Critique La maison où je suis mort autrefois, de Keigo Higashino

Quoi de mieux, quelques jours avant de m’envoler pour le Japon, que de lire un livre de Keigo Higashino, un auteur réputé pour être l’un des maîtres du polar japonais ? Un temps, j’ai voulu commencer par Le Dévouement du suspect X mais le synopsis de La maison où je suis mort autrefois m’intriguait davantage. Ce n’est que partie remise !

Ces derniers temps, j’ai lu pas mal de livres sympas mais cela faisait longtemps qu’un bouquin ne m’avait pas tenue en haleine du début à la fin. La maison où je suis mort autrefois fait partie de ces livres-là. Une fois commencé, impossible de le lâcher. Il fallait que je continue, page après page, afin d’en savoir toujours plus.

La maison où je suis mort autrefois raconte l’histoire de Sayaka Kurahashi, une femme en pleine crise existentielle. Mariée à un homme d’affaires parti pour 6 mois aux Etats-Unis, elle a du mal à être maternelle avec sa fille de trois ans et la maltraite même régulièrement. Depuis quelques temps, son amnésie la perturbe : elle n’a aucuns souvenirs avant l’âge de cinq ans. Pire encore : elle ne retrouve aucun document, aucune photo qui pourraient lui permettre de se réapproprier son passé. C’est un peu comme si elle était née à 5 ans. Avant, c’est le flou total. A la mort de son père, elle reçoit un plan menant à une maison perdue au milieu des montagnes et une drôle de clef à tête de lion. Certaine que ces objets peuvent lui permettre de retrouver la mémoire, elle demande à son ex petit ami de l’accompagner sur place…

La maison où je suis mort autrefois est à l’image de la vieille bâtisse que les anciens amoureux vont découvrir au bout du chemin : inquiétant. Dès les premières pages, la tension est palpable et l’on devine, comme les deux personnages principaux, qu’il se cache bien des choses derrière les murs de cette maison.

Si l’histoire de ce roman concerne Sayaka Kurahashi, c’est celui qui l’accompagne qui en est le narrateur. Ainsi, les névroses et les questionnements de Sayaka ne sont vus que de l’extérieur, à distance. Ce n’est pas forcément un mal car, même si elle-même ne sait rien de son passé, faire corps avec le narrateur nous permet d’avoir le recul nécessaire. En effet, ce dernier enquête et explore avec une froideur et une sobriété qui contaminent l’écriture en elle-même. Ainsi, la maison découverte est sombre et lugubre et le ton de l’auteur, froid.

Ce roman permet d’aborder des thèmes fascinants tels que la mémoire et toutes les lacunes qui peuvent être liées à celle-ci. Entre ce qu’on a oublié naturellement et les souvenirs que l’on a refoulé, il ne reste souvent plus grand-chose à se mettre sous la dent… Pourtant, vous l’aurez deviné, le passé de Sayuka vaut bien un roman tant il y aurait de choses à raconter !

La maison où je suis mort autrefois n’est pas un polar à proprement parler, même si le suspens y est particulièrement présent. Je le qualifierai plutôt de « roman psychologique », voué à retracer cette quête d’identité qui est celle de Sayaka.  Les pistes sont nombreuses, les indices se succèdent les uns aux autres mais il faut réellement attendre les dernières pages pour connaître le fin mot de l’histoire.

Je recommande !

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