour devenu impossible.

 

laurence-anyways-photo-4fe8832d7e69aLaurence : un personnage principal attachant

Moi qui viens juste voir le dernier Ozon, Une nouvelle amie, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer les deux films (même si on est d’accord, les histoires sont trop différentes pour pouvoir être rapprochées). D’emblée, j’ai préféré le personnage de Melvil Poupaud à celui de Romain Duris car j’ai trouvé que Laurence est terriblement attachant. Tout en étant difficile à comprendre car Poupaud joue son rôle avec beaucoup beaucoup de sobriété et de retenue.

 En voulant trouver sa véritable identité et enfin être en accord avec lui-même, il va être exclu de la société « bien pensante » et surtout légèrement gênée par la vision de cet homme en talons aiguilles. Pire que l’exclusion sociale : la mise à mal de son propre couple. Le film porte sur ces 10 années de transformation, 10 années marquées par les coups durs, les changements et surtout, par les ruptures et les retrouvailles successives. Plus qu’un film sur le changement de sexe, j’ai trouvé que Laurence Anyways était un film sur un couple. C’est émouvant, parfois beau, parfois sordide et puis c’est réaliste. On cherche pas à te faire croire que Fred et Laurence vivent chez les bisounours. J’aime cette fatalité qui plane sur tout le film.

 Un casting qui déchire

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Xavier Dolan nous propose là encore un superbe panel de personnages, tous étant merveilleusement bien interprétés. Tout le monde connait bien évidemment Melvil Poupaud. Le considérant comme bon acteur sans être forcément hyper fan, je suis absolument conquise par son interprétation de Laurence. Mais c’est surtout Suzanne Clément (Kyla dans Mommy) que j’ai aimé retrouver dans un rôle beaucoup plus conséquent. Elle campe une super Fred, une femme déchirée entre son amour pour Laurence et son incapacité à gérer le changement de sexe de ce dernier. Nathalie Baye trouve elle aussi un très beau rôle (la mère de Laurence) mais j’ai été contente de retrouver Monia Chorkri que j’avais également adoré dans Les amours imaginaires.

Parfait ou pas ?

Laurence Anyways est un film beau visuellement (belle couleurs vives, goût pour le kitsch, scènes dignes des plus beaux clips et j’en passe), un film moderne, un film que je considère être d’une très grande intelligence (et beaucoup plus nuancé que ce que j’en attendais). Les dialogues sont, comme toujours chez Dolan, très bien écrits, très réalistes et souvent très drôles. Pas de bémol pour moi. Ah si. Dans la première partie du film j’ai eu du mal à comprendre le pourquoi du comment de 3 ou 4 scènes. Du coup j’ai eu du mal à appréhender le changement dans les relations entre Fred et Laurence. La dernière partie du film m’a apporté quelques réponses mais à mes yeux, ces fameuses scènes ont été traitées de manière un peu maladroite. L’intensité dramatique est parfois inégale, l’histoire semble parfois flotter entre deux scènes clés mais malgré tout, on accroche jusqu’au bout.

En conclusion, on pourra dire ce qu’on veut de Xavier Dolan (qu’il est prétentieux, qu’il se prend pour un dieu…), il faut reconnaître qu’il est exceptionnellement doué. Écrire et réaliser un film comme Laurence Anyways à 23 ans… ça calme ! (mais mon avis aurait été valable s’il avait eu 42, 56 ou 110 ans! un bon film reste un bon film).

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