Critique La bataille de Solférino

Sortie : 18 septembre 2013

Nous sommes le 6 mai 2012, soit le jour de l’élection présidentielle. Laetitia, journaliste télé, travaille donc ce dimanche-là et s’apprête à plonger dans la foule parisienne en délire pour couvrir l’évènement. Pressée par le temps, elle a bien du mal à gérer ses deux gamines surexcitées, le baby-sitter un peu paumé, son amant un peu mou du genou et surtout son ex, Vincent, qui la harcèle pour voir ses filles. Une journée épuisante et pleine de rebondissements et de prises de tête.

Mêlant histoires d’amour (ratées ou en cours) et politique, fiction et réalité, La bataille de Solférino est un film plutôt original mais qui ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, j’ai apprécié les allers et retours entre le genre documentaire et le film pur et dur. Tournant au milieu d’une foule rassemblée pour le second tour des élections présidentielles, les acteurs étaient en contact direct avec les gens disséminés autour. Laetitia Dosch, la fausse journaliste, se faisait prendre à parti par les passants, Vincent Macaigne passait pour un fou et a failli se faire jeter plusieurs fois par les flics durant le tournage.

Interviews à l’arrache, scènes de joie ou de désolation collective, prises de tête politique… la réalisatrice a filmé le meilleur comme le pire mais surtout, a su capter cet évènement politique de l’intérieur. L’immersion est parfaite et le sentiment de naturel, d’autant plus vrai. Je me suis souvent demandée où était la frontière entre l’histoire écrite et l’histoire saisie en direct.

Mais La bataille de Solférino n’est pas seulement un documentaire, il repose également sur la prestation des acteurs qui sont tous criants de vérité. On passe de la sphère publique à la sphère privée sans souci, le tout étant très fluide. Couple hystérique, Vincent et Laetitia ont bien du mal à s’entendre et Vincent Macaigne joue cette fois un homme colérique, sournois et surtout fou de ses deux filles (on se demande bien pourquoi d’ailleurs, vu qu’elles passent leur temps à chialer et à pialler). Les scènes de fiction m’ont toutes semblées très réelles, très vraies… même les plus surréalistes et les plus insolites d’entre elles.

Difficile de parler d’un film tel que La bataille de Solférino car il ne rentre vraiment dans aucune case. Il faut le voir pour vraiment le comprendre. Certains trouveront ça excellent, d’autres vraiment sans intérêt. J’ai été intéressée par le concept bien que l’aspect politique m’ait moins passionné, je l’avoue. Malgré tout je sais que l’histoire de Vincent et de Laetitia aurait perdu en intensité dans le cadre d’un film plus classique.

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