Critique La compagnie des menteurs, de Karen Maitland

J’ai a-do-ré ce livre. Littéralement adoré !!!

J’ai lu pas mal de bonnes choses durant l’été et même, au cours des derniers mois mais aucun livre ne m’a captivée comme il m’a captivée La compagnie des menteurs et ce, de la première à la dernière page sans aucune interruption !!!

Suite à la très bonne surprise qu’avait été La confidente des morts, j’ai cherché à lire d’autres polars médiévaux. C’est tout naturellement que je suis tombée sur le bouquin de Karen Maitland. S’il a retenu mon attention, c’est par son contexte : il se passe durant l’épidémie de peste noire qui toucha l’Angleterre (et plus largement, l’Europe) au 14ème siècle. Je sais que c’est un brin morbide (et j’assume) mais j’aime beaucoup les histoires qui parlent de cette terrible épidémie. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être que je suis fascinée par ces maladies terribles qui décimaient les populations sans que l’on puisse rien y faire. Il y a une fatalité qui m’attire…mais là dedans, j’aime surtout les récits de ceux qui cherchent à survivre, bien entendu.

Je crois que j’aime tout simplement ce climat de tension. Bref !

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L’histoire :

Nous sommes en 1348 et la peste a atteint l’Angleterre. Pris de la panique, le pays partage son temps entre des rites païens et des rituels religieux qui n’ont qu’une vocation : éloigner le mal du pays. Malheureusement, la maladie progresse quand même et le pays sombre peu à peu dans l’anarchie. Au milieu de tout ça, 9 personnages :

Un vieux borgne, le narrateur
Deux musiciens vénitiens : Rogrigo et son élève Joffre
Une femme enceinte, Adela et son compagnon Osmond
Zophiel, un magicien/arnaqueur
Narigorm, une gamine aux cheveux blancs qui lit l’avenir dans ses runes
Une guérisseuse et sage femme, Plaisance
Un conteur estropié : Cygnus

Tous les 9 vont cheminer ensemble, réunis par la force du destin. 9 laissés pour compte qui fuient la peste et qui ont TOUS un passé trouble et un gros secret à cacher… Bienvenue dans la compagnie des menteurs !

Un thriller plutôt lent mais hyper prenant

Le bouquin fait plus de 600 pages, une longueur qui permet à l’histoire de biiiien prendre son temps. Si nous commençons le chemin aux côtés de Camelot (le vieux marchand itinérant borgne), nous rencontrons donc très progressivement les différents personnages.

Il faut presque attendre la moitié du roman pour que la compagnie soit au complet. Soit environ 300 pages. Et donc, un peu plus de la moitié de l’histoire pour que la 1ère mort violente vienne ébranler notre petit groupe. C’est à partir de là que le roman historique devient thriller.

Alors qu’ils fuient l’épidémie, nos voyageurs sont décimés par un tueur impitoyable qui semble les suivre depuis le début. A moins que ce ne soit l’un d’entre eux ? Ces 9 personnages ne se connaissent pas, chacun vient d’un endroit dont il ne semble pas avoir envie de parler et si tous ont pris la route, c’est bien souvent pour fuir quelque chose d’autre que la peste.Le doute persiste et tout le monde soupçonne tout le monde.

Mais aussi un road movie médiéval qui nous replonge dans une période historique légèrement mouvementée !

C’est écrit sur la couverture : La compagnie des menteurs est un thriller. Ok, on est d’accord.

Si je devais le ranger dans une catégorie, je le mettrai plutôt dans celle du roman historique. Et plus particulièrement dans celle du « road movie médiéval ». La tension liée aux meurtres est bien réelle mais elle est trop mélangée aux peurs superstitieuses de l’époque et à la crainte de mourir de la « mort bleue » pour être facilement identifiable.

Et puis finalement, le récit n’est pas intéressant grâce aux meurtres qu’il évoque mais plutôt grâce à la psychologie des personnages, à leurs interactions et à la peinture historique que nous offre l’auteure.

Nous voilà sur les routes entre deux villes, entre deux lieux de culte où les gens dépensent l’argent qu’ils n’ont pas pour acheter des reliques de saints sensés les protéger. Les autorités religieuses dirigent tout d’une main de fer. Il y a des magiciens et des conteurs à tous les coins de rue, des infirmes, beaucoup de famine et des mendiants, de la saleté et des vies sordides. Mais il n’y a de pitié pour personne et encore moins pour les plus faibles. Le récit est d’un réalisme parfois insoutenable.

Et puis, comme dans La confidente des morts, il y est question de l’hystérie antijuive qui persiste et ce, même si les Juifs ont été poussés hors de de Grande-Bretagne en 1290.

Pourquoi je vous le conseille tout particulièrement ?

La compagnie des menteurs va vous plonger dans un Moyen Age plus vrai que nature et vraiment immersif. Tout au long du livre, je me suis dit que ça ferait un super film (vous en pensez ce que vous voulez mais quand je me dis des trucs pareils, c’est que le livre est particulièrement bon).

Il intrigue dès ses premières pages (on ne comprendra ces dernières qu’à la fin du roman) et ce, jusqu’à son dénouement, qui vous laissera une forte impression tant il fait froid dans le dos ! Le sens de l’intrigue de Karen Maitlan est époustouflant, elle frôle le genre fantastique avec grâce et nous livre une histoire riche et fascinant où les contes et les légendes sont omniprésents.

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4 comments

    • Audrey says:

      Il ne te reste plus qu’à l’adopter !
      Le mien est déjà parti faire son « tour de famille » puisque je prête tous mes livres à mes parents et à ma grand mère. J’espère qu’ils aimeront !

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