Critique Le Journal Secret de Charlotte Brontë, Syrie James

9782264060174L’été dernier, j’ai lu Quand j’étais Jane Eyre, un roman que j’avais adoré mais qui m’avait également laissée… dans un sale état moral. Certes, la vie de la famille Brontë est aussi passionnante que tragique mais la plume de Sheila Kohler m’avait particulièrement captivée et bouleversée. Presque un an plus tard, je replonge dans cet univers grâce à un tout autre roman : Le Journal Secret de Charlotte Brontë.

Dois-je vous conseiller l’un plutôt que l’autre ?

Pourquoi pas les deux ? Si vous aimez les sœurs Brontë et plus particulièrement Charlotte, vu qu’elle est le personnage principal des deux œuvres, vous allez adorer ces deux romans. Si le sujet vous indiffère, passez votre chemin. Si vous préférez les romans plus sombres, optez pour celui de Sheila Kohler que j’ai trouvé très mélancolique.

L’histoire

Quand j’étais Jane Eyre se concentrait tout particulièrement sur le moment où Charlotte écrit le roman qui va la révéler : Jane Eyre.

Le Journal Secret de Charlotte Brontë se concentre quant à lui sur les travaux d’écriture de Charlotte et de ses sœurs mais aussi sur sa relation avec le vicaire de son père : Arthur Bell Nicholls. Néanmoins, les amatrices de romance n’en auront pas forcément pour leur argent car la relation entre Arthur et Charlotte, tout en étant très présente, n’est finalement pas le cœur du roman. Ce parti pris « romantique » n’est pourtant pas sans intérêt et m’a permis d’en savoir plus sur eux deux car la vie amoureuse de l’auteure est généralement très peu évoquée dans les romans qui ont pris son existence comme sujet. Or, on sait que ce fut un chamboulement heureux dans une vie trop souvent marquée par la tristesse.

1603-journal-bronte_orgMon avis sur Le Journal Secret de Charlotte Brontë

Je ne maintiendrai pas le suspens plus longtemps : j’ai beaucoup aimé Le Journal Secret de Charlotte Brontë. Malgré ces 672 pages, je ne lui ai trouvé aucune longueur.

Comme son nom l’indique, ce livre est un journal intime dans lequel Charlotte raconte son présent mais également son passé. Néanmoins, dans la forme, il n’a finalement pas grand chose d’un journal intime (pour ma part, j’ai fini par l’oublier) et s’apparente tout simplement à un roman.

Certes, la plume de Syrie James est bel et bien élégante mais pas non plus comparable de celle de Charlotte Brontë. Cela n’en est pas moins une lecture divertissante, agréable, addictive.

Je dis plus haut que Quand j’étais Jane Eyre est un roman plus mélancolique que celui de Syrie James mais ce dernier ne vous offre pourtant pas une version idéalisée de la vie des Brontë. La lande, la solitude, le presbytère, la mort de la mère et des sœurs ainées, les névroses du frère, le caractère sauvage et solitaire d’Emily (ma préférée)… ces éléments sont bien présents dans ce roman. Rien n’est dénaturé.

Comme à chaque fois qu’il est question des sœurs Brontë, de leur vie et de leur travail d’écrivain, j’ai été extrêmement captivée.

La part de romance est également intéressante car, comme je le dis plus haut, je ne savais pas grand chose de Nicholls, à part qu’il était le vicaire de Patrick Brontë et qu’il était un brin rigide sur bien des sujets.

Syrie James en fait ici un portrait réaliste, puisqu’Arthur n’apparaît pas toujours sous un jour très reluisant, tout en lui donnant une dimension romanesque à laquelle il est difficile de résister. Il apparaît comme un homme extrêmement aimant et dévoué, tel que le dépeignait Charlotte dans les lettres qu’elle a écrit après son mariage. Leur histoire d’amour est, à mon sens, très touchante et savoir que Nicholls est resté avec Patrick Brontë jusqu’à la mort de ce dernier, soit 6 ans après celle de Charlotte, prouve à quel point il fut fidèle à la mémoire de sa femme.

Si je devais conclure en quelques mots, je dirais que Le Journal Secret de Charlotte Brontë est un très beau roman. Je suis loin d’être une pro de Charlotte Bronte (de toute manière, je n’oserai jamais me proclamer experte dans un domaine ou un autre je crois) mais rien ne m’a fait sauter au plafond au cours de ma lecture.

Je conseille cette lecture aux âmes romantiques qui s’intéressent aux sœurs Brontë.

M’ayant semblé un peu moins romancé et plus « sérieux », Quand j’étais Jane Eyre me semble quand même légèrement au-dessus en termes de « qualité ». Mais tout est relatif puisque Syrie James affirme que son histoire est authentique, bien qu’elle se soit permis de romancer certains passages au gré de son inspiration.

J’ai lu ce livre dans le cadre de mon challenge perso « Je vide ma PAL »

8/88

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4 comments

    • Audrey says:

      Quand je dis « romancer », je veux dire qu’elle a sans doute beaucoup brodé autour des faits réels, notamment tout ce qui tourne autour de la relation de Charlotte avec son vicaire. Je vois pas comment elle aurait pu trouver des documents authentiques pouvant l’aider à écrire de tels passages ^^
      Mais cela reste une histoire dramatique car les gens qui doivent mourir, meurent ^^

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