Critique La guerre des Sambre – Hugo & Iris

Dire que l’histoire des Sambre m’accompagne depuis le plus jeune âge ne serait pas mentir puisqu’en 93, à peine âgée de 8 ans, j’avais déjà eu un vrai coup de cœur pour les dessins d’Yslaire. Lors d’une « visite » à la fnac avec mes parents, j’avais récupéré un catalogue où la bd était présentée sur une page, parmi tant d’autres. Ce dessin, j’en étais folle, je n’arrêtais pas de le regarder. Et même si je n’ai pas eu le droit de découvrir cette histoire avant de longues années (Sambre, c’est pas vraiment pour les enfants), j’ai toujours gardé ce fameux petit catalogue. Depuis, j’ai déménagé plus de 10 fois mais il m’a suivi partout, moi la fille qui ne s’encombre de rien et jette/donne ses affaires très facilement. C’est un étrange trésor d’enfance, j’en ai conscience ! Mais je l’aime <3 Et puis maintenant c’est tellement vintage ^^

Bon, on en revient à nos moutons ?

Ben sûr, j’ai déjà lu le cycle Bernard/Julie mais je me suis longtemps retenue de lire les autres cycles. Déjà parce que les volumes paraissent au compte goutte et puis parce que je ne voulais pas tout découvrir trop vite… Puis dernièrement, j’ai décidé d’arrêter de remettre les choses au futur : si j’ai envie de me goinfrer de Sambre, je vais me goinfrer et puis c’est tout. Les volumes dont je parle sont quand même sortis entre 2007 et 2009 si je ne me trompe pas.

De quoi ça parle ?

Ce cycle de trois volumes revient cette fois sur le parcours d’Hugo, le père de Bernard et l’auteur du fameux ouvrage La guerre des yeux. Nous sommes en 1830 et Hugo Sambre vient d’épouser, forcé et contraint, Blanche Dessang. Quelques temps après le mariage, Hugo part en Belgique pour visiter une mine de charbon. Il y rencontre Horace de Saintange, le contremaître. Suite à une explosion, les deux hommes vont découvrir une étrange grotte ornée de peintures rupestres. Ils y trouveront également de nombreux crânes dont un, les orbites incrustées de pierres rouges.

Mon avis

Je ne suis absolument pas déçue par ces trois volumes qui sont merveilleux en tous points. Quand je lis Sambre, de toute manière, j’ai toujours l’impression d’être plongée dans un classique du 19ème siècle. Tu pourrais très bien être dans du Balzac ou du Stendhal. Car la beauté esthétique de ces planches, si sombres, va de pair avec un véritable sens du romanesque au niveau de l’intrigue. En trois volumes, c’est tout un monde qui se met en place ! Un contexte historique précis, une ambiance familiale (avec une peinture particulièrement cynique de la bourgeoisie française) et surtout, se construit sous nos yeux la personnalité si étrange et perturbante de son personnage principal.

A ce titre, le premier volume pourra (peut-être) sembler un peu long car s’y posent les bases de l’intrigue qui suit. On y découvre Hugo, marié contre son gré à une femme, étouffé par une famille dans laquelle il n’a pas de place et d’autant plus prêt à s’investir dans une chimère qui le fera bien souvent passer pour fou aux yeux de son entourage. Les deux volumes suivants sont plus rythmés, l’intrigue gagne en épaisseur et en tragique, si bien qu’on a finalement de quoi se mettre sous la dent.

Puis malgré la quête mystique d’Hugo et cette fameuse histoire de malédiction (que vous comprendrez peut être un peu mieux si vous avez lu le cycle initial) rappelons quand même que nous sommes au cœur même d’une histoire d’amour torturée, passionnée, destructrice. Le personnage d’Iris, courtisane, actrice frivole et sans cœur est néanmoins celui qui m’a le moins touchée… En même temps, celui d’Hugo a tant de charisme à mes yeux que je ne pouvais pas m’en détacher facilement.

En quelques mots,

L’histoire, les couleurs, les jeux de lumière, le sens du détail font de Hugo et Iris (tomes 1 à 3) de véritables petits bijoux qu’on met des siècles à lire à force de s’attarder sur chaque case. Il faut prendre le temps d’admirer. C’est si beau !

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