Critique La mort s’invite à Pemberley, de PD James

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La mort s’invite à Pemberley est le tout dernier roman de PD James (puisqu’elle est morte en 2014), une auteur britannique dont je n’avais encore rien lu. Ce polar lui a servi de prétexte pour donner une sorte de suite à Orgueil et préjugés, une œuvre qu’on ne présente plus.

Nous sommes 6 ans après les mariages de Jane et d’Elisabeth qui vivent heureuses en ménage. Elisabeth et Darcy sont en pleine préparation du bal annuel de Lady Anne, un bal auquel Lydia et Wickham ne sont jamais conviés. La veille de l’évènement, un équipage arrive à Pemberley en faisant grand bruit : seule passagère, Lydia hurle à qui veut l’entendre que son mari a été tué. Partis sur les traces de ce dernier, Darcy et ses camarades tombent sur un Wickham bien vivant mais plein de sang et penché sur le cadavre de son meilleur ami.

Moi qui venais tout juste de terminer Orgueil, préjugés et zombies, j’ai cru bon de continuer dans ma lignée et de rester encore un peu avec Jane Austen. La mort s’invite à Pemberley est une « suite criminelle » tout à fait crédible et honorable. Si PD James n’a pas la plume et l’ironie si délicieuse de Jane Austen, elle reste fidèle à l’essence du roman originel et des personnages principaux qui y sont inexorablement associés. Rien ne m’a fait bondir dans mon fauteuil (sauf le remodelage du colonel Fitzwilliam mais bon, on s’en remettra…). Si je voulais être tatillonne, je dirais quand même qu’Elisabeth semble s’être passablement assagie, voire embourgeoisée. Certes, les circonstances dramatiques évoquées dans le roman ne se prêtent pas trop aux taquineries mais quand même, je l’ai trouvée légèrement fade.

Ce roman nous permet pourtant de nous plonger directement dans la vie de Pemberley, celle des maîtres mais également celle des domestiques. On retrouve des lieux magnifiques et finalement à peine évoqués par Jane Austen (puisqu’Elisabeth ne fait que visiter le château de manière très superficielle avec les Gardiner). Malgré tout, moi qui connais très bien le roman de base, j’ai souvent été agacée des trop nombreuses références à ce dernier. Autant d’éléments lourds et redondants dont je me serais passée mais qui sont évidemment indispensables pour les lecteurs ne connaissant pas Jane Austen.

Malheureusement, j’ai été également très déçue par le manque de suspens dans La mort s’invite à Pemberley. Il y a des passages qui m’ont presque ennuyée et j’ai parfois attendu la fin du roman avec impatience tant tout ce remue-ménage me paraissait un peu vain. L’enquête en elle-même est relativement courte et le procès, trop long avec ses trop nombreuses procédures. Bref, peu d’action mais beaucoup de discours (avec l’éternelle répétition des différents témoignages qui donnent juste envie de lire en diagonale jusqu’à la page suivante).

La mort s’invite à Pemberley est un hommage correct à l’œuvre de Jane Austen mais je pense que la littérature anglaise aurait très bien pu s’en passer car cela manque cruellement de piquant. Les amateurs d’Orgueil et préjugés apprécieront sans doute de retrouver les différents personnages (ça a été mon cas) mais ne trouveront pas beaucoup de saveurs à l’intrigue policière qu’on nous promettait (c’est mon cas aussi).

6 comments

  1. Zofia says:

    Je vois qu’on a le même ressenti 😉
    J’ai adoré les descriptions du domaine, on a l’impression d’y être, de sentir les pierres, la mousse, le vent. Les personnages m’ont semblé bien (vivement que je lise l’original histoire de voir ce qui est si différent pour ce brave colonel !). Mais voilà pour un roman policier, l’intrigue est vraiment trop plate…
    Zofia Articles récents…Vu, Lu, EntenduMy Profile

    • Audrey says:

      Oui on est d’accord sur pas mal de points, notamment sur l’intrigue vraiment plate. J’ai été prévenue avec ta critique mais je ne pensais pas que c’était à ce point !

      Concernant le colonel, tu ne vas pas tomber de ta chaise mais disons que chez Jane Austen, c’est un gentleman vraiment affable, hyper sociable, hyper agréable et ici, il a une image vraiment rigide… ça fait bizarre !

  2. Kitsy says:

    Et bien encore une fois je suis entièrement d’accord avec toi. C’est fidèle aux personnages sauf pour le Colonel Fitzwilliam, qui a été complètement dénaturé je trouve. Et le procès était tellement long !!!! L’auteure nous sort le dénouement en 10 pages sans nous laisser d’indices tout au long du roman, ça n’a aucun intérêt. Heureusement que la série a su corriger tout ça. Je viens de découvrir ton blog grâce à In romance we trust et je sens que je vais l’adorer 🙂
    Kitsy Articles récents…La belle et la bête (Christopher Gans)My Profile

    • Audrey says:

      Je sais pas toi mais j’ai beaucoup de mal avec les histoires qui racontent les procès… Certes, ils ont leur importance mais quand c’est trop long, c’est une torture !

      Je suis allée voir ton blog … tu vas me prendre pour une cruche mais je ne suis pas arrivée à commenter vers mon pseudo/URL comme je fais d’habitude. Tu n’as pas cette option pour les commentaires des lecteurs ? :-/

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