Critique L’amour caché de Charlotte Bronte, Jolien Janzing

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1842. Deux des sœurs Brontë – Charlotte et Emily –, âgées de 26 et 24 ans, quittent leur foyer austère pour Bruxelles, où elles vont suivre des cours de français.
D’un naturel enjoué et curieux, Charlotte rêve de conquérir sa liberté. Sur place, elle et sa sœur font connaissance de Claire Heger, la directrice du pensionnat qui les héberge, et de Constantin, son époux, qui y enseigne le français.
Charlotte voit en cet homme le symbole de l’intelligence et de la virilité. Ce maître, qui joue de son pouvoir sur ses jeunes élèves, devient vite l’objet de ses fantasmes, tant intellectuels, physiques que sentimentaux.
Le retour en Angleterre est rude, d’autant qu’avant son départ Constantin lui a avoué qu’il partageait ses sentiments. Charlotte n’aura dès lors qu’une idée : fuir et retourner à Bruxelles pour vivre sa passion, quitte à s’y consumer…

Mon avis

J’ai lu tellement de critiques mitigées avant de commencer ce livre que… Je n’avais plus envie de le lire. Je l’ai donc commencé en me lançant un pari à moi-même, celui d’aller au moins jusqu’à 100 pages. A partir de là, si le livre ne me plaisait pas, je pouvais toujours lire certains passages en diagonale et ainsi, avancer sans me faire trop de mal.

Mais en fait, arrivée à la 100ème page, j’ai réalisé que j’aimais toujours. Alors j’ai continué et à la 200ème page, je n’étais pas dégoutée de ma lecture et ainsi de suite, jusqu’à la fin. En refermant, L’amour caché de Charlotte Bronte, je savais néanmoins que ce n’était pas un coup de cœur.

La première et devrais-je dire, la principale raison de ce  coup-de-coeur-manqué , c’est le profond décalage que j’ai ressenti entre la Charlotte Bronte qui est mise en scène dans l’histoire et l’image que je me suis faite d’elle en lisant ses livres et en la découvrant par les yeux d’autres auteurs.

La Charlotte Bronte qu’on découvre ici est une Charlotte malade d’amour. Non. Plutôt une jeune femme obsédée par un homme marié, sur lequel elle a craqué (aussi bien pour son intellect que pour sa stature d’homme bien bâti) et qu’elle aimerait bien avoir à elle, quitte à souhaiter ardemment la mort de sa femme actuelle… Elle cherche à le séduire, en ne portant pas ses lunettes dont elle a pourtant cruellement besoin, en ne portant pas son châle pour avoir meilleure allure, en s’achetant une nouvelle robe, en écrivant les plus belles dissertations possibles…

Pardonnez-moi car j’ai péché : j’ai jugé le personnage de Jolien Janzing et je n’ai pas trouvé cette Charlotte Bronte touchante, mais ridicule. Et cruelle avec ses proches car obnubilée par le même et éternel sujet. A certains moments, on a même l’impression que les morts qui se succèdent ne la touchent pas et ce, juste parce qu’elle pense à son Constantin toute la journée. Un peu comme une ado qui découvre l’amour mais sous son jour le plus cruel.

Mais après tout, inexpérimentée comme elle devait l’être et d’un naturel passionné, il n’est finalement peut-être pas étonnant qu’elle réagisse ainsi.

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Certes, la photo date de 65 et donc, de bien après les faits mais quand même, est-ce que Constantin valait la peine que tu te pâmes d’amour, Charlotte ? Il faut croire que oui…

A part ça, j’ai trouvé ce livre merveilleusement bien écrit et j’ai aimé le point de vue externe qui permet de considérer les personnages « de loin », avec un certain recul qui nous éloigne d’eux tout en permettant un ton parfois un peu sarcastique. Hormis Charlotte, j’ai bien aimé les autres personnages que j’ai trouvé fidèles à l’image que j’en avais. Je me suis délectée de tous les passages qui concernent Emily qui reste ma préférée même si elle est terriblement antipathique, il faut bien l’avouer…

J’ai aimé les descriptions des rues, des quartiers qui sont absolument passionnantes !

J’ai moins aimé les passages récurrents qui concernent quant à eux le roi de Belgique et sa future jeune maîtresse. Je pense qu’ils sont là pour renforcer l’ancrage spatio temporel de l’histoire mais à mes yeux, ils n’ont pas vraiment de sens dans ce roman. Le parallèle entre ces deux amours adultères m’a paru peu convaincant mais cela n’engage évidemment que moi, comme toujours !

11 comments

  1. Kitsy says:

    C’est quand même assez loin de l’idée que je me fais de Charlotte ! Même si ce n’est pas si mal que ça finalement, je vais passer mon tour. Je n’aime pas trop l’idée de donner une telle image de cette auteure. En revanche je suis d’accord, ça ne valait pas le coup de se pâmer d’amour XD.
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    • Audrey says:

      En fait, peut-être que c’est justement l’auteur qui a raison et nous qui avons une vision décalée de Charlotte. C’est marrant parce que toutes les personnes qu’elle fait revivre entre ces lignes m’ont parues crédibles et bien ressuscitées. Constantin Heger, sa femme, Emily, le père Bronte… Il n’y a que Charlotte qui m’a posé souci alors il est fort possible que ce soit moi qui fasse fausse route ! 🙂

  2. A-Little-Bit-Dramatic says:

    J’ai découvert ce livre sur ton blog et il m’a tout de suite fait envie ! La couverture est vraiment très très belle, j’aime beaucoup l’atmosphère qui s’en dégage…elle me donne une impression de mystère, un peu… ^^
    Et puis le résumé me tente aussi…je ne savais pas que ce roman avait récolté des avis mitigés. En tous cas, le tien qui, pour le coup, est positif, me donne envie ! !

    • Audrey says:

      Je me fie beaucoup aux critiques et aux notes sur Babelio et on ne peut pas dire que les quelques critiques soient forcément super positives. Il y a une ou deux personnes qui le notent 5/5 mais le bouquin récolte plutôt des 2 ou des 3 ce qui est étonnant car il aborde un thème qui devrait séduire au contraire !

      Tout en ayant été embêtée par certains points, j’ai quand même trouvé le livre de qualité. L’auteur parvint vraiment à recréer tout un univers et j’ai aimé le ton employé. Il est quand même à lire !! 😀

  3. lacavernedhaifa says:

    Il y a certains livres comme toi, que je n’ose pas lire à cause des nombreuses critiques négatives que j’ai pu lire, je pense plus particulièrement à Alice au pays des morts vivants, aux éditions Fleuve. Pourtant il me semble important de se faire sa propre opinion et de passer outre les apprioris, alors je pense que tu as bien fait de lire ce roman. J’espère le lire un jour aussi même s’il n’est pas le premier dans ma liste des livres que j’aimerais lire 😉 🙂

    • Audrey says:

      Comme c’était un livre sur Charlotte Bronte, je ne pouvais vraiment pas faire l’impasse ! On va dire que les critiques négatives m’ont refroidies mais en même temps, elles m’ont préparé au livre ! J’ai réussi à m’en détacher pour me faire mon propre avis… Alors je suis tout à fait d’accord avec toi, parfois il faut savoir mettre les avis des autres de côté ! 🙂 Cela dit, parfois c’est dur de ne pas y penser pendant sa lecture !

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