Critique La quête de Mary Bennet, de Pamela Mingle

J’ai déjà lu quelques Austeneries et soyons sincères, aucune ne m’a laissée un souvenir impérissable. Je suis souvent un peu embêtée par les choix narratifs des auteurs et surtout, j’ai tendance à trouver ces « fausses suites » un peu artificielles (je pense à L’autre Mrs Darcy ou Le rêve de Mr Darcy qui avaient évidemment leurs qualités… mais aussi leurs défauts !). Je crois donc que La quête de Mary Bennet est le tout premier à me plaire sans conditions (ou presque !).

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Nous sommes quelques années après la fin d’Orgueil et préjugés.  Mary et Kitty sont les seules à être encore à la maison mais ne partagent guère de choses : toujours frivole, Kitty ne tient pas en place tandis que Mary, plus mature, plus sage et plus savante, marche dans les pas d’Elizabeth. Ou du moins, essaie ! En prenant des cours de piano, en dévalisant la bibliothèque de son père et en ayant de longues conversations avec ce dernier, elle n’a eu qu’un but au cours des dernières années : s’améliorer et lutter contre ses défauts.

Et puis…c’est le drame ! Lydia débarque à Longbourn, enceinte jusqu’aux yeux. Elle vient de quitter Wickham. Kitty et Mary sont dès lors envoyées à High Tor, chez Jane, pour se préserver de l’influence néfaste (et des sautes d’humeur) de Lydia. C’est là que Mary va faire la connaissance de Henry Walsh dont les attentions la laissent confuse. Elle qui n’avait pas l’habitude d’être regardée, d’être admirée, peut-elle être aimée par un homme tel que lui ? Et surtout, arrivera-t-elle à se laisser aller aux jeux de la séduction ? Kitty, qui a des vues sur le même homme, va lui mettre des bâtons dans les roues.

Mon avis

L’histoire est racontée à la première personne : c’est Mary qui nous parle. Un point qui me plait puisque cette proximité nous permet d’être au plus proche de ses sentiments et donc, de mieux la comprendre. C’était important, ne serait-ce que pour se faire à la nouvelle personnalité d’une jeune femme qui n’a plus rien à voir avec celle que l’on connaissait chez Jane Austen. Pamela Mingle a pris la peine de justifier ce changement à plusieurs reprises. Mary explique son cheminement, son évolution, son désir de changement. Ses grandes sœurs, Jane et Lizzie, exprimeront à plusieurs reprises leur étonnement et leur bonheur de voir leur sœur sous un nouveau jour.

La Mary que nous découvrons ici est donc assez attachante, volontaire… bien que toujours un peu rabaissée par le reste de sa famille (tout le monde lui dit qu’elle finira vieille fille). Malgré ses défauts, elle fait une héroïne romantique assez intéressante. Son histoire avec Henry est très progressive, très lente, contrariée par bien des choses (notamment le manque de confiance de Mary) mais à mes yeux, passionnante à suivre. Surtout que j’ai bien aimé Henry aussi…

Là où Pamela Mingle aurait pu se contenter de raconter une romance contrariée à plusieurs reprises, elle a fait en sorte d’ajouter différentes sous-intrigues à son roman qui, ainsi, tient la route sur la longueur. Cela mérite d’être souligné. Je ne vous cache pas que Lydia va encore faire des siennes et qu’il y a beaucoup de retournements de situation à son sujet !

Notons également le fait que l’auteur nous permet de retrouver les Darcy, les Binglet, on croise les Collins, on se promène dans différentes propriétés et surtout, on revient chez les Bennet ce qui est particulièrement sympathique. Tous les personnages m’ont semblé très proches des personnages originaux. On pourrait toujours chipoter mais à mes yeux, il n’y a aucune horreur, aucun non-sens, tout est assez cohérent.

Malgré un langage peut-être un peu trop contemporain à certains moments, La quête de Mary Bennet reste fidèle à l’univers de Jane Austen. Si j’ai trouvé quelques longueurs au roman, je n’en reste pas moins tout à fait séduite par l’histoire, par Mary et surtout, j’ai été heureuse de retrouver les personnages que j’aime tant. Je ne peux pas vous promettre que vous adorerez mais tentez le coup ! 

10 comments

    • Audrey says:

      Il ne faut surtout pas que tu aies la Mary de 95 en tête quand tu vas lire ce livre, sinon tu vas jamais accrocher ! 😉 Moi j’y ai pas pensé une seconde, ni à celle de 2005 d’ailleurs.

  1. Zofia says:

    Ah ben enfin un auteur qui fait vivre Mary ! 🙂
    Je suis en plein dans Chroniques de Pemberley et pour l’instant, il y ait très peu question de Mary aussi donc je trouve ça chouette qu’un livre donne sa chance à ce personnage. Et puis avec lui tout est à faire.
    D’ailleurs, en lisant ton avis, je trouve que Mary et Edith de Downton Abbey se ressemble assez finalement !
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    • Audrey says:

      Oui c’est vrai qu’elles sont toutes les deux mises un peu à l’écart… Mais Edith ne le mérite pas, contrairement à Mary qui peut être très hautaine et agaçante !

  2. Parthenia says:

    Finalement, on a pratiquement le même ressenti pour ce roman…
    J’ai moins accroché que toi aux sous-intrigues (d’ailleurs, je n’aurais as été plus dérangée que cela si l’auteure s’en était abstenue !!^^) mais j’ai bien aimé que Pingle prenne le temps d’installer l’histoire entre Mary et Henry, joue sur les quiproquos et les non-dits…
    J’avais un peu peur d’être déçue et de lire un dérivé encore abracadabrantesque mais j’ai été fort agréablement surprise… C’était un peu risqué pour l’auteure de choisir Mary comme héroïne mais elle s’en sort vraiment bien !

    • Audrey says:

      Oh oui globalement on a le même ressenti. A quelques exceptions près ! J’espère que tu n’as pas trouvé mon message agressif sur ton blog, ce n’était pas le but et au vu de ta réponse, je crois que tu as saisi ce que je voulais dire… 🙂

      Je n’ai rien contre les austeneries mais j’en ai encore lu très peu donc je ne suis pas la meilleure juge. Cela dit, ce roman est d’une certaine qualité par rapport à d’autres… la preuve : je n’ai survolé aucun passage !

      Contrairement à toi je trouve que les sous intrigues donnent plus d’épaisseur à l’histoire même si paradoxalement, elles nous éloignent un peu du couple central, c’est vrai… le résultat est quand même assez honorable ! 🙂

      • Parthenia says:

        Oh non, ne t’inquiète pas, je n’ai pas du tout trouvé ta réponse agressive. Au contraire, je trouve cela intéressant de partager et confronter nos avis… Ton commentaire sur mon blog m’a permis de réfléchir davantage sur le but des austeneries et les attentes que j’en avais vraiment,ce qui m’a aidé à prendre encore plus de recul que je n’en avais… 😉

        Je ne sais pas si tu as lu Une saison à Longbourn de Jo Baker, mais pour l’instant c’est le dérivé que j’ai le plus apprécié. L’histoire d’O&P est racontée du point de vue des domestiques, procédé que je trouve très malin et qui réhabilite un peu les personnages sacrifiés sur l’autel du ridicule … 😉
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        • Audrey says:

          Non je n’ai pas lu Une saison à Longbourn mais je compte bien le faire prochainement (ou moins prochainement vu que j’ai du mal à tenir mon programme de lecture ^^)! Cela fait un petit moment que j’en entends parler et je trouve le principe assez intéressant en effet !

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