Critique Impardonnables, de Philippe Djian

Impardonnables a été le dernier roman lu pendant mes vacances et plus précisément, lu pendant les 13 heures d’avion du retour. Je n’ai pas lu grand-chose de Philippe Djian mais c’est un auteur qui m’a toujours interpelé. Peut-être parce qu’il a écrit 37° le matin, un livre qui me tient particulièrement à cœur et dont j’adore également l’adaptation.

En août 2011, j’avais vu l’adaptation d’André Téchiné avec Carole Bouquet, Mélanie Thierry et André Dussollier… et j’avais été assez déçue. Je me souviens que j’avais trouvé le tout un peu brouillon et après lecture du roman, je trouve que c’est une très mauvaise adaptation, qui nous perd plus qu’elle ne nous explique l’histoire.

Impardonnables raconte l’histoire de Francis, un écrivain de 60 qui, jadis, a connu un certain succès. Aujourd’hui, il a bien du mal à se remettre à l’écriture. Douze ans auparavant, il a perdu sa femme et sa fille aînée dans un accident particulièrement violent. Il s’est finalement reconstruit et vit avec Judith, l’agent immobilier qui lui a trouvé sa maison du pays basque. Il voit rarement Alice, sa cadette, aujourd’hui actrice de cinéma internationale et ancienne toxico. Le jour où Alice disparait, Francis s’inquiète. S’inquiète beaucoup. Car si sa fille est une habituée de ce type de « fugue », cette disparition soudaine ne ressemble à aucune autre.

Le résumé du roman veut te faire croire à une histoire complexe, proche du polar où une véritable enquête va être menée. Il n’en sera finalement rien car Impardonnables est un livre plutôt lent et plus axé sur l’évolution et le quotidien des personnages que sur l’enquête en elle-même. A mon avis, l’histoire est juste un prétexte pour l’auteur qui a sans doute pris du plaisir à construire ce personnage de vieil écrivain poursuivi par son passé et emmerdé par son présent.

Ce roman est sobre et le style de l’auteur va à l’essentiel. Il n’y a pas beaucoup de lyrisme et pas énormément d’émotions non plus. Francis raconte son histoire, son présent, ses relations avec les femmes de sa vie et c’est bien tout. Ce n’est pas désagréable pour autant même si cette suite d’épisodes ou de petits moments de vie peut être lassant (voire ennuyant) à la longue. Peut-être que l’histoire manque d’épaisseur et finalement, d’un véritable fil conducteur. En somme, il ne faut pas s’attendre à être pris par le suspens.

Il y a néanmoins une grosse réflexion sur le métier d’écrivain, réflexion empreinte d’une bonne dose de dérision. Exemple : Francis cherche à faire comprendre à son entourage à quel point écrire est difficile mais quand il se retire dans son bureau en prenant un air inspiré, c’est juste plus flemmarder dans son fauteuil et rien de plus. Le portrait de cet écrivain, de son rapport au succès et à ses lecteurs, serait-ce du vécu ?

Finalement, dans ce roman il n’y a pas un personnage pour rattraper l’autre. Ils sont tous égoïstes, sans repères, ensemble mais déconnectés les uns des autres…C’est finalement un triste tableau de famille, mention spéciale à la relation cruelle entre la détective et son fils.

Impardonnables est un roman agréable et qui se lit vite. Assurément, ça ne vaut pas un 37°2 et il parait que ce n’est pas du tout l’un de ses meilleurs mais j’ai quand même pris plaisir à le lire, et j’assume ! En somme, j’ai encore beaucoup de choses à lire avant mais les deux ou trois romans de Djian (comme Bleu comme l’enfer, par exemple) que j’ai dans ma bibliothèque vont sans doute être lus dans les mois qui suivent, c’est décidé !

4 comments

  1. zofia says:

    Je ne sais pas pourquoi mais ce roman m’a toujours attiré, dès que je le croise dans une librairie ou une bibliothèque… pourtant je n’ai jamais franchi le pas de le lire. Je regarderais demain s’il est dispo à la librairie, en format poche.
    Je remarque que dans tes lectures, demain commence avec la mort d’un enfant et d’un conjoint pour les héros, plutôt dur comme entrée en matière.

    • Audrey says:

      Selon les fans de Djian, c’est loin d’être une réussite mais pris comme ça, sans trop connaître le monde de l’auteur, c’est agréable à lire. Si tu croises trop souvent la route de ce roman, il faut le lire au plus vite alors, c’est un signe du destin! ^^

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