Critique High-Rise, Ben Wheatley

High_RiseSortie : 06 avril 2016

D’emblée, j’ai été attirée par High-Rise. Il y avait d’abord l’histoire qui me tentait tout particulièrement. Et puis aussi le casting : principalement Tom Hiddleston, je l’avoue, mais aussi pour Elisabeth Moss que j’apprécie tout particulièrement.

Résumé

1975. Le Dr Robert Laing emménage dans un nouvel appartement d’une tour à peine achevée. Il recherche l’anonymat. Et la paix. Or, il se rend vite qu’il ne les trouvera pas en ces lieux : les habitants de la tour, obsédés par une étrange rivalité, s’observent continuellement et saisissent le moindre prétexte pour se mesurer les uns aux autres. Bientôt, les étages du bas sont privés d’électricité et la tension monte d’un cran pendant que ceux d’en haut (40ème étage) continuent de profiter de leur vie luxueuse et confortable. A mesure que l’immeuble se dégrade et que l’anarchie reprend ses droits, Laing se laisse aller (comme tous les habitants) à ses pulsions les plus animales et oublie pour de bon ses bonnes manières.

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Mon avis

High-Rise est l’adaptation d’un roman de Ballard. Je ne connais pas l’auteur et évidemment, je n’avais jamais entendu parler de cette histoire. C’est donc en toute naïveté que je suis entrée dans la salle de ciné.

Même si je m’attendais plus ou moins à ce genre d’esthétique, j’ai apprécié ce voyage de deux heures dans un univers « rétro-futuriste » que j’ai trouvé particulièrement fascinant. Certains disent que c’est du vu et du revu mais avec moi, ça prend toujours.

La première partie du film plante merveilleusement bien le décor en introduisant le personnage de Laing dans une micro-société déjà bien gangrénée par ses jalousies et ses frustrations. Notre cher docteur (incarné par Hiddleston) trouve ses voisins terriblement envahissants et dieu sait qu’ils le sont. Avec eux, difficile de débarquer discrètement. Le film pose rapidement les enjeux et les différentes problématiques : on sait qu’un feu couve et que tout ce petit (dés)équilibre va vite dégénérer (d’ailleurs, les premières images du film ne laissent aucun doute sur la finalité des opérations).

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Si j’ai aimé la réalisation de High-Rise, je l’ai parfois trouvée un peu tape à l’œil, voire artificielle. Contrairement à certains critiques, j’ai pourtant aimé ce « vernis seventies » kitsch. Et puis il y a quand même pas mal d’images qui marquent en 120 minutes ! Elles sont d’autant plus marquantes qu’elles sont accompagnées par une bande-son que j’ai vraiment trouvée réussie. Les touches d’humour caustique tombent quant à elles toujours à pic et m’ont souvent fait sourire [surtout quand le couple de quinqua qui n’arrêtait pas de parler s’est barré et que j’ai pu me reconcentrer sur le film ! Le pire c’est que quand je les ai vu arriver, j’étais certaine qu’ils allaient me saouler !]

Comme je l’ai dit plus haut, je ne connaissais pas l’histoire ni l’auteur mais j’attendais peut-être quelque chose d’encore plus subversif. Je m’attendais à ressortir de cette séance hyper mal à l’aise, prise à la gorge et ça n’a pas été le cas. Tous les critiques presse semblent vouloir souligner l’extrême tension de ce film mais j’en attendais encore plus !

J’ai trouvé qu’à partir d’un certain moment, le réalisateur enchaînait constamment les plans destinés à nous montrer les débordements et les vices des habitants mais sans nous offrir beaucoup de contenu et beaucoup de profondeur. Une sorte de débauche visuelle un peu vaine. A partir d’un point, l’histoire manque cruellement de fil conducteur et j’ai un peu décroché. Peut-être aussi que je n’ai pas le savoir et les références nécessaires pour comprendre toutes les allusions et le contenu des métaphores.

J’imagine que les réponses à mes questions se trouvent dans le livre. Peut-être que je vais finir par me procurer La trilogie de béton qui contient notamment I.G.H.

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High-Rise nous raconte un cauchemar éveillé. Un cauchemar qui mènera ses personnages jusqu’aux portes de la folie. J’attendais beaucoup de cette fable sociale et je suis restée un peu sur ma faim. J’ai comme l’impression que le film n’a pas utilisé l’étendue de ses possibilités et qu’il aurait pu nous mener encore plus loin. 

12 comments

  1. sanasan says:

    Il y a une chose que j’admire franchement dans tes critiques ciné/télé c’est ta faculté à déceler ce que perso, je n’arriverais pas forcément à capter . Tu arrives à mettre le doigt sur des détails sur lesquels la plupart des gens passeraient sans même les remarquer. Je me suis fais cette remarque plusieurs fois, après avoir lu tes critiques. Et la question que je me pose, hormis une culture cinématographique incontestable, as-tu étudié le cinéma ?
    sanasan Articles récents…Le journal de Léa Jaune de Frédérique HespelMy Profile

    • Audrey says:

      Sans vouloir faire dans la fausse modestie, je trouve souvent mes capacités d’analyse bien réduites ! Mais merci pour le compliment ! 🙂

      Je pense qu’écrire souvent sur les films que l’on voit (et ça fait des années que je le fais régulièrement, bien plus de 5 ans car j’écrivais sur d’autres blogs avant Cellardoor) aide à développer son sens critique….

      Pour répondre à ta question, j’ai eu des cours de cinéma quand j’étais à la fac mais c’était une option donc rien de bien poussé ! J’ai juste beaucoup lu sur le sujet à une époque. Mais je t’avoue que j’ai arrêté les bouquins et les revues spécialisées depuis longtemps ^^

  2. Kitsy says:

    En fait, vu qu’il y a Tom Hiddleston je suis déjà convaincue (oui je suis superficielle, et alors???XD). Non mais j’aime assez le résumé aussi, ça me tente pas mal. Je dois encore regarder the night manager aussi. Par contre c’est dommage si ça ne va pas en profondeur, mais bon, on verra bien.
    Kitsy Articles récents…Délicieuse effrontée (Victoria Dahl)My Profile

        • Audrey says:

          Ecoute, j’ai eu un peu de mal avec le premier épisode que j’ai trouvé long ! Et puis je n’aime pas trop Aure Atika (même si j’ai rien contre elle) et j’ai été assez déstabilisée de la voir dans une série americano-britannique… du coup ça m’a gâché le début.
          Mais bon, le second était déjà plus intéressant.
          Tu l’as commencé toi ? parce que je ne veux pas trop t’en dire non plus si ce n’est pas le cas !

    • Audrey says:

      J’ai émis quelques bémols mais j’étais quand même contente d’être allée le voir hein ! J’espère que ça se sent quand même un peu ! 😀

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