Critique Gemma Bovery

Sortie : 10 septembre 2014

Quand j’ai vu la bande annonce de Gemma Bovery pour la première fois, je n’ai pas été spécialement interpelée. Au bout de la 3ème fois (oui, j’arrive toujours au moment des bandes annonces et je me tape souvent les mêmes), je me suis dit qu’il serait peut-être judicieux de tenter le coup. Si j’ai toujours apprécié Gemma Arterton, sans être une grande fan pour autant, j’avais surtout envie de voir Fabrice Luchini qui a l’art de rendre inoubliables chacune de ses apparitions cinématographiques.

L’histoire en quelques mots : revenu depuis 7 ans dans son village normand natal, Martin est un boulanger passionné par la littérature et particulièrement imaginatif. Grand fan de Flaubert, il croit rêver quand une certaine Gemma Bovery, accompagnée par son mari Charles, vient s’installer dans la maison d’en face. Plus que leurs noms et le lieu, ce sont tous leurs comportements qui semblent coller au célèbre chef d’œuvre de Flaubert.

Je ne sais plus à quel âge ni en quelles circonstances j’ai pu lire Madame Bovary mais je me souviens avoir adoré cette lecture. Il fait partie de ces classiques que j’aimerais relire (comme Germinal d’ailleurs, un de mes préférés) mais que je n’arrive pas à caler dans mes listes de lecture (oui, j’ai la flemme et après une journée de boulot, j’ai du mal à me plonger dans ce genre d’œuvres). Bref, tout ça pour dire que j’avais hâte de voir comment cette célèbre histoire allait être reprise dans cette version très contemporaine parce que ça me tenait quand même à cœur.

Autant vous le dire tout de suite : j’ai apprécié la première partie (aller, disons la première heure pour ne pas chipoter) mais je me suis finalement ennuyée lors des 40 minutes restantes : je n’en voyais pas le bout. Pourquoi ? Parce que si le casting est agréable et correct (Gemma Arterton illumine tout le film de sa beauté), il n’y a finalement que Luchini qui en vaut vraiment vraiment la peine. L’histoire prend vie grâce à lui, est racontée par les yeux de son personnage et quand il n’est plus là, le tout gagne en banalité et platitude. Après tout, l’histoire de cette femme qui s’ennuie et qui veut aller voir ailleurs pour retrouver l’étincelle qui manque à sa vie… c’est très classique et pas forcément hyper passionnant. J’avoue : je n’ai pas été touchée par le personnage de Gemma.

J’ai beaucoup aimé les liens qui se tissent entre Martin et Gemma car le premier est le témoin idéal des aventures de la seconde. Ces scènes très séduisantes sont propices à beaucoup d’humour : on ne peut rester indifférent. Malheureusement, Martin disparait un peu dans la suite de l’histoire, ce qui n’a pas fait mon affaire. Ajouté au fait que j’ai trouvé le dénouement tout à fait débile et maladroit (ceux qui ont vu le film comprendront de quoi je veux parler, même s’ils ne partagent pas forcément mon avis).

Cette malice, que j’ai tant aimé dans la première partie, ne revient finalement que dans la scène finale qui laisse les spectateurs avec un sourire amusé sur les lèvres. Pour vraiment comprendre tous les parallèles et l’intelligence de la mise en scène, il faudra avoir lu le bouquin et l’avoir bien en tête. Le personnage de Martin nous en explique les grandes lignes mais j’aurais aimé relire le livre avant, juste pour savourer d’autant plus les tours et détours de l’intrigue.

Gemma Bovery est un film à la fois campagnard et littéraire, fantaisiste et tragique. Malgré quelques bémols évidents pour moi, je l’ai apprécié et j’ai passé un bon moment avec les personnages. Néanmoins, j’ai quand même VRAIMENT trouvé qu’il trainait en longueur et je lui aurais bien amputé quelques minutes pour en faire un tout plus digeste.

J’en suis sortie avec l’envie de bouffer du pain (sans m’étouffer, si possible) et de relire Flaubert.

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