Critique Je sens grandir ma peur, Iain Reid

Publié le 12 avril 2018 aux éditions Presses de la Cité, le roman Je sens grandir ma peur a été écrit par Iain Reid et traduit en français par Valérie Malfoy. Il s’agit du premier roman de l’auteur canadien bien qu’il ait déjà écrit deux ouvrages de non-fiction.

L’auteur

L’histoire

Un garçon et une fille, en couple, roulent dans la campagne pour rejoindre une ferme isolée. Là-bas, la jeune femme devra faire connaissance avec la famille de son petit ami. Seulement, sur la route, la conviction qu’elle devra bientôt interrompre sa relation avec Jack vient perturber sa quiétude. D’autant qu’elle est harcelée par des coups de fil provenant… de son propre numéro.

[J’ai fait le choix de couper le résumé initial car je trouve qu’il en disait trop. Je pense que les 4 premières phrases permettent largement de comprendre l’idée du livre].

Mon avis

J’ai terminé ce roman avec un verdict, une pensée implacable, une certitude. Je sens grandir ma peur n’est pas un roman fait pour tout le monde. Un peu comme tous les livres, vous me direz. Toutes les histoires ne sont pas faites pour plaire à tout le monde. Mais il y a quand même quelques formules qui plaisent au plus grand nombre. Disons, des approches plus classiques, des intrigues qui se déroulent de manière plus prévisibles ou du moins, qui sont jalonnées de points de repères qui permettent de savoir à peu près où l’on se trouve.

Dans ce roman, on ne sait pas trop où on va et ce, pendant 200 pages (oui, il est assez court). Les questions s’accumulent, gagnent en intensité dans le dernier tiers, on se creuse les méninges, on croit comprendre quelques petites choses, deviner. Puis on ne comprend plus rien du tout. Enfin, l’histoire se termine et on en ressort complètement sonné.

Avant tout ça, avant les questions et la révélation finale, on suit le voyage en voiture d’un jeune couple qui se connait à peine. Ensemble depuis seulement quelques semaines. La fille veut quitter le garçon mais l’accompagne quand même pour un dîner chez ses parents. Après, c’est sûr, elle le quittera. Il fait froid, c’est l’hiver, les voitures sont rares, la campagne s’étend dans toute sa majesté hivernale et la nuit tombe.

La fille profite du voyage pour penser à toute une variété de choses, à sa propre vie, à sa rencontre avec Jack, à leurs discussions. Son analyse introspective se veut lucide mais a surtout une raison d’être : elle cherche à savoir si le couple qu’elle pourrait former avec Jack pourrait être solide et durable. Parfois, elle semble convaincue que non. Le reste du temps, elle semble persuadée qu’il existe un espoir. Après tout, Jack est extrêmement intelligent, beau à sa manière et a des qualités qui méritent qu’on s’y attarde…

Le reste du temps, ils discutent et le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs conversations sont assez poussées, parfois presque philosophiques par instant et en cela, particulièrement intéressantes à suivre. D’autant plus qu’elles se développent dans un contexte particulier, assez inquiétant… et rythmé par les appels que reçoit la jeune femme et qui la plongent dans une angoisse assez compréhensible.

Oh et puis il y a ces fameux intermèdes entre certains chapitres, des dialogues qui parlent d’un drame particulièrement saisissant et qui nous poussent clairement à penser que ce petit voyage en amoureux ne va peut-être pas bien se terminer… A moins que cette histoire n’ait finalement aucun lien avec ces personnages ? Impossible de vraiment savoir ce qu’il en est…

En quelques mots,

Durant toute ma lecture, j’ai été terriblement tendue, inquiète, dans l’attente. Je pense que cela est dû à l’écriture de l’auteur car le suspense psychologique qu’il construit pas à pas est particulièrement bon mais aussi au fait que j’étais décidée à me maintenir dans cet état-là. Aussi, parce que j’ai lu les 200 pages d’une traite, ou presque. Pour moi, ce genre de roman doit être vite lu sinon l’intention première et les sentiments qu’on peut avoir en l’entamant se diluent vite. Je salue d’ailleurs l’intelligence de l’auteur qui a su faire court et a ainsi pu maintenir l’intensité de son histoire de la première à la dernière ligne.

9 comments

  1. zofia says:

    Ah ça a l’air très intéressant ça !! (je pense que tu te doutais que j’allais dire ça ^^) j’aime bien les intrigues tendues et là, on dirait que c’est plus que le cas.
    zofia Articles récents…13 à table !My Profile

  2. Océane - Entournantlespages says:

    Déjà que le résumé me faisait envie, ton avis me conforte dans l’idée de le lire. J’aime bien les romans avec une atmosphère bien particulière qui ne pourrait plaire à tout le monde. Et j’ai bien envie de savoir qui téléphone à cette jeune fille et de quoi parlent ce couple pendant tout leur trajet.

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