Critique La Belle et la Bête : Madame LePrince de Beaumont VS Madame de Villeneuve

J’ai toujours adoré l’histoire de la Belle et la Bête et la sortie d’une nouvelle adaptation cinématographique en ce mois de février m’a vraiment donné envie de me replonger dans l’histoire. Avec un peu de honte, il faut bien l’avouer, j’ai découvert que l’œuvre originale n’est pas la plus connue. Si nous connaissons tous (plus ou moins) l’histoire de Madame LePrince de Beaumont (1758), c’est en réalité Madame de Villeneuve qui a écrit la première version en 1740. Ayant acheté les deux œuvres (1.90 euros chacun), j’ai eu l’opportunité de les lire l’une à la suite de l’autre.

Une chose est sure, la première version (celle de Madame de Villeneuve) est vraiment plus longue que la seconde. En reprenant cette histoire, Madame LePrince de Beaumont l’a simplifiée et raccourcie (son conte se lit en une dizaine de minutes, l’autre fait 130 pages). Je conseille donc de lire cette version en premier car elle fruste et fait naître des questions auxquelles on trouve des réponses dans le texte de Villeneuve.

Les deux versions reposent sensiblement sur les mêmes thèmes et les mêmes bases, même si quelques différences sont notables sur des points de détail. Dans l’œuvre de Madame LePrince de Beaumont, la Belle est issue d’une famille de 3 filles et de 3 garçons. Chez Madame de Villeneuve, il y en a 6 de chaque. Qu’importe, l’idée est la même : un riche marchant fait faillite et se retrouve obligé de partir vivre à la campagne. Alors qu’il apprend qu’un de ses navires a été retrouvé, il part pour un long voyage. Avant son départ, ses filles lui demandent quelques cadeaux. La Belle, elle, ne demande qu’une simple rose. Ce cher papa ne trouve pas mieux que de cueillir cette dernière dans le jardin de la Bête. Pas vraiment contente, cette dernière propose au vieil homme d’échanger sa vie contre celle d’une de ses filles. Un mois plus tard, monsieur débarque avec la Belle qui est, soit dit en passant, la plus belle et la plus vertueuse de toutes ses enfants.

C’est à partir de là que les choses changent sans vraiment changer. On s’en doute, en écrivant une œuvre plus longue, Madame de Villeneuve a eu l’opportunité de donner bien plus de détails. Ainsi, on se penche longuement sur la vie de la Belle dans le château de son hôte. Ses activités, les différentes pièces, la magie des lieux donnent une dimension féérique et fantastique à l’histoire, chose qui est beaucoup moins poussée (bien que présente) chez Madame LePrince de Beaumont.

Niveau style, la version de Madame de Villeneuve est plus difficile à lire. Les phrases sont plus compliquées, les tournures plus anciennes ce qui pourra un peu gêner les lecteurs peu habitués aux écrits anciens. Sans être beaucoup plus moderne, la version de Madame LePrince de Beaumont me semble donc un peu plus accessible.

A savoir que la version de Madame LePrince de Beaumont est intégrée à un recueil qui contient une dizaine d’autres contes que j’ai dévoré avec joie. S’ils sont sensiblement différents les uns des autres, ils tournent tous autour des mêmes thèmes soit : la beauté et la richesse sont moins importantes que les qualités du cœur, il ne faut pas être trop ambitieux mais savoir apprécier ce qu’on a et surtout, les apparences sont toujours trompeuses.

Tout ça pour dire qu’il ne me reste plus qu’à aller voir le film de Christophe Gans !

4 comments

  1. Audrey says:

    J’ai très envie de voir le film. Je n’ai lu aucune critique pour le moment et je ne sais pas comment il est accueilli. Je n’ai pas envie de me gâcher le plaisir à l’avance. Et comme tu dis, les images ont l’air franchement magnifiques.

  2. Clownface says:

    J’avais bien aimé les trois premiers films de Gans. Mais celui-là ne me dit vraiment rien, entre autre à cause des acteurs, mais pas que…
    Après c’est un maître en ce qui concerne les belles images, son Silent Hill était magnifique, ça ne m’étonne pas que se soit le cas ici !
    Faut savoir que Gans a beaucoup de projets très pop culture qui, personnellement, m’enthousiasme beaucoup (la jeunesse du Capitaine Némo par exemple) cependant, il n’arrive jamais à les financer malgré le succès qu’a été le Pacte des loups. Donc, il fais des films qui plaisent un peu plus aux producteurs. La Belle et la Bête me semble rester assez proche de son univers, mais j’ai peur que ce ne soit plus une commande qu’un film qu’il souhaitait ardemment réaliser…

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