Critique La fortune des Rougon, Emile Zola

Sauf erreur de ma part, le cycle Les Rougon-Macquart de Zola comprend 20 romans. Sur ces vingt romans, je n’en avais lu que deux, soit Nana et Germinal (deux fois), ce dernier faisant d’ailleurs partie de mes livres préférés (non pas parce que j’aime lire des histoires tristes mais juste parce que j’ai rarement lu un classique aussi prenant, la lecture est douloureuse mais vaut le coup).

Je me suis mise en tête de lire ces livres. Oui, c’est encore une idée-de-rentrée qui a poussé un peu de travers dans mon cerveau. Où me mènera-t-elle ? Aucune idée. Peut-être que je ne lirai pas tous ces livres mais pour l’instant, j’ai envie d’y croire. Le cas échéant, ça me permettra de rajouter au moins quelques Zola à ma liste.

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L’histoire

Décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte, qui était alors président de la république depuis trois ans, décide de conserver le pouvoir alors que son mandat, sur le point de se terminer, sous entendait qu’il devait laisser la place à quelqu’un d’autre. Le Second Empire est né. Bien sûr, les républicains prennent les armes et se révoltent contre ce coup d’état indigne.

Dans ce roman, nous sommes dans le sud de la France, à Plassans, une ville imaginaire mais qui ressemble beaucoup au Aix en Provence dans lequel a grandi l’auteur. On y voit les républicains provençaux se révolter. Mais également des personnes mal intentionnées retourner leur veste au gré des événements afin d’en tirer le meilleur parti. Les Rougon Macquart en font partie.

Mon avis

Le moins qu’on puisse dire, c’est que j’ai eu beaucoup de mal à me faire à ce livre, du moins dans les premiers temps. Vous n’êtes pas sans savoir que La fortune des Rougon, publié en 1871, est le tout premier livre du cycle et en cela, il pose les bases d’une œuvre immense et magistrale. Forcément, les débuts sont… compliqués.

Durant toute la (longuuuue) première partie, j’ai eu l’impression de lire une très longuuuuue introduction. Zola nous présente une profusion de personnages, cela commence avec Adélaïde Fouque, son premier mari avec lequel elle a Pierre (Rougon) et son second homme, Macquart avec qui elle aura Antoine et Ursule. Cette dernière va se marier avec un certain Mouret (le nom doit vous dire quelque chose si vous connaissez un peu Zola) et aura le jeune Silvère, Antoine va être envoyé à l’armée et Pierre et bien, il va se débrouiller pour rouler tout le monde dans la farine.Il épousera Félicité avec qui il aura 5 enfants (dont Aristide, Pascal et Eugène).

Heureusement, au bout d’un moment, l’histoire se « bloque » en 1851 et on a enfin le bonheur d’assister à un « vrai » récit avec des péripéties. J’avais peur que l’arbre généalogique ne soit encore plus étiré mais Zola s’est arrêté jusqu’au moment où je commençais vraiment à saturer. A partir de là, on a une vraie histoire. Une histoire de frères. Une histoire où deux branches familiales se développent l’une à côté de l’autre, le principe étant de mettre en parallèle la branche « légitime », celle de Pierre, de la branche bâtarde, celle d’Ursule et d’Antoine (ce dernier étant, à mes yeux, le plus détestable de tous).

Globalement, La fortune des Rougon m’a paru ignoble car ces personnages sont un ramassis de profiteurs et d’opportunistes. Si on excepte Pascal, l’un des fils de Pierre, un médecin un peu plus humain que les autres et le jeune Silvère Mouret qui, avec son amoureuse Miette, représentent un peu cette jeunesse idéaliste et romantique, il n’y a RIEN à sauver parmi les énergumènes qui nous sont présentés ici. Certaines scènes sont révoltantes, d’autres d’une beauté dramatique parfaitement touchante…

Je craignais beaucoup l’aspect politique du roman car moi, le second empire et tout ça, je n’y connais absolument rien mais la plume de Zola est si fine, si réaliste, si claire et si pleine de nuances qu’il est absolument impensable de ne pas s’intéresser au contexte social et politique de l’époque. Le tout passe comme une lettre à la poste et je suis ressortie de cette lecture touchée et un peu moins bête !

J’ai déjà commencé le second volume : La Curée.

7 comments

  1. Kitsy says:

    J’avoue que ce roman est un peu longuet parce qu’il pose les bases et que parfois il y a des descriptions trop longues ! Mais à partir du moment où les deux frères s’opposent, ça devient vraiment intéressant ! J’aime beaucoup l’idée de suivre toutes les générations ! Je vais très bientôt le chroniquer sur mon blog aussi. Le second tome, La Curée, entre vraiment dans le vif du sujet et dépeint Paris à l’époque de Louis Napoléon Bonaparte à la perfection 🙂
    Kitsy Articles récents…Leo (Mia Sheridan)My Profile

  2. Zofia says:

    Je t’admire et je suis en même temps un peu honteuse, je n’ai jamais lu de Zola !
    J’ai un peu peur face à l’immensité de cette saga et jusqu’à présent le côté vraiment trop classique de ses romans ne me tentaient pas, mais je me dis que c’est quand même quelque chose qui me manque, ne serais-ce que pour ma culture générale.
    Zofia Articles récents…Vu, Lu, EntenduMy Profile

    • Audrey says:

      Tu sais, Zola peut faire peur comme ça mais il est franchement accessible ! J’aime beaucoup pour ma part, ça passe bien, les histoires sont toujours intéressantes et les personnages plus vrais que nature.

      Mais si tu veux le découvrir sans lire un trop gros livre, tu peux essayer Thérèse Raquin ! Je ne l’ai pas lu mais il me tentait bien… j’ai failli me e prendre. J’ai vu qu’il faisait seulement 1,55 euros sur Amazon et en plus, il fait moins de 300 pages. De quoi découvrir l’auteur sans se ruiner et sans passer par un pavé !

      • Zofia says:

        C’est vrai que d’avoir cette crainte, c’est certainement un tort mais ma mère en a pas mal et j’avais essayé d’en lire vers 16/17 ans et ça n’avait pas fonctionné… mais il faudra que je réessaye.
        Zofia Articles récents…Vu, Lu, EntenduMy Profile

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