Critique La femme à la fenêtre, A.J. Finn

Traduit de l’américain par Isabelle Maillet et paru aux éditions Presses de la Cité le 8 février 2018 (aujourd’hui, quoi !), La femme à la fenêtre est le premier roman de A.J. Finn qui travaillait auparavant dans le monde de l’édition. Il a été vendu à 38 pays (le roman, pas l’auteur) et risque de faire pas mal parler de lui en 2018 et dans les années à venir, les droits d’exploitation ayant déjà été vendus à la Fox.

L’histoire

Elle a tout vu, mais faut-il la croire ?
Séparée de son mari et de leur fille, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem, abreuvée de merlot, de bétabloquants et de vieux polars en noir et blanc. Quand elle ne joue pas aux échecs sur internet, elle espionne ses voisins. Surtout la famille Russel – un père, une mère et un adorable ado –, qui vient d’emménager en face. Un soir, Anna est témoin d’un crime. Mais comment convaincre la police quand on doute soi-même de sa raison ?

Mon avis

Je n’ai pas hésité en voyant le résumé de La femme à la fenêtre car j’ai rapidement eut l’intuition que l’histoire de cette femme, cloitrée chez elle pour une raison inconnue, était intrigante. Et je n’ai pas été déçue car intrigante, Anna Fox l’est assurément. Âgée de 38 ans, coupée du monde, cette femme n’interagit qu’avec son mari (dont elle est séparée) et sa fille (et par téléphone uniquement) et avec les internautes d’un site où elle donne des conseils. Ne pouvant plus exercer ses fonctions de pédopsychiatre (vu qu’elle ne sort plus depuis 11 mois), elle souhaite en effet rester utile et donner un coup de pouce aux agoraphobes qui souffrent de leur situation (ce qui est plutôt ironique étant donné qu’elle même ne peut pas sortir).

Son quotidien ? Boire des litres de Merlot. Jouer aux échecs sur internet, regarder de vieux films en noir et blanc et espionner ses voisins à l’aide de son Nikon. Vie quotidienne, petits faits sans conséquence… Anna observe la vie de ceux qui l’entourent jusqu’au jour où elle voit l’impensable. A partir de ce stade, l’auteur joue beaucoup avec nos nerfs. Anna est-elle complètement folle (après tout, elle passe son temps à mélanger médicaments et alcool) ou a-t-elle vraiment vu un meurtre ?

La femme à la fenêtre est un roman qui m’a captivée pendant les 100 premières pages. J’ai adoré découvrir le quotidien morose d’Anna et j’avais vraiment envie d’en savoir plus sur sa vie et sur ce qui avait fait d’elle, une épave. Les 100 pages suivantes (environ) m’ont un peu décontenancée car j’ai eu l’impression que l’histoire n’avançait pas vraiment. Ce qu’on m’avait promis dans le résumé n’arrivait pas… Puis c’est arrivé. L’histoire reprend alors un peu de dynamisme et sera ensuite ponctuée par plusieurs retournements de situation. J’en avais découvert un à l’avance et j’avais également saisi quelques indices notables pour la résolution des autres… Quelques faits m’ont malgré tout pas mal surprise. Je n’avais rien vu venir et l’histoire que je pensais plutôt simple s’est révélée plus complexe.

Quant à l’écriture, je l’ai trouvée plutôt bonne. A.J. Finn écrit de manière simple mais efficace. Le style n’est pas le plus travaillé au monde mais très visuel, sans lourdeurs, maitrisé. Il sert parfaitement l’histoire qui nous est racontée entre ces pages.

Est-ce que c’est un coup de cœur malgré tout ? Honnêtement, je dirais que non. J’avais en effet lu des avis tellement élogieux sur ce roman que je m’attendais vraiment à quelque chose de prodigieux. J’ai pris beaucoup de plaisir à le lire, je l’ai trouvé très bon, malin de bien des manières et fort d’une ambiance très sombre, quasi cinématographique (avec beaucoup de références) et très réussie, mais je n’ai pas été estomaquée pour autant, je dois l’avouer.

En quelques mots,

La femme à la fenêtre est un roman qui se dévore. Pour ma part, je l’ai terminé en deux jours à peine. Alfred Hitchcock fait partie des sources d’inspiration de l’auteur et cela se ressent complètement au cours de la lecture. Au programme : des volets fermés sur une maison-caveau, une héroïne au cœur de la plus profonde dépression,  beaucoup de solitude et une nouvelle variation plutôt réussie sur le thème de la raison vs folie.

8 comments

  1. Océane - Entournantlespages says:

    Je viens juste de le commencer et je de plus en plus intriguée par l’histoire d’Anna. Cloîtrée chez elle, c’est une véritable espionne de la vie de ses voisins ! J’ai hâte de continuer ma lecture même si j’espère ne pas ressentir comme toi un certain ralentissement de l’histoire avant l’intrigue se mette entièrement en place.

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